Ces deux mots sont en interligne
2. Après duchesse, Saint-Simon avait écrit : espousa M. de Guise, qu'il a «nsuite biffé.
Xî
C'est dans l'ancienne antichambre de la reine Marie-Thérèse2 qu'on a, non sans intention, placé le seul portrait que le musée de Versailles possède de Mme de Soubise5, à côté de ceux de Mlle de la Vallière et de Mmes de Montespan et de Maintenon, faisant face tous les quatre au Louis XIV peint sur un cheval blanc par Ch. Lebrun. Cette toile, très mal éclairée, est un peu moins insignifiante que tant de portraits de femmes de la fin du dix-septième siècle4. En regardant de près la peinture et comparant les détails avec différents passages des Mémoires où Saint-Simon a décrit le genre de beauté de la mère du cardinal de Rohan, on arrive à accepter comme authentique l'inscription tracée sur la toile même : Anne Chabot de Rohan, princesse de Soubise. Les cheveux, sont, sinon d'un roux rutilant, au moins d'un bl®nd douteux8 (il faut tenir compte du mauvais état du tableau). Le visage est charmant de forme et de teint; les yeux, d'un brun clair, paraissent un peu petits et bridés, mais fort brillants ; les joues, les épaules et les bras ont bien ce frais embonpoint, ces tons unis sous lesquels, si l'on en croit notre auteur, se cachaient les vices du sang. La parure de perles et de pierres précieuses fait penser aux émeraudes qui annonçaient, disent certains contemporains, qu'une rencontre était possible entre les deux amants; toutefois, dans le portrait, les pendants d'oreilles ne se composent que de grosses perles.
Éblouissante et fort coquette de sa personne, Anne de Rohan ne pouvait échapper à la médisance, non plus qu'aux tentatives des courtisans; il semble cependant que, pendant les premiers temps de l'union qui s'était conclue sous les auspices de l'abbé de Rancé6, son attitude imposa le respect même aux plus amoureux, même au plus irrésistible7. Certain pamphlet galant prétend qu'elle aurait fait une tentative sur le Roi en 1665, alors qu'il sortait de maladie, et l'auteur, qui met aussi
i. Ci-dessus, p. 255 et suivantes.