‹ Memoires de Saint-Simon (volume 2)Chapitre 439 sur 495 · Voyez notamment la lettre du 11 septembre · texte numérisé non relu

Voyez notamment la lettre du 11 septembre

9. Mémoires sur Mme de Sévigné; continuation par Aubenas, tome VI, p. 185.

place, mais avec la Reine, qui l'associait à son jeu et le lui faisait même tenir pour elle pendant les prières1. Le • pénétrant courtisan » s'attendait à voir quelque crise se produire pendant un voyage de Quanto aux eaux de Bourbon; mais Quanto revint, peut-être ayant hâté son retour, et tout rentra dans l'ordre. Le 19 août, Mme de Sévigné écrit2 : « On me mande que la belle madame a reparu dans le bel appartement comme à l'ordinaire, et que ce qui avoit causé son cha- .grin étoit une légère inquiétude de son ami et de Mme de S***. Si cela est, on verra bientôt cette dernière sécher sur pied ; car on ne pardonne pas seulement d'avoir plu5. » Puis, le 2 septembre4 : « La vision de Mme de S*** a passé plus vite qu'un éclair; tout est raccommodé. Quanto, l'autre jour, au jeu, avoit la tête toute appuyée familièrement sur l'épaule de son ami; on crut que cette affectation étoit pour dire : « Je suis mieux que jamais. » Mme de Maintenon est revenue de chez elle; sa faveur est extrême.... » C'est de ce côté-là, bien évidemment, que les clairvoyants pressentaient un « changement de théâtre 5. » Quant à Mme de Soubise, elle est partie pour aller en Beauce, au château de Lorge : « Ce voyage fait grand honneur à sa vertu ; on dit qu'il y a eu un bon raccommodement6, peut-être trop bon.... » Elle « est partie avec beaucoup de chagrin, craignant bien qu'on ne lui pardonne pas l'ombre seulement de sa fusée; car ce fut une grande boucle tirée lorsqu'on y pensoit le moins qui mit l'alarme au camp7. » La « grande boucle tirée » a paru aux commentateurs être une allusion aux pendants d'oreilles d emeraude que la princesse arborait bien en vue, selon Mademoiselle et Mme de Caylus, pour annoncer l'absence de son mari et offrir ou accepter un rendez-vous. Mme de Caylus dit à ce propos : « Le Roi n'étoit point l'homme le plus fidèle en amour, et il a eu, pendant son commerce avec Mme de Montespan, quelques autres aventures galantes, dont elle se soucioit peu, et elle n'en parloit que par humeur ou pour se divertir. Je ne sais pourtant si Mme de Soubise lui fut aussi indifférente, quoiqu'elle parût ne pas s'en soucier. Mme de Montespan découvrit cette intrigue par l'affectation que Mme de Soubise avoit de mettre certains pendants d'oreilles d'énjeraude les jours que M. de Soubise alloit à Paris. Sur cette idée, elle observa le Roi, le fit suivre, et il se trouva que c'étoit effectivement le signal du rendez-vous. Mme de Soubise avoit un mari qui ne ressembloit pas à celui de Mme de Montespan, et pour lequel il falloit avoir des ménagements8.... »

Mme de Sévigné ne va pas si loin, n'est pas si affirmative, car elle

1. Lettres de Mme de Sévigné, tome IV, p. 535 et 544.-2. Tome V, p. 25-26.

3. Est-ce une allusion aux opérations magiques d' « envoûtement, » auxquelles on sait que Mme de Montespan fut accusée d'avoir recouru?

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