‹ Memoires de Saint-Simon (volume 2)Chapitre 12 sur 495 · Leur est écrit deux fois · texte numérisé non relu

Leur est écrit deux fois

2. Il a fait un assez long article sur l'inexactitude de ces registres dans le mémoire de 1711 : Changements arrivés à la dignité de duc et pair, tome III des Écrits inédits, p. 155-161.

3. Il sera question des prévôts et maîtres des cérémonies de l'Ordre dans le tome III de la suite des Mémoires, p. 440, 444 et 449. Les Rhodes avaient eu la charge dès l'origine, comme celle de grand maître des cérémonies de France.

4. Jules-Armand Colbert, fils cadet du grand ministre, baptisé à Saint- Eustache le 17 décembre 1663 et connu d'abord sous le titre de marquis d'Ormoy, fut pourvu de la charge de surintendant des bâtiments, en survivance de son père, dès le 28 mars 1674, et en fit les fonctions, ou

Chevreuse, qui n'étoit pas duc en 1664, mais qui étoit à la cour et fils du duc de Luynes, qui agit lors avec les autres, étoit grand maître des cérémonies, qu'il avoit eu1 de M. de Rhodes2 : ainsi il ne fut question que du registre de Sainctot3.

plutôt l'apprentissage, sous la direction paternelle, jusqu'en septembre 1683, mais dut alors la céder à Louvois. L'année précédente, en épousant Mlle de Tonnay-Charente, il avait pris le titre de marquis de Blainville (terre située auprès de Caen). Pour le reste de sa biographie, on peut se reporter à la notice donnée dans notre tome I, p. 93, où les deux dates de naissance et de nomination à la surintendance avaient été inexactement indiquées d'après l'étude biographique insérée en 1870 dans le dernier volume du recueil des Lettres de Colbert.

1. « Charge qu'il avoit eue.... » — C'est le 30 janvier 1685 que M. de Blainville fut pourvu de la charge de grand maître des cérémonies, qu'il payait quatre-vingt raille écus, plus un pot-de-vin de cent raille livres. Blainville chercha à revendre sa charge dès le commencement de 1697; mais il ne trouva un acquéreur digne de l'agrément du Roi qu'en mars 1701 : c'est donc entre 1695, date de l'achat de Meudon, et 1701, que Saint-Simon put faire la constatation dont il parle ici, peut-être en 1698 même, année où le Roi alla passer chez son tils trois jours du mois de mai (Journal de Dangeau, tome VI, p. 350-351). — Pendant son exercice, M. de Blainville eut avec Sainctot un gros conflit, à propos du droit d'ordonner dans les cérémonies; les pièces et le règlement qui intervint se trouvent dans les papiers de la Pairie, Arch. nat., KK 599, fol. 5-70, dans le recueil Cangé F 1020 A 74, a" 67 et 68, et dans le vol. 12 (officiers de la couronne) des papiers de Saint-Simon.

2. Charles Pot, marquis de Rhodes, avait succédé à son père, comme grand maître des cérémonies (le sixième de son nom), en janvier 1662; il mourut à Paris, le 1er juillet 1706, dernier de cette maison. Sa femme, nièce de 1 evèque de Langres, a déjà été nommée en 1695 (tome II, p. 365).

3. Outre les papiers des Sainctot conservés au Dépôt des affaires étrangères, comme nous l'avons dit plus haut, des copies du recueil particulier dont il s'agit ici, ou de parties de ce recueil, se trouvent en plusieurs endroits : à la Bibliothèque nationale, mss. Fr. 14 117-14 120 (volumes reliés aux armes du Roi) ; au Musée britannique, mss. Egerton 774-777 (inventoriés dans le Cabinet historique, tomes V, p. 252-263, et VI, p. 89-90), etc. Il y a dans les papiers de la Pairie (Arch. nat., KK 594, fol. 357-399; comparez K 1712, n° 5) un inventaire des procès-verbaux ou mémoires dressés par Sainctot, comme maître des cérémonies, de 1652 à 1681. Les Archives possèdent aussi l'original d'un des registres de sa charge pour les années 1644-1658 (KK 1446). Saint-Simon avait fait transcrire

Disputes

de rang

entre

Mmcsd'Elbeuf

et de

Lillebonne.

La révérence en mante1 que les dames de Lorraine vinrent2 faire au Roi sur la mort de la reine-duchesse3, mère de M. de Lorraine, fit schisme entre elles. Mme de Lillebonne, par sa bâtardise cousine germaine du père de M. de Lorraine4, prétendit, comme5 la plus proche, marcher la première, et par conséquent Mlle de Lillebonne et Mme d'Espinoy, ses filles, immédiatement après elle. Mme d'Elbeuf6, veuve de l'aîné de la maison de Lorraine en France7, s'en moqua, et l'emporta : de sorte

pour ses recueils de cérémonial beaucoup d'articles des registres en question, notamment (vol. 27 de ses papiers) le procès-verbal de l'audience du cardinal Chigi. M. de Luynes avait de même une copie du recueil ; mais il dit en un endroit (tome II, p. 119) que tous les textes ne s'accordent pas entre eux, et ailleurs (tome VIII, p. 345) : « Il n'y a pas d'exactitude dans des registres où les moindres circonstances sont de conséquence.... » On a vu que ce recueil a été imprimé dans le Supplément au Corps diplomatique de Du Mont, en tête du tome IV (1739), p. 1-123.

1. Sur les révérences qu'on venait faire dans les occasions de deuil d'ascendants, voyez les Mémoires du duc de Luynes, tomes XII, p. 358, et XVI, p. 268-269, et le Journal de Barbier, 22 février 1752. Saint-Simon parle de ce cérémonial dans son mémoire de 1711 sur les Changements arrivés à la dignité de duc et pair (tome III des Écrits inédits, p. 75-77). Les mantes, qu'il a décrites dans son récit des obsèques de la Dauphine (Appendice du tome I, p. 512) : « un grand crêpe noir qui est tout d'une pièce, et s'attache à la coiffure, aux bras et à la ceinture, et traîne beaucoup, » et dans la suite des Mémoires, tome VIII, p. 306, étaient exclusivement réservées aux plus grandes dames (Correspondance de Bussy-Rabutin, tome VI, p. 330 ; Mémoires du duc de Luynes, tomes IV, p. 403, VI, p. 171, IX, p. 317, et X, p. 166). L'usage en existait dès le temps d'Henri IV (Œuvres de Malherbe, tome III, p. 93).

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