Gazette, p
2. Cette marche était une feinte pour cacher le dessein qu'il avait sur Gharleroy.
1672] MÉMOIRES DE SAINT-HILAIRE. Hl
Le prince d'Orange, qui ne pouvoit être longtemps absent de la Hollande à cause des glaces qui commençoient à se former, jugea alors que ce siège seroit de trop longue haleine, et décampa, prenant son chemin par le Brabant^. En chemin faisant, il fit attaquer la petite ville de Binche, où il n'y avoit que deux cents hommes, la prit et la brûla. Il étoit aux environs de Bréda, lorsqu'il apprit que M. de Luxembourg, à la faveur des glaces, avoit forcé les postes de Bodegrave et de Swammerdam-, qu'il s'étoit emparé du fort et des retranchements de Niewerbrugge, et que toute la province de Hollande étoit en extrême danger. [Il est à croire que le prince d'Orange se repentit alors d'avoir voulu copier Annibal.] Quoi qu'il en soit, il partit aussitôt pour se rendre en Hollande, et fit suivre son armée en grande diligence; mais il n'y avoit plus rien à craindre : le dégel qui étoit survenu y avoit pourvu, en obligeant M. de Luxembourg d'abandonner brusquement les postes qu'il venoit de prendre, et de se retirer à Utrecht, [après avoir perdu le marquis de Castelnau^, quelques officiers et six ou sept cents hommes].
1. Sur la tentative du prince d'Orange, voyez la Gazette, p. 1278, 1280, 1302 et 1303, et V Histoire militaire, p. 344.
2. A quelques kilomètres de Bodegrave, dans la Hollande. C'est du 27 décembre au 6 janvier que Luxembourg fit cette expédition : il voulait atteindre Leyde et la Haye et incendier ces deux villes avant le retour du prince d'Orange ; mais le dégel, qui survint, l'en empêcha. Ses troupes brûlèrent entièrement Bodegrave et Swammerdam et y commirent les pires atrocités ; il faut voir à ce sujet les lettres citées par le marquis de Ségur, le Maréchal de Luxembourg et le prince d'Orange, p. 173-187.