‹ Mémoires de Saint-HilaireChapitre 77 sur 187 · Une des grandes îles de la Zélande, capitale Zierichzel · texte numérisé non relu

Une des grandes îles de la Zélande, capitale Zierichzel

2. Le cap de North-Foreland, à l'extrémité sud de la baie de la Tamise.

3. Voyez les correspondances de la Gazette, p. 844, 868, 911, 960, 1032, etc.

4. Gazette, p. 1032. — Ce comté, borné au nord par la Lippe, a pour capitale Dortmund.

5. Cette lettre, du 2 septembre, a été publiée par le général de Grimoard, dans sa Collection des lettres et incmoircs du maréchal de Turenne, t. II, p. 51-52, plus complète et plus textuellement exacte.

« Le Roi, m'ayant laissé avec son armée pour la conservation des places conquises sur les lloUandois, avec lesquels il est en guerre, et pour faire ce qui est du bien de son service, m'a commandé de vous faire entendre, et à tous ceux qui ont intérêt au bien public, que Sa Majesté a déclaré souvent, comme elle fait encore à présent, qu'elle ne veut toucher à rien de ce qui appartient à l'Empire, et que, s'il y a quelquesunes de ses troupes qui passent par ses terres, on le doit regarder comme une suite inévitable de la guerre. Et, comme Sa Majesté a appris que quelquesuns assemblent des armées et les font approcher de ses places afin de la troubler dans la possession d'icelles et donner jalousie à ses alliés, elle a été obligée d'avancer son armée le long du Rhin ; mais elle offre de l'en retirer, pourvu qu'ils en fassent autant de la leur. C'est pourquoi le Roi m'a donné ordre de vous en avertir, afin que tout l'Empire sache que, si les affaires vont plus avant, il a le pouvoir de châtier les princes qui s'engagent dans une guerre qui n'est nullement entreprise contre l'Empire, et de conserver ses alliés dans leur repos et leur tranquillité. »

Cette lettre ne produisit aucun effet : le parti étoit pris, et l'armée de l'Empire, sous M. de Montecuculli', s'avança dans la Franconie, d'où elle menaça l'Alsace, où il n'y avoit d'autres troupes que les garnisons ordinaires. Comme M. de Turenne ne vouloit point laisser cette province sans secours, il quitta le comté de la Marck, et, passant par le duché de Berg,

1. Raymond, comte de Montecuccoli (1608-1681), le célèbre général de la guerre de Trente ans, le vainqueur des Turcs à la journée de Saint-Gothard.

contre Cologne et Bonn, il vint se camper à Andernach*, où il fit construire un pont de bateaux sur le Rhin pour passer ce fleuve et entrer dans l'Alsace par la Lorraine allemande, en cas que l'électeur de Mayence donnât passage sur son pont aux Impériaux. Pour les contenir encore davantage, il s'avança avec toute son armée à Nassau, sur la petite rivière de Lohn, ayant toujours son pont sur le Rhin vis-à-vis d'Andernach, qu'il faisoit garder par de bons retranchements et une bonne garde-.

[Dans la marche que l'armée fit pour venir à Nassau, l'avant-garde tomba sur un parti ennemi commandé par le comte de Dohna, qui venoit prendre langue de M. de Turenne, et ce parti fut défait et le comte de Dohna tué^. Voilà le premier acte d'hostilité de cette guerre entre les François et les Impériaux.]

M. de Turenne demeura campé environ quinze jours à Nassau, et, pendant ce temps-là, les Impériaux commencèrent un pont sur le Rhin, près de Mayence : ce qui fit que M. de Turenne quitta le camp de Nassau et s'en revint à Andernach.

Sur les nouvelles que reçut la cour de ce qui se passoit du côté de l'Allemagne, Monsieur le Prince, qui étoit entièrement guéri de sa blessure, fut chargé de veiller à l'Alsace et à la Moselle, et de ramasser sur cette frontière les troupes qu'il pourroit mettre

1. Sur le Rhin, en aval de Coblenz, aux confins du duché de Juliers.

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