Néantmoins est écrit en interligne, sur pourtant, biffé
mais ne fut refusée de rien, ne put pourtant venir à bout et comte d'une seule chose. A la promotion de 16881, le duc de £tcluZfn Montbazon2, fou depuis longtemps, étoit enfermé à Liège3. l'Ordre
1 . Il a déjà été parlé dans notre tome I, p. 322, de cette promotion de l'Ordre et des embarras qui se produisirent alors, et nous avons inséré à cette occasion une grande Addition (n° 6) de Saint-Simon au passage du Journal deDangeau concernant 1688 ; mais depuis, dans les papiers conservés aux Affaires étrangères, c'est-à-dire dans le volume des Légères notions des chevaliers du Saint-Esprit (vol. 34, aujourd'hui France 189), j'ai rencontré un historique complet de la promotion, que je crois devoir placer à l'Appendice, sous le n° XII. On y trouvera, avec plus de développements, ce qui concerne les Bouillon et Rohan. Il en est parlé en outre dans le mémoire sur les Changements arrivés à la dignité de duc et pair (1711), tome III des Écrits inédits, p. 47-49, 67-68 et 154, et dans le mémoire de 1753 contre le prince de Soubise, tome IV, p. 427-428. Le volume 33 des papiers de Saint-Simon (France 188) renferme encore, à côté des mémoires pour les princes lorrains, un long factum du prince de Soubise pour justifier sa prétention de 1688, des extraits du registre de l'Ordre, etc. Dans le volume 34, il faut signaler aussi (fol. 157-159) un « État des rangs dans l'ordre du Saint-Esprit, des auteurs en naissance, dignités, offices de la couronne, grandes charges et grands gouvernements, qui, à ces titres, ont eu des prétentions, la plupart souffertes, et quelques-unes heureuses; » puis, un mémoire sur le « Rang et ordre observé en la réception.... entre les ducs-pairs et les princes issus de maisons souveraines.... » jusqu'en 1633 (fol. 165- 169), etc. Une assez grande quantité de copies de documents relatifs à la promotion de 1688 occupe une partie des mss. Clairambault 721, 907 et 1160, et c'est peut-être à cette source que Saint-Simon a puisé.
2. Charles II de Rohan, né en juillet 1633, et qualifié d'abord comte de Montauban, puis duc de Montbazon à la mort de son père (1667), mourut dans une abbaye proche Liège, le 3 juillet 1699 : voyez Y Histoire généalogique, tome IV, p. 64, et le mémoire de 1753, tome IV des Écrits inédits, p. 429.
3. Un des pamphlets reproduits par M. Ch. Livet à la suite de l'Histoire amoureuse des Gaules renferme (tome III, p. 506-507) ce passage sur le duc Charles II : « Ce duc, après la mort du bonhomme le prince de Guémené, n'ayant pu avoir la charge de grand veneur qu'il avoit, et qui fut donnée au chevalier de Rohan, son frère, eut encore le dégoût que le Roi ne le voulut pas faire recevoir duc et pair : ce qui lui appartenoit pourtant comme aîné d'une maison qui jouissoit de cette prérogative. Le refus du Roi étoit fondé sur sa folie; mais lui, ne se rendant point de justice, il dit au Roi cent pauvretés qui, dans la bouche d'un autre,
à la promotion do 1688.
Col» ire du Roi.
Fausseté
insigne sur les
registres de
l'Ordre.
Il étoit fils du frère aîné de M. de Soubise, ce prince de Guémené, chevalier de l'Ordre en 1619, dont j'ai parlé ci-dessus4. Il ne s'étoit point démis de son duché; il étoit interdit, et par conséquent hors d'état de s'en démettre, comme de faire tout autre acte2. M. de Bouillon
auroient été fort outrageantes ; mais, le Roi ayant pris le tout de la part d'où cela venoit, il se contenta d'envoyer quérir la princesse de Guémené, sa mère, avec qui il convint de le faire enfermer à la Bastille. Au bout de quelque temps, sa prison ayant été changée en un ordre de s'en aller à une de ses terres, il se sauva en Flandres. Les Espagnols, qui connoissoient mieux son nom que sa tête, lui donnèrent de l'emploi avec une pension considérable. Cependant la campagne de Lille survint, et, le Roi s'étant approché d'Andermonde, les Espagnols lâchèrent les écluses et l'obligèrent de se retirer (1667). Le duc étoit dedans, et, voyant la retraite de notre armée, il se mit sur le rempart, et cria à gorge déployée : « Le Roi boit ! » Beaucoup d'autres folies, jointes à celles-là, obligèrent les Espagnols de le congédier. Il se retira je ne sais où, jusqu'à ce que ses parents l'eussent fait enfermer. » Les Annales de la cour pour 1698, tome II, p. 182, insinuent qu'il n'était peut-être pas assez fou pour justifier les mesures de rigueur prises par son héritier. Quoi qu'il en fût, lorsque sa mère mourut en 1685, avec deux cent mille livres de rente en terres, elle se contenta de lui faire une pension de six mille livres (il était déjà déclaré fou), et donna tout son bien à ses petits-tils (Mémoires de Sourches, tome I, p. 194, et Journal de Dangeau, tome I, p. 135). Le Roi avait fait désigner un président de la Cour des aides pour gérer ses affaires.