‹ Memoires de Saint-Simon (volume 2)Chapitre 260 sur 495 · Tous est ajouté en interligne · texte numérisé non relu

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7. Avant le second que il y a un et, qui est peut-être biffé.

8. Ci-dessus, p. 17-19, à propos de l'audience du légat Chigi. Le P. Léonard a recueilli quelques détails de plus : « En 1698, au mois de septembre, le Roi fit un camp à Compiègne. M. Delfini, le nonce du pape Innocent XII, et tous les ambassadeurs des princes étrangers pour lors à Paris voulurent y aller ; mais, comme ils prétendoicnl que le maréchal des logis du Roi marquât leur logement avec ce mot: pour, etc., ainsi qu'on fait aux princes, etc., sur les témoignages de Ferreiro, ambassa-

vie que le Roi avoit de leur étaler la magnificence de ce camp, et qu'ils crurent en pouvoir profiter pour obtenir

deur extraordinaire de Savoie, qui disoit l'avoir vu pratiquer, etc. ; mais, leur ayant été répondu par M. de Torcy, ministre et secrétaire d'État pour les affaires étrangères, qu'il ne s'en trouvoit aucun exemple dans le Cérémonial, qu'on avoit feuilleté, et que le Roi disoit qu'il n'avoit point donné cet ordre, ils n'y allèrent pas, et cela par convention faite entre eux. Au retour du Roi, sur la fin de septembre 1698, S. M., dans une audience qu'il donna à M. le Nonce, il (sic) lui témoigna en quelque façon son mécontentement de ce qu'il n'étoitpas venu au camp de Compiègne. 11 lui dit que c'étoit l'ambassadeur de Portugal qui les avoit engagés à tenir bon sur cette formalité. Ce qui a donné occasion à l'ambassadeur de Savoie de dire que ses prédécesseurs avoient eu le pour, c'est qu'il y a environ vingt-cinq à vingt-six ans que, le roi Louis XIV étant à Fontainebleau en voyage, un nommé Sipoli, qui étoit à l'abbé de Gondy (pour lors résident du grand-duc de Toscane), ne voyant point de logis marqué pour son maître à Moret, alla le demander au maréchal des logis, lequel n'avoit pas encore pu marquer tous les logis, comme cela arrive assez souvent. Ce maréchal ayant enseigné à Sipoli le logis destiné pour son maître, et même ceux des autres ambassadeurs et envoyés d'Italie qui étoient du voyage, Sipoli écrivit lui-même sur les portes des maisons désignées pour ces ambassadeurs et envoyés, afin que lui et leurs gens qui venoient pussent les reconnoître : « Pour M. le résident de « Toscane ; pour M. l'ambassadeur de Savoie, » etc. Sur ce fondement, les ambassadeurs qui étoient en France en 1698 n'avoient pas droit de demander \epour. C'est M. l'abbé de Gondy quia envoyé de Florence ce mémoire, dont Sipoli est demeuré d'accord : ce qui a fait un extrême plaisir au Roi. » (Note donnée par Thu..., dans le portefeuille des Ambassadeurs, Arch. nat., M 763.) On peut comparer le récit de Sainctot (ms. Fr. 14118, fol. 7-17; ms. Arsenal 4231, fol. 178; ms. Egerton 777, fol. 163-168, au Musée britannique), qui a été imprimé en 1739, avec la correspondance relative aux mêmes incidents, dans le Supplément au Corps diplomatique de Du Mont, tome IV, p. 84-86, et le récit de l'autre introducteur des ambassadeurs, le baron de Breteuil (ras. Arsenal 3860, p. 234), imprimé dans le Magasin de librairie, tome II, p. 611- 613, ou une lettre de l'ambassadeur Erizzo à son gouvernement (Dépêches vénitiennes, filza 191, p. 298). Saint-Simon a parlé aussi du pour dans ses Brouillons des projets sur lesquels il faudroit travailler petit à petit (vers 1711), où il dit : « Le quatrième (avantage des princes étrangers) est une invention si puérile, qu'elle ne doit pas sembler considérable, ni bien difficile à nous être semblablement accordée : c'est un mot de plus écrit sur leur logis, aux voyages, sans qu'il leur donne

logis : « Pour Monsieur un tel », ou sim- « Monsieur un tel ». Les maréchaux des

une chose nouvelle. Le Roi tint ferme ; les allées et venues se poussèrent jusque dans les commencements du voyage, et ils finirent par n'y point aller. Le Roi en fut si piqué, que, lui si modéré et si silencieux, je lui entendis dire à son souper, à Compiègne, que, s'il faisoit bien, il les réduiroit à ne venir à la cour que par audiences comme il se pratiquoit partout ailleurs1.

Le pour est une distinction dont j'ignore l'origine, mais qui en effet n'est qu'une sottise2 ; elle3 consiste à écrire en craie4 sur les plement écrire :

aucun droit ni usage d'être logés ni devant nous, ni mieux que nous.... Il seroit à désirer qu'il fût aussi accordé à tous les ducs pairs et héréditaires, plutôt que d'être ôté aux étrangers. » (Écrits inédits, tome III, p. 326.)

1. Nous avons déjà vu que, chaque semaine, le mardi, les ambassadeurs et ministres étrangers venaient rendre leurs hommages au Roi, et, ce jour-là, ils dînaient à la table du grand chambellan ; mais ils étaient reçus aussi au lever (Relation de Spanheim, p. 146-147 et 150). Ils ne venaient point à Marly.

2. Spanheim dit : « Cette distinction paroît en elle-même de peu d'importance, mais ne laisse pas d'en mettre une bien grande entre ceux qui l'ont et qui ne l'ont pas. » (Relation de la cour de France en 1690, p. 124.) Spanheim n'était pas encore venu reprendre son poste en France quand le camp de 1698 eut lieu.

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