Notre tome I, appendice VII, p
NOTICE PRÉLIMINAIRE. vii
de paix pour se marier; il épouse en août 1681, dans des conditions assez singulières que laisse soupçonner le contrat, Madeleine de Jaucourt*, alors âgée de vingt-cinq ans; lui en a vingt-neuf ou trente. Peu après, Louvois l'envoie à Pignerol, où Catinat se trouve déjà incognito : il a pour mission de préparer l'équipage d'artillerie pour les troupes qu'on réunit secrètement autour de la citadelle dans l'intention de surprendre Casai. L'occupation de cette ville heureusement effectuée, Saint-Hilaire s'y rend et travaille pendant une partie de l'année 1682 à remettre en état l'artillerie de la place, à y accumuler des munitions, des armes, des outils, à y fabriquer de la poudre et des boulets 2. En 1683, il revient en France. L'année suivante, il est employé au siège de Luxembourg, qu'attaque le maréchal de Créquy et qui capitule le 4 juin. La trêve qui suivit le rendit à la vie de garnison.
C'est un peu plus tard que se produisit la révocation de l'édit de Nantes. Saint-Hilaire, comme son père et toute sa famille, appartenait à la religion protestante 3. Soit conviction, soit intérêt, soit nécessité, il se décida en janvier 1686 à se convertir au catholicisme^ et il semble qu'il le fit de bonne foi ; mais cela explique la réprobation avec laquelle il mentionna dans ses Mémoires les conversions forcées des protestants =. Sa mère ne voulut pas abandonner sa religion ; elle continua à la pratiquer secrètement. Au commencement de 1700, elle fut sans doute dénoncée à l'autorité
1. On trouvera le contrat de mariage, du 22 août, à l'Appendice de notre tome VI, p. 181.
2. Voyez sa correspondance à l'Appendice du tome III, p. 299 et suivantes.