Michel H de Castelnau-Mauvissière, fils unique du mare
[Dans ce même temps, M. Le Peletier, intendant à Lille\ conçut un dessein sur la ville d'Aardenburg, que les Hollandois tenoient dans la Flandre flamande^. Son projet fut agréé à la cour, qui le donna à exécuter à M. de Nancré, gouverneur d'Ath^. Il s'y achemina avec trois ou quatre mille hommes, et ne le put faire si secrètement, que son dessein ne fût éventé. Étant arrivé aux portes de cette ville, il commença ses attaques, et y trouva beaucoup plus de résistance qu'on ne s'étoit proposé, et il arriva encore que les Hollandois firent entrer dans cette ville un grand secours à la vue de M. de Nancré, qui fut obligé de se retirer après avoir perdu bien du monde ^.]
1673. — Revenons à M. de Turenne. Ce général étoit toujours dans le pays de Trêves avec son armée, et il avoit ordre d'en donner la moitié à Monsieur le
chai, colonel de cavalerie et gouverneur de Brest, fut blessé à l'attaque d'Ameyden et vint mourir à Utrecht le 2 décembre, âgé seulement de vingt-sept ans.
1. Michel Le Peletier de Souzy (1640-1725) était intendant en Flandre depuis 1669, après avoir occupé le même poste en Franche-Comté, à la suite de la première conquête. 11 devint en 1691 directeur général des fortifications et fit partie du conseil de régence en 1715. Notre auteur est seul à lui attribuer la paternité de l'expédition qui va être racontée.
2. A une vingtaine de kilomètres au nord-est de Bruges, dans la province actuelle de Zélande.
3. Claude-Antoine Dreux, comte de Nancré, venait d'être fait lieutenant général au début de la campagne.
4. M. de Nancré avait un très long trajet à faire, et il ne put dissimuler sa marche. Notre Gazette se garda bien d'enregistrer cet insuccès, que M. Rousset a raconté dans son Histoire de Louvois, t. I, p. 372-373 ; les documents qui s'y rapportent sont dans le volume 293 du Dépôt de la guerre.
Prince, en cas que les ennemis se jetassent en Alsace ; mais, comme le gros de leur armée étoit encore au delà du Rhin, prêt à passer ce fleuve, il se tenoit fort attentif à leurs mouvements, et se contîrmoit de plus en plus qu'ils ne passeroient pas le Rhin, lorsqu'il apprit e[i effet qu'ils rompoient leur pont, et se dirigeoient sur la Westphalie, [pour entrer dans l'évêché de Munster] et tâcher par là de se joindre en Hollande aux troupes du prince d'Orange.
M. de Turenne décampa donc de Wittlicht, détruisit son pont d'Andernach, traversa le pays de Cologne, repassa le Rhin à Wesel, et entra une seconde fois dans le comté de la Marck^. Il y trouva les Impériaux déjà arrivés, et un de leurs détachements attaquoit la petite ville de Werne^, où l'évêque de Munster a voit jeté trois cents hommes de ses troupes. Ce détachement se reth^a à l'approche de M. de Turenne, et les Impériaux quittèrent les postes qu'ils avoient déjà établis dans cette partie du pays. Il n'y eut que celui d'Unna^ qui fut enveloppé par les François. G'étoit un régiment de Brandebourg, qui voulut se défendre dans cette ville, dont l'enceinte étoit d'assez bonnes murailles flanquées de quelques tours. M. de Turenne les fit battre par le canon; mais, comme il n'en avoit que de campagne, qui faisoit peu d'effet, il y suppléa par ses mortiers [et par les bombardiers que l'évêque de Munster lui envoya, et, comme ils étoient fort habiles, ils mirent le feu en fort peu de temps dans la ville]. Ce succès mit les bombes à la mode. [Le régi-