‹ Mémoires de Saint-HilaireChapitre 57 sur 187 · Jusqu'au 20 août · texte numérisé non relu

Jusqu'au 20 août

2. C'est une erreur; le brigadier Catelan avait été tué dans la sortie du 24 juin.

3. Deux lettres de M. de Navailles et de l'intendant (3 et 5 août, vol. Guerre 238, n°= 90 et 92) racontent les événements de cette période et insistent sur l'état précaire et presque désespéré de la ville. M. de Dampierre fut blessé le 15 août et mourut deux jours après [Gazette, p. 920).

4. Le rembarquement eut lieu le 20 août. Le même jour, le général et l'intendant écrivirent au ministre pour lui annoncer leur départ et se plaindre avec vivacité de la déloyauté des Vénitiens (vol. Guerre 238, n°^ 94-95).

5. Il y avait succédé, en février 1651, à son beau-père M, de Neuillan.

6. Vol. Guerre 238, n' 122, 5 octobre, lettre de M. de Navailles annonçant la mort de l'intendant de la Croix, à peine

Turcs, SOUS des conditions honorables, qui furent exécutées ponctuellement, et un traité de paix mit fin à cette guerre, qui duroit depuis vingt-sept ans.

[Pendant cette guerre, les Vénitiens demeurèrent toujours les maîtres de la mer et introduisirent dans cette place tous les secours dont elle eut besoin. Elle fut assiégée dans les formes à plusieurs reprises ; la dernière dura près de trois ans. On peut bien juger que la dépense fut immense ; mais il est difficile de comprendre comment cet État y a pu fournir. Par un calcul qui a été fait, on compte que les Vénitiens onî, consonmié quarante mille hommes à la seule défense de cette place. Ils firent quatre-vingt-seize sorties, soutinrent cinquante-six assauts, eurent quarantecinq rencontres sous terre, firent jouer onze cent septante-trois fourneaux ou mines. Ils dépensèrent soixante-cinq millions de poudre, quarante-huit mille bombes, depuis cinquante jusques à cinq cents livres pesant, deux cent quatre-vingt-cinq mille grenades de fer et de verre, deux cent septante-huit mille boulets de tous calibres, trente miUions de plomb, treize millions de mèche, et une infinité d'outils, d'artifices et d'autres munitions. Pour ce qui est des Turcs, on ne peut estimer la dépense qu'ils ont faite pour ce siège, qui leur a coûté, à ce qu'on a su d'eux, cent dix-neuf mille hommes. J'ai rapporté ce détail afin qu'on pût juger plus facilement combien ce siège est mémorable.]

Dans cette même année, le roi Casimir abdiqua volontairement la couronne de Pologne. [Étant de-

débarqué à Toulon; no 123, rapport sommaire de la campagne; n° 128, 9 octobre, annonce de la capitulation de Candie.

meure veuf de Louise-Marie de Gonzague, qui ne lui laissa point d'enfants, ce prince voulut goûter du repos pendant tout le reste de sa vie, qui avoit été agitée par de furieuses guerres et par de grands troubles, où tout son courage et la prudence dont il avoit le renom lui furent fort nécessaires. On rapporte qu'il se trouva en personne à dix-sept batailles, qu'il gagna presque toutes. Cependant il trouva que cet amas de victoires et de gloire ne l'avoit pu rendre heureux, et voulut, pour tâcher d'y parvenir, goûter de la vie privée.] Il choisit sa retraite en France; le Roi l'y reçut honorablement et lui fournit, jusques à sa mort, les moyens de soutenir sa dignité de souverain^. Un chiaoux^, nommé Mustapha Ragu, vint à la cour, de la part du GrcUid Seigneur, pour traiter d'une négociation secrète •'^, dont il n'eut pas grande satisfaction, à en juger par la réception qui lui fut faite ; car, malgré ce qu'il prétendoit, il fut reçu à la Turque, c'est-à-dire de la même manière que les ministres des princes chrétiens le sont à la Porte*. Il y a bien de

1. Jean-Casimir V, d'abord jésuite et cardinal, avait été élu roi en 1648 et avait épousé la reine, veuve de son frère Ladislas VII. Elle étant morte en 1667, il abdiqua la couronne le 16 septembre 1668 et se retira en France, où Louis XIV lui donna la riche abbaye de Saint-Germain-des-Prés (bulles de mars 1669) ; il y mourut en 1672.

2. « Ofïïcier de la Porte du Grand Seigneur, qui fait l'office d'huissier; c'est comme un exempt des gardes en France » [Dictionnaire de Trévoux).

3. Gazette de 1669, p. 1056 et 1167-1168, et de 1670, p. 528.

4. La forme de cette réception a été décrite par le baron de Gontaut-Biron dans le récit de son ambassade en Turquie [Archives historiques de la Gascogne, fasc. XVI, p. 68-69).

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l'apparence que cette réception choqua le Grand Seigneur, puisque, depuis cette époque, il n'a plus envoyé de ministres en France.

Cette même année 1669, le Roi supprima la Chambre de justice^ qui duroit depuis cinq ou six ans, et qui fît rendre gorge à bien des gens qui s'étoient enrichis démesurément aux dépens du public, [lequel, suivant l'ordinaire, ne profita pas de cette restitution] .

1670. — L'année suivante, le Roi, étant passé en Flandres avec un corps d'armée, donna de vives alarmes auxEspagnolsetàleurs voisins; mais toutes ces troupes ne furent occupées qu'à la fortification des nouvelles conquêtes. Les dames accompagnèrent le Roi dans le voyage^ et Madame, sa belle-sœur^, quitta la cour à Tournay pour aller voir le roi d'Angleterre, son frère, qui se rendit exprès à Douvres*. Ce voyage ne fut pas une simple visite ; le Roi avoit chargé cette princesse, dont l'esprit étoit capable de tout ce qu'elle vouloit entreprendre, d'engager Charles II, non seulement à ne point renouveler la Triple Alliance quand le terme seroit expiré, mais encore de l'engager à faire conjointement avec lui la guerre aux Hollandois, qui avoient interrompu le cours de ses conquêtes. Ils ne cessoient de s'en vanter d'une manière tout à fait orgueilleuse et hautaine, pour ne pas dire pis, et faisoient courir des

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