Cette conjonction que a été ajoutée en interligne
sèment qu'avoit eu ce livre1, et qu'il conserva toujours2.
1. S'agit-il bien de Y Instruction sur les états $ oraison que nous avons vue paraître en avril 1697, et à laquelle Fénelon avait riposté par les Maximes des saints (tome IV, p. 66 et suivantes) ? Notre auteur ne veut-il pas plutôt parler de la Relation sur le quiétisme dont il a annoncé la publication par Bossuet, si bien accueillie en juin 1698 (cidessus, p. 166)? Dangeau dit seulement, à la date du 23 août (tome VI, p. 402-403) : « Les réponses de Monsieur de Cambray aux lettres de M. l'archevêque de Paris et de Monsieur de Meaux commencent à paroître ici ; il y a déjà quelque temps qu'elles sont à Rome. La réponse à Monsieur de Paris est en latin, et celle à Monsieur de Meaux est en françois. » A la fin de 1697, Bossuet avait prouvé, par ses deux opuscules Mystici in tuto et Sckola in tuto, que la doctrine des vrais mystiques et scolastiques n'avait rien de commun avec les textes énumérés dans les Maximes des samts, et, par le Quietismus redivivus, que le livre de Fénelon reproduisait les erreurs du quiétisme. Cette polémique s'était continuée de part et d'autre par des recueils ou des lettres rendues publiques, et c'est à quoi Dangeau fait allusion ; mais le « livre » qui assura le triomphe de Bossuet en 1698 est sa Relation, à laquelle Fénelon fit effectivement une réponse peu heureuse. (Journal des savants, 1698, p. 138-139, 225-231, 281-290, 384 et 404.)
2. Fénelon avait envoyé au Pape sa Réponse à la Relation dès la fin de juillet ; mais il eut beaucoup de difficulté pour la faire imprimer, ainsi que pour en répandre les exemplaires à. la cour, des mesures sévères ayant été prises par les ministres, quoique, selon certaines personnes, l'archevêque de Paris et Bossuet lui-même eussent demandé en grâce au Roi de la laisser paraître, persuadés qu'elle achèverait de discréditer l'auteur*». L'impression eut lieu sans doute à Rouen, peutêtre par les soins du P. Tournemine, et le livre (s. 1. n. d.) commença à se débiter « sous le manteau » dans les derniers jours du mois d'août. « Ceux qui ont vu cette pièce, lit-on dans la Gazette d'Amsterdam (n° lxxi), disent qu'elle est écrite avec beaucoup de modération et qu'elle détruit diverses impressions fort désavantageuses qu'on avoit données de la conduite de ce prélat, qui nie absolument d'avoir lu les écrits de Mme Guyon cités par Monsieur de Meaux, dont les écrits ne sont pas si modérés. » Madame, au contraire, dans deux lettres du 31 août et du 21 septembre, fait connaître l'effet défavorable produit par ce nouveau livre, où, pour son propre compte, elle disait trouver tout
a C'est seulement le 8 juillet que M. d'Argenson reçut l'ordre de cesser toutes poursuites et recherches, sans qu'il y parût rien de la part du Roi, « ne devant pas empêcher Monsieur de Cambray d'écrire pendant que les autres prélats le font. » (Registres de la maison du Roi, année 1698, 0*42, fol. 116, 134-136 et 143 V.)
Monsieur de Paris avoit, quelque temps auparavant, fait une visite aux ducs de Chevreuse et de Beauvillier. Ils avoient su la belle action qu'il avoit faite à l'égard du dernier, et qui portoit sur tous les deux : ils se séparèrent donc fort contents de part et d'autre, et ils firent depuis, dans toutes les suites de cette affaire, une grande différence de lui aux deux autres prélats1.
Mort de la La duchesse de Richelieu2 mourut d'une longue, cruelle
Richelieu. e* bien étrange maladie3 : on lui trouva tous les os de la tête cariés jusqu'au col, et tout le reste parfaitement sain. Elle étoit Acigné, de très bonne maison de Bre-
très clair et très intelligible, sauf l'Avertissement ; mais on poussa Bossuet à achever d'écraser son adversaire, et il fit paraître des Remarques sur la réponse de Varchcvêque de Cambray à la Relation sur le quiétisme (Anisson, 1698, in -12), dont le Journal des savants parla avec éloges, tandis qu'il n'avait dit mot de la Réponse de Fénelon. D'Argenson fut, vers le même temps, chargé d'aller interroger Mme Guyon et ses servantes à la Bastille, sur un mémoire dressé par l'archevêque de Paris.
1. Bossuet et Godet des Marais. — L'archevêque de Paris avait fait paraître en juin une réponse très vive contre Fénelon ; mais sa modération dans la victoire et sa magnanimité envers M. de Beauvillier le rendirent suspect : on le dénonça à Mme de Maintenon comme janséniste, encourageant ou inspirant les ennemis de la bonne doctrine (Correspondance générale de Mme de Maintenon, tome IV, p. 261). Son frère, 1 evêque de Châlons, plus actif et plus ardent, examina soigneusement la Réponse de Monsieur de Cambray, et proclama qu'avec des endroits très beaux et bien écrits, il y avait beaucoup de « galimatias, » comme dans les Maximes; que c'était, en un mot, « un livre très dangereux et digne de censure. » Cette Réponse, disait-il, « est certainement éblouissante : le public en a porté un bon jugement ; j'en suis indigné. Si j'avois le temps, et que j'eusse suivi la dispute particulière, je ferois de belles notes dessus!... » (Archives de la Bastille, tome IX, p. 74.)
2. Il n'a été parlé jusqu'ici que de la première femme de M. de Richelieu, Anne Poussart de Fors, morte le 28 mai 1684. Le duc s'était remarié tout aussitôt, le 30 juillet 1684, avec Anne-Marguerite d'Acigné, qui mourut à Paris, le 19 août 1698, âgée de quarante-cinq ans, et dont le corps fut conduit le 22 aux caveaux de l'église de la Sorbonne, par un de ses parents, l'abbé de la Rochejaquelin. — Saint-Simon trouve la mention de cette mort dans le Journal de Dangeau, tome VI, p 401, à côté de l'article du curé de Seurre.
3. « Après une longue maladie, » dit simplement Dangeau; « après
tagne1 et fort proche parente de ma mère2, qui étoit issue de germaine de sa mère3, et fort de ses amies4. C'est la seule dont M. de Richelieu ait eu des enfants3.
La princesse d'Espinoy la mère6 mourut la veille ou le même jour, plus tristement encore. Elle étoit du voyage de Compiègne7, et vouloit être de celui de Marly qui le précédoit immédiatement8. Allant à Versailles pour se présenter le soir même pour Marly9, elle vint à six chevaux10 chez Mme de Saint-Simon, dont la porte étoit
De la princesse d'Espinoy douairière ;
ses enfants, ses progrès.
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avoir langui un an entier, et après avoir éprouvé tous les remèdes des médecins de la Faculté et des empiriques, » disent les Mémoires de Sourches (tomes V, p. 374 et 378, et VI, p. 57).
1. Il y en a une filiation dans l'ouvrage du frère Augustin du Paz (1620) : Histoire généalogique de plusieurs maisons illustres de Bretagne, p. 582-611. On disait que c'était un rameau des comtes de Rennes.