Voyez V Histoire militaire, p
le détroit, et vint à Barcelone offrir de faire descendre quinze cents hommes pour joindre à l'armée des Espagnols. Ceux-ci les en remercièrent, et proposèrent de les faire passer en Sicile, où les troubles commençoient. M. Tromp s'en excusa sur ce qu'il n'en avoit point d'ordre de ses maîtres, et ramena son armée en Hollande.]
[Il est certain que les Espagnols avoient grand besoin de troupes en Sicile, où ordinairement ils n'en tenoient guère, quoiqu'ils gouvernassent ce peuple assez tyranniquement, lequel, s'en lassant à la fin, voulut profiter de la conjoncture des temps, et se révolta contre les Espagnols ^]
La première sédition arriva à Messine. Quelques-uns de la principale noblesse du pays se mirent à la tête du peuple, prirent les armes, et vinrent à la maison du gouverneur- dans le dessein de s'assurer de sa personne ; mais il eut le temps de se sauver dans un des forts ^. Les Messinois l'y assiégèrent. Ayant ainsi levé le masque, ils députèrent des principaux de leur noblesse pour venir en France demander du secours à Louis XIV, offrant de mettre leur ville et leur pays sous sa domination, [en assurant que tout ce royaume suivroit leur exemple et chasseroit les Espagnols sitôt qu'il apprendroit que Sa Majesté le prenoit sous sa
1. Cette révolte fut amenée par l'excès des iropôts, et surtout par les pillages effrontés des gouverneurs espagnols. La cause déterminante en fut l'exécution à mort de l'auteur d'un libelle contre le gouverneur.