‹ Mémoires de Saint-HilaireChapitre 7 sur 187 · VIII NOTICE PRÉLIMINAIRE · texte numérisé non relu

VIII NOTICE PRÉLIMINAIRE

royale, car une lettre de cachet du 14 avril l'exila dans sa terre de Garges, près GonesseS où elle dut mourir peu après.

La guerre s'étant rallumée en 1688, Saint-Hilaire fut euvoyé à l'armée du Rhin et assista aux sièges de Philipsbourg, de Mannheim et de Frankenthal ; c'est encore à cette armée qu'il servit pendant la campagne de 1689. En 1690, il passa en Flandre, où il commanda en second l'équipage d'artillerie à l'armée du maréchal de Luxembourg ; il assista le l*"" juillet à la victoire de Fleurus. Son supérieur M. du Metz ayant été tué dans le combat, Saint-Hilaire écrivit dès le lendemain à Louvois pour lui demander les emplois du défunt et un brevet de maréchal de camp^. Le ministre ne tint aucun compte de cette demande ; il semble même qu'il ne crut pas devoir y répondre.

En 1691, Saint-Hilaire sert, dès le début du printemps, au siège de Mons; puis il commande l'artillerie de l'armée de la Moselle, dont la campagne ne fut marquée par aucun événement important. En 1692, il assiste aux sièges de Namur et de Charleroy et à la bataille de Steinkerque; pendant les deux campagnes suivantes, il continue à servir à l'armée de Flandre. Le 30 mars 1693, Barbezieux lui fait donner le grade de brigadier d'infanterie, et, le 6 février 1694, la croix de Saint-Louis. Le 20 avril 1695, il est commissionné pour commander l'artillerie à l'armée de la Meuse, et il conserve ces fonctions pendant la campagne de

La paix de Ryswyk lui donna des loisirs; il les employa, comme on le verra plus loin, à écrire les deux premières parties de ses Mémoires. Ce travail devait être achevé au commencement de 1702, lorsque la guerre de la Succession

\. Arcli. nat., 0' 44, fol. 173; Gazette d'Aynsterdam, n° xxxv. "'. Ci-après, tome III, p. 306.

NOTICE PRÉLIMINAIRE. ix

d'Espagne le rappela à un service actif. Cette année 1702 débuta pour lui par un événement heureux : le 29 janvier, il recevait le brevet de maréchal de camp, objet de ses désirs depuis 1(390. Mais, la guerre s'étant, cette année-là, localisée en Italie, Saint-Hilaire n'eut pas occasion d'utiliser son nouveau grade. L'année suivante, dans la crainte d'une descente des Anglais en Guyenne, on lui déhvra le 6 mai une commission pour commander toute l'artillerie dans cette province, dont il possédait d'ailleurs la heutenance générale. Il n'eut pas à s'y rendre : car nous le voyons, pendant tout l'été, occupé à expérimenter des canons spéciaux et des boulets conjugués inventés par un religieux italien, le P. Figari*. En même temps, il a fort à faire pour la défense de ses intérêts particuliers. C'est d'abord une contestation avec le duc Mazarin, surintendant des poudres et salpêtres, à propos du logement occupé par Saint-Hilaire et par sa mère à l'Arsenal de Paris (1703). Le duc prétendait avoir la disposition de ce logement en vertu de sa charge et voulait en expulser l'occupant; celui-ci soutenait qu'il tenait son logement d'une concession royale et que le surintendant n'avait pas le pouvoir de l'en priver. La décision fut renvoyée au bailliage de l'Arsenal; nous ne savons ce qu'il en advint ^

Une autre affaire survenue à la même époque avait pour Saint-Hilaire une bien plus grande importance. Par un édit d'août 1703, le Roi, qui avait besoin d'argent, avait supprimé toutes les charges de l'artillerie et les avait rétablies sur de nouvelles bases, en les érigeant en titre d'offices, c'est-à-dire en les rendant vénales. La charge de lieutenant général de l'artillerie en Flandre, qu'abandonnait le titulaire, M. de Vigny, convenait admirablement à Saint-

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