‹ Memoires de Saint-Simon (volume 2)Chapitre 418 sur 495 · MALES ET FEMELLES DES BRANCHES DUCALES DE LA MAISON DE ROHAN · texte numérisé non relu

MALES ET FEMELLES DES BRANCHES DUCALES DE LA MAISON DE ROHAN

BRANCHE DE GYÉ,

cadette de toutes, mais aînée en biens de la maison par l'héritière

de la branche aînée.

« Le premier due de Rohan :

« Henri, né....

de René, vicomte de Rohan, arrièrepetit-fils du maréchal de Gyé, et de Catherine, héritière de Parthenay, fille de Jean l'Archevêque, colonel général des Suisses et Grisons, fait duc et pair de France, célèbre par ses exploits et sa science militaire, par son adresse, sa politique, son courage à soutenir le parti des huguenots sur le penchant de sa ruine, grand en paix et en guerre par son habileté dans les négociations, par sa prudence, par sa fermeté, par sa conduite contre et pour l'État, qu'il servit bien en son ambassade en Suisse et à la tête de son armée en Valteline; non

« Mademoiselle de Sully...., fille du célèbre MaximiliendeBéthune, premier duc de Sully, marquis de Rosny et si connu sous ce nom, pair et grand maître de l'artillerie de France, en faveur duquel cette charge fut érigée

en office de la couronne , ministre d'État, surintendant des finances, qui les rétablit, principal confident de toutes les affaires d'Henri IV, assassiné en l'allant voir à l'Arsenal ; depuis, retiré à Sully, maréchal de France...., mort ....; et de

...., mariée ,

morte sans2 laisser qu'une fille unique.

« Sœurs et frère sans postérité du premier duc de Rohan :

« M. de Soubise, Benjamin, né en ...., célèbre à la tête des factions d'État et du parti huguenot sous son frère, général de terre et mer des Rochellois, illustré par sa défaite en l'île de ... . par Louis XIII en personne, qui, sentant le péril extrême que couroient des troupes envoyées dans un lieu1 que le flux de la mer enfermeroit dès qu'elles y seroient passées, et où, par conséquent , il falloit se résoudre à vaincre ou à mourir, les conduisit sans rien dire jusqu'à ce qu'il fût question de passer avec elles. Alors les siens s'aperçurent de son dessein, lui firent toutes les instances et les remontrances à eux possibles, sans le pouvoir détourner de sa résolution. Enfin ils lui dirent, en dernière ressource, que c'étoit, comme il étoit vrai, envoyer des troupes à la boucherie : à quoi il leur répondit froidement qu'il le voyoit aussi bien qu'eux, mais que, dans la nécessité de le faire, il ne convenoit pas à un roi de les y envoyer, mais bien de les y mener; ce qu'il fit du même pas, combattit gaillardement à leur tête, et en eut la victoire entière et la fin de cette

faction M. de Soubise, qui n'a

jamais été connu que sous ce nom, sans titre, n'eut jamais ni dignité ni rang, et mourut sans alliance....

1. Lieu est écrit en interligne. — 2. Le mot sans est répété deux fois.

moins illustre par ses écrits, sa probité, ses vertus et sa piété dans sa secte ; mal tou jours avec le maréchal de Bouil Ion, dont il se défioit pour le parti huguenot ; très uni à son beau-père, qui le porta à la cour, et les siens, de toute sa puissance ; mort des blessures reçues à la première batailledeRhinfeln*, 1638, et porté à Genève. Il ne laissa qu'une fille unique, héritière de tous ses biens et de sa dignité.

« La duchesse de Rohan :

«Marguerite, née ...., qui porta tous ses biens, avec sa dignité,à son mari, 1645, avec charge pourjuietpour sa postérité du nom etarmes de Rohan; morte 1684. Cette brancheétantainsi fondue, avec l'obligation susdite, en la maison de Chabot, on n'en parlera plus, sinon

« M. le comte Chabot :

« Henri, né...., marié 1645, obtint lettres de continuation de pairie en sa faveur, et de sa postérité masculine seulement, avec rang nouveau du jour de l'enregistrement, 1652 ; mort gouverneur d'Anjou et chevalier du Saint-Esprit,1655, à trenteneuf ans, laissant

« La duchesse des Deux-Ponts :

Catherine, née . . . . , mariée , première femme de Jean, comte palatin de Bavière, morte .....

« Mlle de Rohan : Anne, née ...., célèbre pour son savoir, ses écrits, sa vertu et sa piété dans sa secte, son attachement et la figure qu'elle fit dans le parti huguenot, sa constance à souffrir les plus terribles extrémités de la faim dans la Rochelle et à l'inspirer à Madame sa mère et à Madame sa belle-sœur, qui en donnèrent l'exemple plus effectif que les princesses lorraines ne firent pour la Ligue en pareil cas dans Paris, par son opiniâtreté semblable à la leur à animer le courage des Rochellois à ne se jamais rendre, par sa férocité, qu'elle inspira à Madame sa mère et a Madame sa belle-sœur, de ne vouloir point être comprises dans la capitulation, et d'être plutôt prisonnières : ce qui leur arriva, Louis XIII ayant enfin pris la Rochelle en personne et dompté jusqu'aux éléments pour faire triompher la religion de l'hérésie, dont l'entier accomplissement, arrivé de nos jours en France, n'a été que le fruit de ses travaux incomparables.

« C'est en la personne de cette Mademoiselle de Rohan qu'ont commencé les distinctions qui se sont depuis multipliées dans cette maison* en la branche de Montbazon et en celle de Soubise, sortie de celle de Montbazon. Le duc de Rohan, M. de Soubise, son frère, et

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