‹ Mémoires de Saint-HilaireChapitre 51 sur 187 · Le 18 février [Gazette, p · texte numérisé non relu

Le 18 février [Gazette, p

teaux de la province se rendirent sans tirer, et cette conquête fut achevée en quatorze jours, avec une armée de trois mille chevaux et de douze mille hommes d'infanterie. Elle ne coûta que deux ou trois cents hommes, parmi lesquels il y eut quelques officiers. Le Roi donna le gouvernement de Besançon et de la province à M. le duc de Duras', qui n'imita pas M. de Bellefont^ et s'en est bien trouvé. Puis il s'en revint en France, après avoir donné des ordres pour la conservation de cette conquête, dont la nouvelle hâta le traité que l'Espagne, l'Angleterre et la Hollande firent ensemble, et qu'on appela la Triple Alliance, par le moyen de laquelle la paix se fit pendant la campagne suivante^. Par ce traité, le Roi garda ses conquêtes du côté de la Flandre; mais il s'obligea de rendre toutes les places de la Franche- Comté, après qu'on en auroit démoli les fortifications. Dès que la paix fut signée, le Roi fit une réforme considérable dans ses troupes, qui furent congédiées étant en corps d'armée dans le pays ennemi. Quoiqu'on ne leur donnât ni route ni subsistance pour leur retour, elles se comportèrent avec tant de docilité, qu'il n'arriva aucun accident. Leur sagesse fut aussi extraordinaire que l'épargne qu'il plut au ministre de faire en cette occasion; mais, en même temps, il ouvrit la bourse pour les fortifications des anciennes frontières et des dernières conquêtes. On bâtit des citadelles nouvelles à Lille et à Tournay ; mais, quoique l'art de l'architecture militaire et de la fortification

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