Tome I, p. 167, note 3, et ci-après, p
2. Marie de Bretagne-AA^augour épousa, par contrat du 5 mars 1628, Hercule de Rohan, duc de Montbazon, veuf en premières noces de Madeleine de Lenoncourt et père de Mme de Chevreuse. Elle perdit son mari le 16 octobre 1654, et mourut elle-même le 28 avril 1657, âgée d'au moins quarante-cinq ans. Voyez ci-après, p. 229-230.
3. Presque tous les principaux arguments de Saint-Simon contre les Rohan se retrouvent dans le mémoire fait par Clairambault (son ms. 1195, fol. 105 v° à 110), en 1696, sur les princes étrangers.
4. Les continuateurs du P. Anselme (Histoire généalogique, tome IV, p. 51) commencent ainsi leur article : « La maison de Rohan est, sans contredit, l'une des plus illustres de la province de Bretagne ; mais tous les auteurs ne conviennent pas de son origine. Le P. Anselme, dans sonPalais de l'honneur, imprimé en 1663, p. 597, la dit issue des anciens comtes de Vannes, et, dans son Histoire des grands officiers, édition de 1674, il avance que Alain de Rohan, Ier du nom, étoit fils d'Eudes Ier, vicomte de Porhoët,
et d'Anne de Léon Quoi qu'il en soit de ces degrés et de la charte
d'Alain Fergent, de Tan 10876, l'on commencera cette généalogie par : Alain I", vicomte de Rohan,... assista l'an 1119, etc. » Au contraire, leMoréri de 1759 accepte la charte en question comme prouvant la descendance des premiers ducs de Bretagne, ou tout au moins des comtes de Vannes, * les plus distingués d'entre les anciens souverains de Bretagne.... »
5. Le Moréri continue ainsi : « On lit dans Grégoire de Tours et dans
° Les deux énormes volumes de dom Morice sont encore inédits ; mais il en existe plusieurs exemplaires : j'emploierai celui des Archives nationales, MM 758 et 759. Le travail est bien plus complet que dans Y Histoire généalogique. Les pièces se retrouvent dans les mss. de la Bibl. nat. 22 337-22344.
6 Sur cette charte rapportée par l'historien d'Argentré, et où il est dit
grandes alliances.
Juveigneurs ou cadetsde Rohan
décidée n'avoir
rien que de
commun, en
tout et partout,
avec tous
autres
juveigneurs
nobles et libres
de Bretagne.
en Bretagne ni en France, depuis qu'ils y furent venus sous Louis XI1, aucune autre distinction que celles des établissements que méritoient leurs grandes possessions de terres2, leurs hautes alliances3 et une naissance qui, sans avoir d'autre origine que celle de la noblesse, ni avoir jamais été distinguée de ce corps, étoit pourtant fort audessus de la noblesse ordinaire et se pouvoit dire de la plus haute qualité. Ils avoient, par leur baronnie, le second
d'autres historiens que les terres possédées par ces princes portoient le nom de royaume, et c'est suivant cet usage que, dans un acte de fondation, le Porhoët, le Rohan et pays contigus sont qualifiés du même titre. Par un autre acte de 1092, on apprend que les comtes de Porhoët et de Rohan avoient leurs barons, ainsi que les comtes de Champagne, de Flandre, et les autres souverains de leur temps.... »
1. Le premier Rohan qui entra alors au service de France paraît être Jean de Montauban, que Louis XI nomma, en 1461, amiral, bailli du Cotentin, grand maître et réformateur des eaux et forêts de France (Histoire généalogique, tome IV, p. 81); sa fille unique rapporta l'héritage aux Rohan-Guémené. Mais notre auteur doit faire plutôt allusion à Jean II, vicomte de Rohan, qui s'attacha à Louis XI en 1470, et à Pierre de Rohan, seigneur de Gyé, qui fut fait maréchal de France en 1475 : ci-après, p. 193 et 197. Brantôme rapporte une lettre de Louis XI relative à Jean II, et il s'écrie ensuite : « Quelle finesse ! surtout, il vouloit retirer à soi M. de Rohan, qui étoit lors un grand seigneur, comme aujourd'hui. » (Œuvres, tome II, p. 337.) Le P. Griffet, dans son Traité des preuves (p. 437), soutient et établit que, dès ce temps-là, les Rohan eurent le traitement de prince en France.
2. « Un autre avantage, qui se rencontre rarement ailleurs que dans cette maison, c'est qu'au lieu que les autres se sont agrandies par les biens que leur ont fait tomber leurs alliances, celle de Rohan, au contraire, possède depuis sept siècles les plus grandes terres, dont elle jouit encore aujourd'hui, telles que sont le comté de Porhoët, le duché de Rohan et la principauté de Guémené. » (Moréri.)
3. On comptait qu'ils avaient trois alliances avec la maison de Bretagne, deux avec celle de Navarre, une avec celles de Castille, de Milan et de Lorraine, toutes ayant produit postérité. Saint-Simon parle de ces alliances « actives et passives » dans la notice Montbazon (France 213), fol. 13.
que les Rohan descendent en ligne directe de Conan, roi des Bretons, voyez une note de l'abbé Georgel, dans sa Réponse au mémoire sur les rangs et les honneurs de la cour (1771), p. 35. Il n'en est pas question dans l'édition du Moréri (1733) que possédait Saint-Simon.
rang en Bretagne1, et puis ils l'alternèrent avec les barons de Vitré2; mais cela n'influoit point sur leurs cadets, quoique sortis de plus d'une sœur des ducs de Bretagne. Ils3 ne purent obtenir aucune préférence sur les autres puînés nobles de Bretagne, et Alain VI, vicomte de Bohan4, fut obligé, vers 1300, par Jean II, duc de Bretagne5, de
1. Les états de la province de Bretagne, qui furent maintenus par la charte de réunion du duché à la France (1532), se composaient, sous Louis XIV, des neuf évêques de la province, d'une quarantaine d'abbés, des députés des neuf chapitres de cathédrales, des titulaires des neuf baronnies, des gentilshommes originaires de la province et y possédant des terres, de ceux qui étaient en outre convoqués par le gouvernement, et des députés de quarante communautés de la province, représentant le tiers état. Les neuf baronnies étaient : Vitré, Léon, la Roche-Bernard, Chateaubriand, Ancenis, le Pont (Pontchâteau et Pontlabbé, alternativement), Derval, Malestroit et Quintin. Les barons siégeaient à côté du président de la noblesse, lequel était alternativement, comme on va le voir plus loin, le baron de Vitré et celui de Léon, ou, à défaut de l'un et de l'autre, le plus ancien des barons présents. Le Roi accordait aux barons le titre de cousin (mémoire de Clairambault pour M. de Pontchartrain, en 1696, ms. Clairambault 1195, fol. 130). — Léon, ville épiscopale très ancienne, et le pays de Léonais avaient été une principauté particulière jusqu'au temps où Jean Ier, duc de Bretagne, s'en rendit acquéreur. Cette baronnie fut apportée à Jean Ier, vicomte de Rohan, mort en 1395, par sa première femme, fille unique d'Hervé, seigneur de Léon, et de Marguerite d'Avaugour. Nous verrons ailleurs que, sous Henri IV, le titre de prince de Léon fut relevé par Henri, duc de Rohan, et, sous Louis XIV, par le fils aîné du duc de Rohan-Chabot.
2. Vitré, ancien apanage des cadets de Bretagne, avait dans son ressort plusieurs marquisats, vicomtes et autres terres, avec cent paroisses environ. Cette baronnie arriva aux Laval en 1239, et aux la Trémoïlle en 1521, par l'héritière de Laval dont il sera parlé p. 190.
3. Ils a été écrit en interligne, et un point ajouté après Bretagne. On aimerait mieux ce point une ligne plus haut, après cadets.
4. Mort entre 1303 et 1304, à soixante-douze ans : voyez ['Histoire généalogique, tome IV, p. 53, d'où notre auteur tire textuellement tout le reste de la phrase, sans se reporter à l'Histoire de Bretagne de dom Lobineau, citée en marge par les continuateurs du P. Anselme.
5. J. II, dans le manuscrit. — Jean II, petit-fils de Pierre de Dreux, dit Mauclerc, naquit le 4 janvier 1239 et devint duc en 1286. L'acte passé entre ce duc et Alain VI est reproduit dans les Preuves du travail de dom Morice, sous la date de 1299.
reconnoître que, selon la coutume de cette province, tous les juveigneurs1 de Rohan dévoient être hommes liges2 du duc de Bretagne, et qu'il avoit droit de retirer3 de leurs terres tous les émoluments et profits de fief qu'il pouvoit retirer de celles de ses autres sujets libres*. C'est ce duc de Bretagne5 qui6 fut écrasé par la chute d'une muraille à Lyon, à l'entrée du pape Clément V7, où il accompagnoit Philippe le Bel8, qui l'avoit fait duc et pair
1. Le Coutumier général (tome II, p. 774), cité par Littré, s'exprime ainsi : « Il y a trois formes de tenues nobles : la première est appelée lige ou à ligence, qui est quand le vassal tient prochement et ligement du seigneur ; la seconde est la tenue du juveigneur d'aîné en parage et ramage, qui est du puîné vassal ou des descendants de lui à son frère aîné seigneur ou descendant dudit aîné.... » Voyez les Commentaires sur les coutumes de Bretagne, par d'Argentré, col. 1400-1423; le Glossaire de Du Cange, art. Junioratus et Jovignors, et le tome V de nos Mémoires, éd. 1873, p. 79-80. M. le baron Ernouf a publié récemment un mémoire sur l'origine probable du droit de juveigneurie.
2. Lige, sans accord, dans le manuscrit. — L'homme ou vassal lige (ligius en bas latin) s'engageait par les termes de son hommage à conserver au seigneur « foi et loyauté envers et contre tous, » et à être son « homme de bouche et de mains. » Voyez le Glossaire du droit français, par Laurière, tome II, p. 43-46, 56-60, l'article Ligius du Glossaire de Du Cange, et les Commentaires de d'Argentré, col. 1403-1405.
3. Saint-Simon avait écrit deux fois de suite : « de retirer », et a biffé le second; mais il n'a pas corrigé ils en il avant le verbe avoit.
4. Par émoluments on entendait les produits casuels quelconques; par profits de fief, les droits dus au seigneur dominant lorsqu'il y avait mutation de propriété, comme quints et requints, lods et ventes, rachats, etc.
5. Voyez son article dans l'Histoire généalogique, tome I, p. 448.