Victor-Amédée II
4. Ces six mots sont ajoutés en interligne. — Il s'agit du mari de la fille de Monsieur, Côme III de Médicis (tome III, p. 60).
5. Lorraine est écrit en interligne, sur Savoy e, biffé. — C'est le duc Léopold, rétabli dans ses États en 1697, et que nous allons voir épouser la dernière fille de Monsieur. Saint-Simon fit, vers 1717, sur le titre d'Altesse Royale accordé à ce prince par le conseil de régence, un article qui est dans le volume 44 de ses papiers (France 199), fol. 154-158.
6. Le signe du pluriel a été ajouté après coup. Cinq mots plus loin, il manque à leurs.
7. Charles II ou III, duc de Lorraine, épousa en 1558 Claude, fille du roi Henri II, et Henri II, leur fils, épousa en 1599 Catherine de Bourbon, sœur d'Henri IV; Emmanuel-Philibert, duc de Savoie, avait épousé en 1559 la fille de François Ier, et Victor-Amédée Ier, leur petit-fils, épousa en 1619 Christine de France, fille d'Henri IV et sœur de Louis XIII.
8. Furetière dit qu'on donne le titre d'Altesse Royale à Monsieur, frère du Roi, celui d'Altesse Sérénissime à M. le prince de Condé, et celui d'Altesse, simplement, au duc de Savoie et aux autres princes souverains. Selon Tallemant (Historiettes, tome III, p. 450), lorsque Marguerite de Rohan, fille du grand duc Henri, allait au temple de Charenton, elle se plaignait d'être étouffée par « cette foule d'Altesses de Mlle de Bouillon, de la Trémoïlle, de Turenne, etc. »
9. La Sorbonne, premier collège fondé dans le quartier de l'Université, sous saint Louis, pour servir d'asile aux pauvres écoliers, n'était devenue que plus tard une association séculière pour l'enseignement de la théologie, tel qu'on le pratiquait, non seulement au collège de Navarre, où il y avait une autre société de docteurs presque aussi fameuse, mais encore dans les collèges du Trésorier, d'Harcourt, du cardinal le Moine, des Cholets, de Montaigu, etc., ou dans les maisons religieuses,
Grand4 et, longtemps après, un autre2, tous deux de nos
comme Saint-Victor et Sainte-Geneviève. Ce qui mettait la Sorbonne au premier rang, c'est qu'elle était devenue le centre de la Faculté de théologie, que celle-ci y tenait ses assemblées mensuelles déprima mensis; que les élèves de tous les autres établissements y venaient passer leurs examens et prendre leurs degrés (ci-dessus, p. 268, note 5), et que surtout elle attirait la fleur des sujets destinés aux grandes charges de l'Église, si bien qu'on en était venu à dire couramment : « un bachelier, un docteur de Sorbonne, » au lieu de : « un bachelier, un docteur de la Faculté de Paris, » et : « étudier en Sorbonne, » pour : « étudier en théologie; » usage abusif, contre lequel Piganiol de la Force raconte que le premier président de Harlay protestait vivement. — Dans la maison de Sorbonne, on distinguait les hôtes (hospites) et les associés (socii) : les premiers venant pour achever leurs études de théologie et ayant reçu le diplôme de bachelier, puis passé un examen d'admission, la thèse Robertine, et obtenu la majorité des voix dans trois scrutins ; les seconds ayant, outre la Robertine et les examens des hôtes, subi deux autres épreuves et professé gratuitement un cours de philosophie. On ne faisait exception à cette règle que pour quelques personnes de grande extraction, qui pouvaient se faire recevoir de la société en même temps que de la maison. Aussi faut-il bien distinguer entre les docteurs ou bacheliers de la maison de Sorbonne, et ceux de la maison et société. Ces derniers seulement avaient part à l'administration de l'établissement, à la gestion des revenus, au maintien des statuts, à la discipline intérieure, etc., et pouvaient seuls être élus aux fonctions de proviseur et de prieur dont il sera parlé tout à l'heure, tous étant d'ailleurs parfaitement égaux entre eux, quels que fussent leur âge et leur dignité. Ils étaient au nombre d'une centaine environ, prélats, abbés, vicaires généraux, chanoines, curés de grandes paroisses, etc. Trente-six, comme boursiers, logeaient dans les bâtiments dus à la libéralité du cardinal de Richelieu. — Les six chaires d'enseignement qui étaient établies en dehors de la Sorbonne, dans un bâtiment « en bossage rustique » construit, ainsi que tout le reste de la maison, par le grand cardinal, étaient absolument indépendantes de la Société et ne se soutenaient que par des fondations particulières : ce qui n'empêchait pas que leur enseignement ne fut compris sous le même nom générique de Sorbonne.
1. Ce fils de M. d'Armagnac, grand écuyer, est François-Armand, né le 13 février 1665, dit d'abord le chevalier, ensuite l'abbé de Lorraine, pourvu de l'abbaye des Châteliers en 1676, puis de celle de Saint-Faron de Meaux en 1686, et de celle de Rovaumont en 1689, nommé évêque de Bayeux le 7 mai 1718, mort le 9 juin 1728. Voyez la suite des Mémoires, tomes V, p. 365-366, et XIV, p. 361-362.
2. Antres, avec 1'* bifïée. — François-Louis-Anne-Marie, dit l'abbé
jours, et qui trouvèrent ces distinctions établies en Sorbonne pour beaucoup moins qu'eux, et qui les ont eues. Le cardinal de Guise1, archevêque de Reims2, mort à la suite de Louis XIII pendant le siège de Saint-Jean-d'Angely3, n'a jamais été que sous-diacre*, et n'avoit jamais songé à entrer en licence; beaucoup moins M. de Guise de Naples5, archevêque de Reims aussi dans son enfance,
d'Armagnac, né le 23 septembre 4680, pourvu de l'abbaye de Montieren-Der en 1700, de celle de la Chaise-Dieu en 1708, et mort à Monaco le 19 octobre 1712.
1. Louis de Lorraine, troisième cardinal de Guise, né le 22 janvier 1575 et consacré malgré lui à l'Église plutôt qu'aux armes, reçut, à partir de 1594, un grand nombre de riches abbayes, et fut nommé archevêque-duc de Reims en 1605, mais ne fut jamais sacré. Paul V lui donna le chapeau en 1615. Il mourut le 21 juin 1621, ayant eu plusieurs enfants de la belle Charlotte des Essarts, comtesse de Romorantin, qu'il avait peut-être épousée secrètement. Voyez son article dans l'Histoire généalogique, tome II, p. 88-89, auquel Saint-Simon a dû se reporter pour faire, en première rédaction, la notice du duché de Guise (tome V des Écrits inédits, p. 99 et 103).
2. L'archevêché de Reims, qui donnait les titres de premier duc et pair de France, de légat-né du saint-siège et de primat de la Gaule belgique, avec six sufîragants et un revenu de cinquante mille livres environ, avait eu déjà trois titulaires de la maison de Lorraine.
3. Cette ville, un des principaux centres du protestantisme, était défendue par Benjamin de Soubise, qui fut obligé de se rendre au bout de six semaines, le 24 juin 1621. Charles IX l'avait prise de même sur les huguenots en 1569. Le cardinal de Guise mourut d'une maladie contractée au début du siège, où il s'était très bien comporté.
4. Le sous-diaconat, premier des ordres majeurs, ne devait pas être conféré avant la vingt-deuxième année; il n'empêchait pas d'obtenir une dispense pour mariage, mais était insuffisant pour parvenir à la licence. Quoique simple sous-diacre, Louis de Lorraine fut mis au nombre des cardinaux-prêtres par Paul V, et il eut, avant sa vingt-cinquième année, « tout le rang et toutes les fonctions de pair de France comme archevêque-duc de Reims. »
5. Henri II de Lorraine, dit de Naples, neveu du précédent : tome II, p. 95. H eut neuf abbayes dès l'âge de douze ans et l'archevêché de Reims à quinze, mais quitta tous ces bénéfices en 1640, lorsque la mort de son frère aîné l'eut fait hériter du titre ducal. On sait quelle vie d'aventures il mena ensuite. Son surnom vint des deux expéditions qui faillirent lui donner le royaume de Naples. Voyez sa notice dans
et qui ne l'a jamais été que commendataire1. D'autres maisons souveraines, aucun n'a été prélat en France, ni été2 en Sorbonne ; et toutes ces choses sont des faits certains.
Il faut donc dire que le cardinal de Bouillon est celui Abbé de Bouilen faveur duquel ils ont été inventés3; il étoit né en ion, devenu
* cardinal par le
l'article du duché de Guise, tome V des Écrits inédits, p. 106 et 108, et son historiette dans Tallemant, tomes III, p. 312, et V, p. 334-347.
1. Dans les anciens temps, quand un siège épiscopal devenait vacant, l'administration en était confiée au diocésain le plus proche, avec titre d'évêque commendataire. Puis l'abus s'était introduit de donner, sous cette forme, la jouissance des droits honorifiques et des revenus des évêchés, aussi bien que des abbayes et prieurés, à des personnages non revêtus du caractère sacré, ou du moins n'ayant que les premiers ordres, et ne pouvant, par conséquent, être pourvus en titre et diriger la discipline ecclésiastique ou religieuse. C'est ainsi que le bâtard Henri de Bourbon-Verneuil, ayant eu à onze ans l'évêché de Metz, l'administra de 1621 à 1652 quoique non ordonné, et qu'il conserva ensuite son abbaye de Saint-Germain-des-Prés jusqu'au jour où il épousa la duchesse de Sully.