Etat de la France 1698, tome I, p. 279, 281 et
Château de Versailles, tome I, pages 222 et 312 * ; c'est la pièce qu'on appelait aussi « cabinet des Glaces, » voisine de l'ancienne chambre de Louis XIV et de la grande galerie2, où nous avons vu3 les courtisans attendre la fin de la séance. A Saint-Germain-en-Laye, la salle du Conseil était contiguë à la chambre à coucher de Mme de Montespan4; à Fontainebleau, elle donnait sur le jardin de Diane 5. Il y avait aussi une chambre du Conseil à Marly e.
Dangeau nous fait connaître l'ordre de séance des ministres7. « Le Roi, dit-il, est au bout de la table ; Monseigneur à un des côtés ; M. de Beauvillier et M. de Pomponne de l'autre côté, M. le Chancelier du côté de Monseigneur, mais laissant un siège vide entre Monseigneur et lui. M. de Torcy est au bout de la table, vis-à-vis du Roi, qui lit les dépêches des ambassadeurs, et en même temps les réponses qui ont été résolues au conseil précédent, et qu'il fait lui seul 8. » Les ministres s'assoient, ainsi qu'au conseil des finances, « parce qu'il faut être à son aise pour écrire, compter et calculer 9 ; » mais ils n'ont que des tabourets 10. Vers les derniers temps du règne, Desmaretz, devenu très goutteux et impotent, obtiendra permission de se faire apporter jusque dans le cabinet du Roi sur un de ces fauteuils auxquels on peut ôter ensuite les bâtons, les bras et le dos11.
Dans le passage du Journal dont je viens de citer un fragment, Dangeau12 dit que les membres du conseil d'État s'assoient à leur « rang
1. Saint-Simon (Projets de gouvernement du duc de Bourgogne, p. 61) demandait que les ministres et le Roi pussent se rendre au Conseil sans que personne le sût.
2. Mémoires de Saint-Simon, tomes VII, p. 225, et XII, p. 90; Mémoires du duc de Luynes, tomes I, p. 251, IX, p. 76, XIII, p. 143, XIV, p. 242, et XV, p. 313. Cette pièce servait aussi aux chapitres de l'Ordre et à des prestations de serment (ibidem, tomes X, p. 17-18, XIII, p. 189, et XV, p. 352, 413 et 416), ou bien à des audiences ordinaires (Saint-Simon, tome XII, p. 90).
3. Dans notre tome I, p. 29 et 74; c'est là que Saint-Simon fut présenté pour la première fois. Le Conseil fini, on ouvrait la porte aux entrées (Luynes, tome XIV, p. 369).