Mémoires du duc de Luynes, tome XI, p
5. Ibidem, p. 275; Journal de Dangeau, tome VI, p. 434; le Palais de Fontainebleau, par A. Champollion, p. 278 et 401. C'est aujourd'hui le Musée chinois.
6. Mémoires de Luynes, tomes II, p. 81, et XI, p. 1 14; Journal de Dangeau, tome III, p. 341, etc. En 1695, les Conseils allèrent à Compiègne (Sourchcs, tome IV, p. 448). Louis XV tint Conseil à Crécy, chez Mme de Pompadour, en 1719. On voit aussi des conseils tenus en voyage, même en carrosse.
7. Journal, tome VII, p. 148, septembre 1699. Comparez ce que propose Saint-Simon dans les Projets de gouvernement du due de Bourgogne, p. 63.
8. Comparez les Mémoires de l'abbé de Choisy, p. 579. — 9. Ibidem.
10. Sous la régence d'Anne d'Autriche, 1< »fl secrétaire! d'État seuls restaient debout (Ormesson, tomes I, p. 180, et 11, p. 125-138 et 839; Bassompierre, tomes II, p. 346, et III, p. 243).
1 1 . Mémoires du duc de Luynes, tome IV, p. 209-2 1 \ — 12. Tome VII, p. 148 .
de ministre, » c'est-à-dire suivant la date d'entrée de chacun au Conseil. Cependant l'abbé de Choisy1 rapporte qu'à la mort de Louvois le Roi prévint les ministres qu'il n'y aurait point de rang entre eux*. Sa crainte de toute apparence de premier ministre était telle, selon Gourville5, qu'il évitait avec un soin minutieux ce qui pouvait ressembler à un empiétement, une prédominance d'un de ses conseillers sur les autres ; et en effet lui-même disait, dans ses Mémoires pour l'année 1667* : « Ce qu'on appelle être gouverné, ce n'est pas toujours d'avoir un premier ministre en titre, à qui l'on renvoie ouvertement la décision de toutes •choses ; chez les esprits éclairés, c'est assez pour cela d'avoir une ou plusieurs personnes, de quelque qualité qu'elles soient, qui, séparées ou jointes ensemble, puissent nous mettre dans l'esprit ce qu'elles veulent, qui sachent, selon leurs intérêts, avancer ou reculer les affaires, et qui puissent, sans que nous y fassions réflexion, approcher de nous les personnes qu'elles favorisent, ou nous dégoûter de celles qu'elles n'aiment pas. »
Quoi qu'il en fût de ce point, on a vu5 qu'au conseil des parties, si un ministre prenait séance, ce n'était qu'à son rang de conseiller d'État et au-dessous des plus anciens.
Gourville nous a aussi transmis 6 un curieux exemple de l'attention jalouse de Louis XIV à tout voir et tout décider par lui-même : « M. de Pomponne ayant oublié de mettre dans une dépêche tout ce qui avoit été résolu, et n'ayant pas nommé quelques paroisses de Flandres au sujet des limites, M. de Louvois ne manqua pas de le relever fortement en présence de S. M. ; et, si je ne me trompe, cela fut cause que le Roi établit de faire, lire clans son Conseil les dépêches concernant ce qui avoit été résolu dans le conseil précédent. Je ne sais pas même, ajoutet-il, si S. M. n'a pas continué à le faire toujours.... » On conçoit cependant qu'il ne fût guère possible, dans une réunion telle que le conseil d'État, de faire la lecture et l'examen minutieux de toutes les dépêches reçues ou écrites en réponse ; le temps devait être plutôt réservé pour l'exposition des vues politiques du Roi ou pour leur discussion.
Enfin le même Gourville répète à plusieurs reprises que Louis XIV ne souffrait pas que personne, en dehors des délibérations du Conseil, essayât de revenir sur les décisions prises en séance. « Son intention
2. « S'étant mis au bout d'une table longue, il fit mettre Monseigneur à sa gauche, M. de Croissy à sa droite, parce qu'il a toujours des lettres à lire comme secrétaire d'État des étrangers. M. de Beauvillier prit sa place audessous de M. de Croissy, et ensuite M. le Peletier; M. de Pomponne se mit au-dessous de Monseigneur, et, au-dessous de lui, M. de Pontchartrain. »