‹ Memoires de Saint-Simon (volume 2)Chapitre 182 sur 495 · Qui rendoient les lettres · texte numérisé non relu

Qui rendoient les lettres

4. Comparez la suite des Mémoires, tomes V, p. 217-218, et VI, p. 249. En fait de style, les lettres de Mme de Soubise n'avaient pas une grande réputation. Mme de Sévigné disait à Mme de Grignan, en 1671 : « Cette fille n'écrit pas comme vous, elle n'a pas de l'esprit comme vous ; mais elle a de la tendresse et de l'amitié comme vous (pour sa mère). • (Lettres, tome II, p. 343; comparez p. 204-205.) Comme écriture et comme orthographe, on peut voir un spécimen exposé au musée des Archives nationales, n° 910. Voici le texte d'une autre lettre autographe, prise entre celles que renferment les dossiers du Contrôle général (G7 541); elle est adressée à M. Desmarais (lie), et appartient à l'année 1704 : « Ce lundi. Jay demendé à mr de chamiliar pourquoy il avois le retardé le jugemens de lafaire des péage du Rhône car ie ne luy on aurois pas parlé mes ie croiois quil le savoit en devant estre juge il ma dit Monsieur que son intention estois bonne et quil voulois en conférer îvec nous pour coperer conjointement avec vous pour nous faire plaisir et que sy vous luy en voulics dire un mot aujourdhuy vous pouries la raporter

mene assises,

4678 et 1679;

puis Mme de

Montauban,

la sorte qu'elle fit M. de Soubise prince par degrés et par occasions, et que, peu à peu, elle en obtint tout le rang1.

Ce fut pourtant Monsieur dont ils se servirent pour Mmes de G faire asseoir la Bautru2, veuve [de] M. de Ranes3, que le prince de Montauban4, frère du prince de Guémené, épousa en 16815. Elle jouoit fort chez Monsieur. M. de

mardi iose dont Monsieur vous suplier très humblement dans vouloir parler ie conte sur lhonneur de vostre amite et sy ie nestois pas retenu par un pied que Ion dit estre la goûte iorois eu celuy daler ches vous. La Princesse de Soubise. » — Des lettres de Mme de Maintenon à Mme de Soubise, et d'autres, très amicales, de la reine de Portugal (1674), sont dans le tome VI des Œuvres de Louis XIV, p. 393-401 et 524-526!

1. On a vu que la principauté de Soubise avait été érigée de nouveau pour lui dès 1667, bien avant cette faveur de sa femme.

2. Charlotte de Bautru, fille du comte de Nogent, capitaine des gardes de la porte, épousa : 1° le 21 décembre 1664, M. de Ranes, qui suit; 2° le 2 août 1682, le prince de Rohan-Montauban. Elle mourut le 10 décembre 1725, âgée de quatre-vingt-quatre ans.

3. Le manuscrit porte vefve M. de Rannes. M. peut être là pour mar* quis, aussi bien que pour Monsieur. — Nicolas d'Argouges, marquis de Ranes, bailli et gouverneur d'Alençon en 1663 et 1665, cornette des chevau-légers de la garde en 1664, colonel général des dragons en 1669, brigadier en 1672, maréchal de camp en 1675, lieutenant général en 1677, tué le 16 juillet 1678, auprès d'Oftenbourg. Voyez son éloge dans la Gazette de 1678, p. 682, et dans la Correspondance de Bussy, tome IV, p. 159. Le Journal d'Olivier d'Ormesson (tome II, p. 284-285) parle de son mariage. On y joua l'Étourdi de Molière. — Cette famille des marquis de Ranes et de Gratot, en Normandie, était de bien meilleure souche que celle des d'Argouges de robe qtoe nous avons déjà rencontrés ; mais le marquisat ne datait que de 1672.

4. Jean-Baptiste-Armand, chevalier de Rohan, puis prince de Montauban, naquit le 28 juillet 1657, et mourut à Brie-Comte-Robert, le 4 octobre 1704. Il s'était distingué, tout jeune, à Sinzheim.

5. Lisez : 1682, comme huit lignes plus loin. — Mme de Ranes visait depuis longtemps à épouser le chevalier de Rohan, qui venait de quitter la soutane, et par qui elle espérait arriver au tabouret; mais elle trouvait de l'opposition chez les Rohan, qui prétendaient qu'étant assez âgée pour être sa mère plutôt que sa femme, elle n'apportait pas d'ailleurs assez de fortune, et avait quatre ou cinq enfants de son premier mariage. Un arrêt du Parlement lui défendit de passer outre ; mais, aussitôt que le chevalier se vit majeur, il en obtint la levée, et sa femme « s'assit » comme princesse de Rohan {Mémoires du marquis de Sourches, tome I,

1682. Montauban n'avoit point de rang, quoique sa belle-sœur

^**ïïo? fût assise, leur père vivant et point démis, par le crédit

de Mme de Soubise1, sur le même exemple de la bellesœur de Mme de Chevreuse. Le Koi disoit toujours que Monsieur lui avoit escroqué ce tabouret2; et, du tabouret, les deux frères devinrent princes comme M. de Soubise3. M. de Guémené se maria la première fois en 1678\ puis en 16795; M. de Montauban, son frère, en 1682, et n'a point laissé d'enfants0.

MM.deSoubise II est néanmoins7 vrai que Mme de Soubise, qui ja-

p. 135; comparez deux passages de la France devenue italie?ine, dans le tome III de l'édition Livet de l'Histoire amoureuse des Gaules, p. 504-505 et 507-508). Dès 1690, elle plaidait en séparation contre son mari. Saint- Simon fera, en 1704, le portrait de cette « espèce de monstre » (tome IV de 1873, p. 177-178 ; comparez les Additions indiquées ci-contre). — Les Annales de la cour pour 1697 et 1698 contiennent (tomes II, p. 176- 183) un long article sur la princesse, à propos d'une querelle entre elle et Mme de Grancey, autre favorite de Monsieur. Il y est dit que Mme de Montauban « faisoit rire Monsieur quand même il n'en eût pas eu l'envie, et elle avoit hérité cela de ses ancêtres qu'elle avoit une grande disposition pour le comique; car elle étoit fille du comte de Nogent, sœur du chevalier de Nogent qui vit encore, et dont le métier, depuis qu'il avoit quitté la guerre, étoit de faire rire le marquis de Louvois.... »

1. Les sept mots compris entre ces deux virgules sont en interligne.

2. Comparez les Additions 255, 258 et 259 (p. 428-430), un passage des Brouillons des projets sur lesquels il faudroit travailler petit à petit, tome III des Écrits inédits, p. 333, et la notice inédite du duché de Montbazon (vol. France 213), fol. 16.

3. Le paragraphe de trois lignes qui suit a été ajouté après coup dans un blanc qui restait à la fin du paragraphe précédent.

4. Dans le manuscrit, le 8 de 1678 corrige un 5, et puis corrige et en.

5. Charles III de Rohan, prince de Guémené (1655-1727), dont Saint- Simon a parlé en 1694 (tome II, p. 16, etc.), épousa : 1° par contrat du 5 février 1678, Marie-Anne d'Albert de Luynes; 2° par contrat du 30 novembre 1679, Charlotte-Elisabeth de Cochefillet de Vaucellas, fille du comte de Vauvineux. Celle-ci et le prince assistaient au mariage de Saint-Simon, comme cousins maternels de la mariée.

6. Une seule fille, Jeanne-Annande, mourut sans avoir été mariée, dit l'Histoire généalogique ; religieuse, disent les Additions. Le prince eut en outre deux bâtards, que mentionne l'Histoire généalogique.

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