‹ Mémoires de Saint-HilaireChapitre 74 sur 187 · Ci-dessus, p · texte numérisé non relu

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4. Avant cette condamnation, le comte avait réussi à quitter la Hollande et à se réfugier en France. Il publia à Utrecht, l'année suivante, un mémoire justilicatif de sa conduite.

les envoyer en France travailler aux ouvrages publics, M. de Louvois, je ne sais par quel motif si ce n'est qu'il souhaita la continuation de la guerre, mit ces prisonniers à rançon et les renvoya moyennant trois écus par homme, ce qui donna au prince d'Orange une nouvelle armée, dont il se servit bien depuis^.

Cependant le Roi s'avança vers Utrecht, abandonné par le prince d'Orange; mais il ne put aller plus loin à cause des inondations [et des défilés sur les digues, coupées par des canaux et défendues par de bons retranchements que les ennemis avoient faits. Cela l'obligea à remettre cette entreprise pendant les glaces de l'hiver suivant]. Ainsi Sa Majesté s'en vint joindre M. de Turenne, et laissa M. de Luxembourg, lieutenant général, à Utrecht, avec un corps d'armée, pour garder la tète de ses conquêtes.

M. de Turenne avoit pris la ville de Nimègue, qui se défendit mieux que toutes les autres ensemble et coûta plus de monde ; car elle tint sept jours de tranchée, et il fallut y attacher le mineur ^ De là, il s'empara de Grave, de Bommel et du fort Crèvecœur, qu'il emporta en deux fois vingt-quatre heures. Ensuite il vint joindre le Roi près de Bois-le-Duc, où l'on fit une fausse attaque, et alla camper à Boxtel^, d'où le Roi partit pour retourner en France. Sa Majesté confia à M. de Bellefont le commandement des places

1. Histoire de Louvois, t. I, p. 381. Les cavaliers furent mis à rançon pour dix écus, les fantassins pour cinq; mais pas un seul officier ne fut relâché.

2. Investie le 3 juillet, Nimègue capitula le 10 [Gazette, p. 667, 668 et 704; Histoire militaire, p. 327).

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