Tome II, p
2. Charles-Hercule, chevalier de Luynes, fait capitaine de vaisseau en 1692, et pour qui on créa en 1716 les deux charges de commandant des gardes du pavillon amiral et de garde-examinateur des plans, cartes et journaux de la marine. Il passa chef d'escadre en 1722, et mourut, sans alliance, le 31 janvier 1734, à soixante ans.
3. Mmes de Guémené, de Bournonville, de Gouffîer d'Heilly, de Verue et de Saissac : ci-dessus, p. 118, note 2.
4. Ci-dessus, p. 228. Comparez l'Addition indiquée ci-contre, n° 257, et voyez l'historiette des deux époux dans Tallemant des Réaux, tome IV, p. 478-484. La princesse a sa place dans le Dictionnaire des précieuses, sous le nom de Gélinte (tomes I, p. 106, et II, p. 249-250) : « Précieuse qui est de haute naissance, qui sait beaucoup, qui parle bien, et dont la vertu n'est pas moins connue que la beauté. » On possède aussi son portrait, par elle-même, dans la Galerie de Mlle de Montpensier. Elle faisait de l'hébreu avec les savants, et était très liée avec Arnauld d'Andilly et l'abbé de Saint-Cyran, qui l'attachèrent pendant un temps à Port-Royal. Mme de Motteville (tome I, p. 10) prétend que la connétable de Luynes eût voulu faire répudier la jeune reine par Louis XIII, pour qu'il épousât cette Anne de Rohan. Quant au mari, dont il reste une série de bons mots, c'est de lui que Scarron disait :
Le bon prince Guimené, D'esprit si provisionné Que tout ce qu'il dit fait bien rire....
Avec cela, une triste tournure et des manies singulières; mais Tallemant s'étonne qu'un couple comme les Montbazon eût pu produire des gens d'esprit comme M. de Guémené et Mme de Chevreuse.
elle et Mme de Chevreuse, toute leur vie, ne furent qu'un, et avec eux, en quatrième, leur belle-mère, seconde femme de leur père, qui avoit autant d'esprit et d'intrigue qu'eux ' ; et, ce qui peut passer pour un miracle, toutes trois parfaitement belles et fort galantes2, sans que leur beauté ni leur galanterie ait jamais formé le moindre nuage de galanterie3 ni de brouillerie entre elles. Le prince de Guémené non seulement voyoit trop clair pour ignorer ce qui se passoit dans sa maison4, mais il y trouvoit son compte, et, dès là, non seulement il le trouvoit fort bon, mais il étoit des confidences, sans en faire semblant au
1. Ces trois dames ont été étudiées et caractérisées par Victor Cousin dans les livres intitulés : Madame de Chevreuse et la Jeunesse de Mme de Longueville. La belle-mère, Mme de Montbazon (Marie d'Avaugour), tint jusqu'à près de quarante ans « le premier rang de la beauté et de la galanterie. » {Mémoires de Mme de Motteville, tomes I, p. 38-39, 135-136 et 315, et IV, p. 93-95.) C'était une femme massive et de taille extraordinaire (voyez les Historiettes, tomes III, p. 305, et IV, p 461-470), comme aussi son mari était fort et puissant. On a un portrait d'elle, du temps, au musée de Versailles, n° 3384, et une estampe gravée chez J. le Blond, qui fait pendant à un semblable portrait de Mme de Guémené. Mme de Motteville, Lenet, Tallemant et bien d'autres contemporains portent témoignage de ses succès. La chronique galante cite à son compte Hocquincourt, Bullion-Bonnelles, Ardier-Vineuil, les ducs de Guise et de Longueville, puis le duc de Beaufort, Rouville, etc., etc. Selon Tallemant, il faudrait ajouter à cette liste le nom du père de notre auteur, au temps de sa grande faveur, et celui de M. de Chevreuse, propre gendre du duc de Montbazon.
2. A l'époque de la Fronde, Mme de Chevreuse n'avait plus guère de traces de sa beauté passée.
3. Ainsi dans le manuscrit. Ni de brouillerie a été ajouté en interligne; correction incomplète, à ce qu'il semr .e. — Tallemant mettait Mme de Guémené bien au-dessus de Mme de Montbazon, et comme beauté, malgré un visage trop plat, et comme esprit et caractère.
4. « Mme de Guémené, belle-fille de Mme de Montbazon, étoit aussi une des plus belles personnes du monde, et ne lui cédoit guère en la quantité d'amants.... » (Mémoires de Mme de Motteville, tome I, p. 10 et 39.) Elle fut successivement la maîtresse du duc de Montmorency, du comte de Soissons, de Bouteville, de M. de Thou, qui finirent tous mal, et du financier d'Hémery; mais la perte de ses enfants l'amena enfin à se retirer du monde et à mener une sainte vie.
dehors : leçon utile à la grandeur d'une maison quand il y a des beautés qui savent faire usage de leurs charmes, heureusement fatale à la maison de Rohan, pour le répéter encore1, et que M. de Soubise a si exactement et si utilement suivie2.
Le connétable de Lujnes, qui ne l'étoit pas encore3, mais que je nomme ainsi pour le distinguer de son fils, voulut entrer agréablement dans la maison du duc de Montbazon en épousant sa fille en septembre 1617, et faire en même temps éclater sa faveur par une distinction extraordinaire : il obtint que Mlle de Montbazon seroit assise dès la veille de son mariage avec lui, grâce qui se terminoit là, sans influer sur le reste de la famille4. CTétoit
1. Comme à la page 206, le terme de fatal signifie que cette habileté héréditaire eut la plus heureuse influence sur les destinées de la maison de Rohan. Littré n'a pas relevé ces exemples à côté d'autres analogues.