‹ Memoires de Saint-Simon (volume 2)Chapitre 103 sur 495 · Tome IV, p · texte numérisé non relu

Tome IV, p

4. Le mariage du comte d'Ayen avec Mlle d'Aubigné : ci-dessus, p. 125.

5. Ailleurs (Écrits inédits, tome III, p. 193), il dit : « Énerver une dignité. » Énerver un cheval, selon Furetière, c'était lui enlever les tendons placés de chaque côté de la tête, entre les yeux et le nez, de façon à rendre la tête plus étroite et plus sèche. Au figuré : annihiler, enlever tout ou partie de la valeur, de la puissance.

G. Piqué, sans accord, de même que, plus loin, corrigé et présenté.

ducs sur les Maximes des saints, que l'un avoit corrigées chez l'imprimeur, l'autre directement présentées au Roi en particulier1, consentoit à leur perte, et le duc de Noailles, qui songeoit à s'assurer la dépouille de M. de Beauvillier, poussoit incessamment à la roue. Il ne vouloit pas moins que la charge de gouverneur des enfants de France, celle de chef du conseil des finances et celle de ministre d'État2. Il sentoit que, si le Roi pouvoit se laisser persuader, sous prétexte du danger de la doctrine et de la confiance, d'ôter3 ses petits-fils à Beauvillier, il n'étoit plus possible qu'il pût demeurer à la cour, et que, par nécessité, les deux autres places seroient en même temps vacantes, et que toutes trois ne pouvoient guère que le regarder dans l'heureuse et nouvelle position où il se trouvoit. Les difficultés qui se rencontroient et qui se multiplioient à Rome sur la condamnation de Monsieur de Cambray, et la conduite qu'y tenoit le cardinal de Bouillon, malgré des ordres si contraires4, aigrissoit la cabale5 au dernier point, et devint enfin le moyen qu'elle mit en œuvre pour culbuter les ducs de Chevreuse et de Beauvillier. Mme de Maintenon la6 proposa au Roi comme un moyen auquel il étoit obligé en conscience pour le succès de la bonne cause, et ôter à la mauvaise les appuis qu'elle faisoit valoir à Rome, où on ne pouvoit croire que, s'il étoit aussi convaincu qu'il vouloit qu'on le crût des opinions de Messieurs de Paris, Meaux et Chartres contre celle de Monsieur de Cambray, il ne laisseroit pas le plus grand protecteur et le plus déclaré de la dernière dans les places [de] son Conseil7, beau-

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