‹ Memoires de Saint-Simon (volume 2)Chapitre 113 sur 495 · On n'épargna que les abbés Fleury et de Catelan · texte numérisé non relu

On n'épargna que les abbés Fleury et de Catelan

5. Il avait eu précisément sa charge d'exempt par M. de Noailles et malgré son propre frère, qui ne lui trouvait pas une conduite assez réglée et cherchait à le convertir. M. de Noailles lui eût fait même avoir un régiment, s'il n'avait été mal noté auprès du Roi et dans son corps. D'autre part, entre Monsieur de Cambray et ce frère, il y avait peu d'intimité. « Je suis persuadé qu'il m'aime, disait Fénelon; je ne l'ai jamais haï.... » (Correspondance de Fénelon, tome II, p. 21, 28-30, 47-48, 54, 56-58,63.)

fonctions de sous-précepteur et de lecteur étaient d'ailleurs à peu près le> mêmes (Dangeau, tome XVI, p. 365). On a publié plusieurs lettres de M. de Langeron dans la correspondance de Bossuet et dans celle de Fénelon; quelques-unes doivent venir des archives du château de Mouchy (vol. G8). C'est à lui que l'abbé de Chantérac, pendant son séjour à Rome, adressait des rapports fréquents qui sont imprimés avec la correspondance sur le quiétismo, et l'on a une lettre touchante de l'archevêque sur sa mort.

Mme de Maintenon fut-elle outrée de s'être vue toucher au but, pour n'avoir plus d'espérance contre des gens qui, échappés de ce naufrage, ne pouvoient plus être attaqués, ni donner sur eux aucune prise. Aussi1 ne leur pardonna-t-elle jamais; mais, en habile femme, elle sut prendre son parti, ployer sous le goût du Roi, et vivre peu à peu, à l'extérieur au moins, honnêtement avec d'anciens amis, puisqu'elle n'avoit pu les perdre2. M. de Noailles fut encore plus outré qu'elle, et fut longtemps en grand froid avec son frère. Mme de Noailles n'en étoit pas moins affligée; mais elle en savoit trop pour ne3 pas sentir les conséquences de cette brouillerie domestique. Elle mit donc tous ses soins, d'abord pour empêcher le plus qu'elle pût qu'on ne s'en aperçût, ensuite pour4 les raccommoder : à quoi il fallut bien que son mari en vînt. Le maréchal de Villeroy, M. de la Rochefoucauld, un gros d'envieux qui, chacun à sa façon, avoit5 poussé à la roue, et qui, ravis de la chute des deux beaux-frères, auroient encore été plus piqués d'en voir profiter M. de Noailles, furent ,: désolés d'un si grand coup manqué, et par leur jalousie et par leur espérance sur la dépouille. Mme la duchesse de Rourgogne, qui, à force de n'être occupée qu'à plaire au Roi et à Mme de Maintenon, prenoit en jeune personne toutes les impressions que lui donnoit cette tante si factice7, et qui necachoit pas toujours celles qu'elle avoit prises, parut8, depuis cette époque, un0 grand éloi-

1. A remarquer la différence de signification qu'il y a entre cet aussi et celui qui commence la phrase précédente, avec le sens où l'on emploie d'ordinaire aussi bien. Comparez ci-après, p. 196, et ci-dessus, p. 61.

2. Dans son Étude sur la condamnation du livre des Maximes, M. Griveau établit qu'il y eut réconciliation immédiate. Voyez les lettres de Mme de Maintenon citées plus haut, p. 153, note 6.

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