Le duc François VII, gendre de la duchesse
Liancourt, le pria tant de demeurer à Liancourt1, qu'il s'y fixa. Quand il y venoit compagnie avec M. de la Rochefoucauld, on ne le voyoit point, que M. de la Rochefoucauld, M. le maréchal de Lorge2, et quelques amis très particuliers, et, quand le Roi y passoit3, il se tapissoit4 dans un grenier. A un de ces voyages du Roi, je ne sais qui en parla : le Roi le voulut voir. Le P. de Chévigny en fut surpris, car le jansénisme l'avoit fort barbouillé5 auprès de lui ; il fallut pourtant obéir, et M. de la Rochefoucauld l'amena. Le Roi lui fit toutes sortes d'honnêtetés et causa longtemps avec lui de ses anciennes guerres, puis de sa retraite. Le P. de Chévigny fut fort respectueux et mesuré, et point embarrassé. Ce fut à qui le verroit. Jamais il ne fut si aise qu'après que tout ce monde fut parti. Ce château, du temps de M. et de Mme de Liancourt, étoit le rendez-vous et l'asile des principaux jansénistes; il le fut bien encore après6. M. de la Rochefoucauld, qui les y avoit tous vus, les aima toujours; ce qui en restoit y alloit voir le P. de Chévigny. Il y mourut saintement, comme il y avoit vécu, sans cesse appliqué à la prière, à l'étude et à toutes sortes de bonnes œuvres, et toujours gaiement et avec