‹ Memoires de Saint-Simon (volume 2)Chapitre 227 sur 495 · Tome I, p. 23 et Appendice, p · texte numérisé non relu

Tome I, p. 23 et Appendice, p

2. Sur le titre de comte, voyez les Projets de rétablissement du royaume de France, tome IV des Écrits inédits de Saint-Simon, p. 234-235.

3. Ibidem, p. 232-234. — On dit que la première érection de marquisat (titre d'origine germanique) fut faite en février 1505, pour Louis de Villeneuve-Trans , seigneur de Seranon, chambellan de Charles VIII et chef de la flotte qui coopéra à la conquête de Naples, en 1495, puis ambassadeur du roi Louis XII à Rome et compagnon d'armes de Gaston de Foix et de Bayart. Le premier marquisat de l'Ile-de- France, celui de Nesle, ne fut créé qu'en 1545, pour Louis de Sainte- Maure. L'enregistrement de l'érection de 1505 souffrit beaucoup de difficultés au parlement d'Aix, et les comtes qui siégeaient dans les États contestèrent la préséance au nouveau marquis. Autrement, de par l'usage général et les coutumes locales, les marquis prenaient le pas sur les comtes, et la preuve même en est dans l'abus qu'on arriva à faire de ce titre au temps de Louis XIV, où Mme de Sévigné écrivait à son cousin Bussy {Lettres, tome IV, p. 287) : « Je n'ai encore vu personne qu se soit trouvé déshonoré de ce titre (de comte).... Il n'a point été profané comme celui de marquis. Quand un homme veut usurper un titre, ce n'est point celui de comte, mais celui de marquis.... » Mme de Sévigné, dont le marquisat, d'ailleurs, ne portant sur aucune terre érigée régulièrement, n'était point reconnu par la Chambre des comptes, nous fait connaître en un autre endroit (Lettres, tome V, p. 17, et recueil Capmas, tome I, p. 410) que son gendre, voulant vendre la terre de Vénéjan, chercha à la faire préalablement décorer d'un titre de marquisat, qui eût tenté quelque acquéreur par la facilité d'en obtenir le renouvellement. Quoique le marquis fût supérieur au comte dans la hiérarchie nobiliaire, l'usage s'était introduit que presque tous les fils de comte prissent un marquisat parmi leurs titres terriens, pour s'en qua-

ou comtes, qu'ils me permettent de le dire, ont le ridicule d'être blessés qu'on leur donne1 ces titres en parlant à eux2. Il reste pourtant vrai que ces titres émanent d'une érection de terre3 et d'une grâce du Roi, et, quoique cela n'ait plus de distinction, ces titres, dans leur origine et bien longtemps depuis, ont eu des fonctions4, et que5

lifier jusqu'à la mort de leur père, et reprendre alors, plus légalement, le titre de comte. Voyez les citations curieuses de Littré, art. Marquis.

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