‹ Memoires de Saint-Simon (volume 2)Chapitre 326 sur 495 · Caudelel, ici comme dans les Mémoires · texte numérisé non relu

Caudelel, ici comme dans les Mémoires

la même solitude, et y a persévéré le reste de sa vie dans une grande piété et sans avoir, en aucun temps, demandé quoi que ce soit ni retourné en arrière. Mais Dieu le vengea bientôt, et se vengea soi-même. Labbe de la Chastre, avec un dehors affecté, du savoir et de l'esprit menoit une vie abominable, et n'en disoit pas moins la messe aux bonnes fêtes dans la Chapelle, après avoir passé la nuit à Paris dans la débauche. La Vrillière, secrétaire d'État, qui en fut témoin une fois, pensa le lendemain matin, tomber à la renverse en le voyant dire la messe dans la chapelle de Versailles. Cet abbé, allant dans une calèche découverte de Saint-Germain à Saint-Léger, avec Garsault, qui y commandoit le haras de Monseigneur, fut emporté par les chevaux : il se jeta et fut blessé de manière qu'il ne vécut que dix ou douze jours, sans'un moment de connoissance et dans des souffrances continuelles. Garsault mourut aussi, mais plus tôt, et eut le temps de se reconnoître.

246 et 246 bis. Les Sillery et les Puysieulx1. (Pages 85 et 80.)

8 mars 1698. — Mme de Sillery étoit une femme de beaucoup d'esprit sœur de M. de la Rochefoucauld qui figura tant par son esprit dans la minorité de Louis XIV, avec Mme de Longueville. Mme de Sillery ne se trouvent pas trop bien mariée, et ne parut point à la cour. Son beaupere Puysieulx, fils du chancelier de Sillery, et qui avoit été en si grande considération, étoit mort chassé et dépouillé de sa charge dès 4640 et sa veuve, qui étoit Estampes-Valençay, en 1677, à quatre-vingts ans, qui etoit une importante et maîtresse femme, et qui mangea pour plus de cent mille écus, à belles dents, de points » de Gênes. M. de Sillery son h s, avoit beaucoup d'esprit, mais point de conduite, se ruina, alloit a pied, et n en étoit pas moins désiré de la meilleure compagnie, mais sans cour ni guerre, et ne bougeoit de chez MM. de la Rochefoucauld tes beau-père et beau-frère. Il mourut en 1691, à soixante-douze ans,' fort retire du monde, et beaucoup à Liancourt avec sa femme, dont ■entrantes enfants, il laissa Puysieulx, qui devint chevalier de l'Ordre' 1 eveque de Soissons et Sillery, premier écuyer de M. le prince de Conti.

20 mars 1691. - Ce marquis de Sillery étoit d'excellente compagnie mais navo.t jamais été que cela. Il étoit fils de Puysieulx secrétaire

Ltat, et petit-fils du chancelier de Sillery. Il avoit épousé une sœur du

duc de la Rochefoucauld, père du grand veneur, et s'étoit ruiné. Sa

Innées56 Fetira ^ neVGU' k Liancourt' où elle vécut encore plusieurs

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