Les mots « pour Saint-Albans » sont écrits en interligne
6. L'audience eut lieu le dimanche 19 janvier. « Il auroit souhaité, dit Dangeau (tome VI, p. 280), d'être traité avec plus de distinction que les envoyés n'en ont d'ordinaire; mais on a suivi l'usage accoutumé. » Sur les droits des envoyés, très inférieurs à ceux des ambassadeurs, voyez les mémoires de Sainctot, dans le ms. Fr. 14118, fol. 193-211 et 213-223, et dans le tome IV du Supplément au Corps diplomatique de Du Mont, p. 50-51, 11 7- 121 ; le Journal deDangeau, tomes I, p. 268, VII, p. 204, VIII, p. 213 ; les Mémoires deLuynes, tomes I, p. 403, X, p. 255, XIV, p. 191, etc.
7. Le volume 36 des papiers de Saint-Simon renferme deux mémoires sur les rangs des comtes et barons en Angleterre, et sur les « rangs observés entre les ducs, comtes, et les aînés et puînés des ducs, marquis, comtes, vicomtes et barons en Angleterre, lorsque le roi, le prince de Galles, etc., sont présents. » Pour la hiérarchie nobiliaire en Angleterre, voyez le même Supplément au Corps diplomatique, tome V, p. 481-483.
8. Louise-Renéc de Penancoët de Keroualle, issue d'une famille bretonne et née en 1649, parut pour la première fois à Londres en 1670, comme fille d'honneur de Madame Henriette, lorsque cette princesse alla
et le duc de Richemont1, son fils, duc et duchesse à brevet2, et accordé un tabouret de grâce, en passant, à
négocier pour la France. Elle y fit dès lors, prétendent certains historiens, la conquête du roi Charles, fut rappelée par lui peu après la mort de Madame et placée auprès de la reine Catherine de Portugal, comme fille d'honneur, puis dame du palais, devint officiellement la maîtresse du roi, fut créée par lui, en 1673, baronne de Petersfield, comtesse de Farncham et duchesse de Pendennyss, puis de Portsmouth, et, quand elle vint s'établir en France, elle obtint l'érection de la terre d'Aubignv en duché non enregistré, comme il va être dit. Elle mourut à Paris, le 14 novembre 1734. On peut voir ses titres tout au long dans l'État de la France ou dans l'Histoire généalogique. M. Henri Forneron vient de publier une étude sur elle dans la Revue historique, mai-octobre 1885.
1. Charles Lennox, né à Londres le 11 juillet 1672, créé duc de Richinond (dans l'Yorkshire), comte de March, etc., en 1675, fait chevalier de la Jarretière en 1681, grand écuyer du roi son père le 14 décembre 1681, et grand amiral d'Ecosse, perdit ses charges à la mort de Charles II, passa alors en France, où il venait d'être naturalisé (enregistrement du 22 janvier 1685), et abjura la religion protestante entre les mains de Bossuet le 21 octobre suivant, mais quitta, en 1692, la cornet une compagnie de cavalerie qui lui avait été donnée avec vingt mille livres de pension, pour repasser en Angleterre et se mettre sous les ordres du prince d'Orange, à côté duquel il combattit à Steinkerque et à Nerwinde. Il devint son grand écuyer, se maria, fit retour à la religion anglicane, eut plus tard une charge de gentilhomme de la chambre sous Georges Ier, et mourut le 7 juin 1723, à Goodvvood.
2. La duchesse de Portsmouth, en récompense des services qu'elle avait rendus à la France, et sur la prière même de Charles II, eut, dès le mois de décembre 1673, des lettres de don de la terre ducale d'Aubign y-sur-Nère. revenue au domaine par la mort du dernier descendant de Jean Stuart, connétable d'Ecosse, qui l'avait reçue du roi Charles VII. En janvier 1684, cette terre fut érigée en duché pour elle et tel de ses enfants que désignerait le roi d'Angleterre ; mais les lettres ne furent enregistrées, ni pour la duchesse, ni pour son fils, qui quitta la France huit ans plus tard. Les pièces relatives au duché sont au tome V de l'Histoire généalogique, p. 919-925. Dans un voyage fait en France en 1682, sous prétexte d'aller aux eaux de Bourbon, la duchesse avait eu le tabouret et les honneurs du Louvre, ce qu'elle briguait par-dessus tout depuis dix ans ; de même, lorsque Jacques II vint s'établir à Saint-Germain, la reine sa femme la « fit asseoir » (Journal du P. Léonard, ms. Fr. 10 265, fol. 10 ; Mémoires de Sourches, tome I, p. 91 et 92; Journal deDangeau, tome II, p. 290 et 295). Enfin, quand son (ils abjura, devant le Roi et toute la cour, entre les mains de Bossuet, celui-ci le traita de
la duchesse de Glevcland1, maîtresse de Charles II, son ami; la duchesse de la Force"2, retirée en Angleterre pour la religion, et, avant elle, la duchesse Mazarin3, fugitive de son mari et fixée en Angleterre, y avoient obtenu le rang des duchesses ; mais ce sont des grâces particulières qui ne tirent point à conséquence pour le général*.
prince dans son discours : ce que blâme Saint-Simon, car, dit-il, « en Angleterre, il n'y a point de princes, même du sang, passé l'arrière-petitfils du roi. » (Dangeau, tome I, p. 236, avec Addition de Saint-Simon.) Voyez l'article consacré par notre auteur à Mme de Portsmouth, comme duchesse d'AuBiGNY, et à son fils, tome IV des Écrits inédits, p. 485-487.
1. Barbe Villiers, fille du vicomte Grandison, mariée à Roger Palmer, devint la maîtresse de Charles II peu après 1661. et quitta son mari, qui fut cependant créé comte de Castlemaine, en Irlande. En 1670, elle reçut les titres de baronne de Nonsuch, comtesse de Southampton et duchesse de Cleveland. En 1672, ayant mis au monde une fille qui passait pour être de Churchill, plus tard duc de Marlborough, le roi rompit avec elle. Devenue veuve en 1705, à l'âge de soixante-cinq ans, elle épousa l'aventurier Fielding, puis divorça pour bigamie, et mourut enfin le 9 octobre 1709. — Sur sa venue en France en 1670, voyez les Lettres de Colbert, tome VI, p. 276, 278 et 280; sur un autre voyage de 1676, l'étude indiquée de M. Foineron, où il est beaucoup parlé d'elle, et, sur une troisième visite, de l'année 1678, où elle se trouva en rivalité avec la Portsmouth, les Mémoires de Jean Rou, tome I, p. 142-147.
2. Suzanne de Beringhen, seconde femme de Jacques-Nompar de Caumont, duc de la Force (tome II, p. 18), mariée à Charenton le 12 mars 1673, et morte à Londres le 25 mai 1731. Nous dirons ailleurs quelles rigueurs furent exercées contre elle jusqu'à ce que la mort de son mari, en 1699, lui permit de gagner l'Angleterre.
3. Hortense Mancini, l'une des cinq nièces du cardinal Mazarin, née vers 1643, mariée le 1er mars 1661 à Armand-Charles de la Porte, duc de la Meilleraye, qui devint duc Mazarin de par le testament du cardinal, et morte en Angleterre le 2 juillet 1699. Sa beauté hors ligne, qui subsista jusqu'au dernier jour, sa vie aventureuse, ses succès à la cour de France, où elle attira les regards de Louis XIV jeune, et surtout en Angleterre, où elle conquit Charles II, puis le délaissa pour M. de Monaco, ses relations familières avec Saint-Évremond, Saint-Réal, etc., sont bien connus. Voyez les Nièces de Mazarin, par Am. Renée, p. 362 et suivantes, l'étude de M. Forneron sur la duchesse de Portsmouth, et la suite des Mémoires, tome II de 1873, p. 214.
4. Général « se dit collectivement pour signifier l'universalité. » (Furetière.)
Ce duc de Saint-Albans fut le précurseur du comte de [Add. &S. 242] Portland, à l'arrivée duquel il prit congé. J'ai déjà assez parlé1 de ce favori pour n'avoir pas besoin d'y rien ajouter. Les mêmes raisons qui l'avoient fait choisir pour conférer avec le maréchal de Boufïlers 2 le firent préférer à tout autre pour cette ambassade. On n'en pouvoit nommer un plus distingué. Sa suite fut nombreuse et superbe, et sa dépense extrêmement magnifique en table, en chevaux, en livrées, en équipages, en meubles, en habits, en vaisselle et en tout, et avec une recherche et une délicatesse exquise 3. Tout arriva presque au même temps, parce que le comte vint de Calais dans son carrosse, à journées*, et reçut partout toutes sortes d'honneurs militaires et civils5. Il étoit en chemin lorsque le feu prit à Whitehall6, le plus vaste et le plus vilain palais de l'Eu-
1 . Après parlé, le manuscrit porte une lettre /, précédée d'un point et corrigée en d.