‹ Memoires de Saint-Simon (volume 2)Chapitre 226 sur 495 · L'apostrophe, avant arriver, manque dans le manuscrit. y · texte numérisé non relu

L'apostrophe, avant arriver, manque dans le manuscrit. y

4. Dangeau dit que les voies avaient été préparées, pour cette recon-

Presque en même temps1, c'est-à-dire le 29 mai2, Naissance de dans la matinée, Mme de Saint-Simon accoucha fort heu- mon flls aîné' reusement, et Dieu nous fit la grâce de nous donner un fils3. Il porta, comme j'avois fait, le nom de vidame de

naissance, par le nonce du Pape, dont les collègues en Pologne avaient tant fait pour l'accommodement avec le primat (ci-dessus, p. 46).

1. Cette fois, ce n'est pas Dangeau qui a fourni l'information à notre auteur, et celui-ci dut avoir quelque dépit de voir que la naissance de son héritier n'était pas consignée dans le Journal. Nous en trouvons l'annonce dans la Gazette d'Amsterdam, dont le correspondant de Paris dit, à la date du 4 août (n° lxiv) : « La duchesse de Saint-Simon est accouchée d'un fils, dont le maréchal de Lorge a été le parrain. » Ce baptême avait eu lieu le jour même.

2. Lisez : juillet. Ce lapsus est des plus étonnants, surtout après les dates qui ont été données quelques lignes plus haut, et je dois dire qu'il m'a induit à mettre mai, et non juillet (comme les généalogistes), dans le tableau de filiation des ducs de Saint-Simon, tome I, p. 415.

3. Jacques-Louis de Rouvroy, dont l'acte de baptême n'a pas été relevé avant l'incendie du dépôt des registres paroissiaux de Paris, conserva le titre de vidame de Chartres jusqu'en 1722, époque à laquelle son père, revenant avec lui d'Espagne, où il avait ohtenu la Toison d'or pour ce fils aîné, lui fit prendre le titre de duc de RufFec. Dès les premiers temps de la Régence, il avait eu la survivance du gouvernement de Blaye(21 octobre 1715), et, le 25 septembre 1717, le commandement du régiment de cavalerie de Saint-Aignan, qui reçut le nom de Saint-Simon. Le duc de RufFec ne prit séance au Parlement que le 12 janvier 1733, sur démission de son père; il fit la campagne de cette même année sur le Rhin, fut promu brigadier le 20 février 1734, mais quitta l'armée en mars 1735, pour cause de mauvaise santé, et mourut à Paris le 16 juillet 1746, dans sa quarante-neuvième année. La Gazette, à l'occasion de sa mort, lui attribua les titres de gouverneur de Blaye et de grand bailli de Senlis. Il avait épousé, le 26 mars 1727, la princesse de Bournonville (Catherine-Charlotte-Thérèse de Gramont), qui mourut le 21 mars 1755, ayant eu une seule fille, Marie- Christine-Chrétienne de Rouvroy Saint-Simon, née à Paris le 7 mai 1728, laquelle épousa, le 10 décembre 1749, Charles-Maurice Grimaldi de Monaco, comte de Valentinois, et hérita du comté de Rasse, du duché de Ruffec et de Saint-Simon, de la grandesse d'Espagne et de toute la succession de son grand-père paternel, mais mourut sans enfants, le 4 juillet 1774, dernière représentante de la branche ducale. Elle avait pris le tabouret le 4 juin 1754, et avait été nommée dame pour accompagner Madame le 27 octobre 1762. Voyez le tableau généalogique dans

Chartres1. Je ne sais pourquoi on a la fantaisie des noms singuliers; mais ils séduisent en toutes nations, et ceux mêmes qui en sentent le foible les imitent. Il est vrai que les titres de comtes2 et de marquis3 sont tombés dans la poussière par la quantité de gens de rien, et même sans terres, qui les usurpent, et par là tombés dans le néant : si bien même que les gens de qualité qui sont marquis

notre tome I, p. 415 et 427, et la Notice sur la vie et les mémoires de Saint-Simon, par M. Chéruel (1876), p. lxvii. — Les contemporains du duc de Ruffec, Mathieu Marais, le duc de Luynes, disent que c'était un homme plein de morgue, uniquement infatué, comme son père, de tout ce qui était pairie, qu'on ne savait si son silence était hauteur ou manque d'esprit, et qu'il mourut épuisé par des excès de jeunesse.

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