‹ Memoires de Saint-Simon (volume 2)Chapitre 312 sur 495 · Espérance, au singulier, dans le manuscrit · texte numérisé non relu

Espérance, au singulier, dans le manuscrit

2. Chateaubriand, dans sa Vie de Rancé (p. 249), nie la possibilité de ces « ribauderies » en chiffre. Toujours est-il que le fond des accusations qui achevèrent de perdre dora Gervaise fut divulgué, au moins en gros, puisque, l'affaire finie, Dangeau la résuma en ces quelques lignes : « Le P. Agathe Ange accusé d'avoir eu une mauvaise conduite. On a recherché sa vie. L'ancien abbé, qui avoit été son meilleur ami, a cru avoir sujet de s'en plaindre. On prétend qu'il l'a convaincu sur plusieurs mauvais commerces ; on l'a ôté de la maison, et on l'envoie à Septfonds. » (Journal, 24 juin 1699, tome VII, p. 102a.) — Quant à la gravité des faits dont notre auteur fait entendre que dom Gervaise se serait rendu coupable, soit avant, soit depuis son entrée à la Trappe, on peut voir, dans la relation de la mort de dom Muce par Rancé lui-même et dans la lettre que cet abbé écrivit au même propos, vers 1694 (ms. Fr. 24123, fol. 59-61), que la Trappe donnait asile à des pécheurs vraiment couverts d'abominations; mais est-il vraisemblable que ces faits de 1698 aient pu se passer dans une maison sévèrement tenue, et qu'ensuite, maintenu provisoirement dans sa dignité et son autorité, dom Gervaise ait confié un pareil message à un porteur aussi peu discret et habile?

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