‹ Memoires de Saint-Simon (volume 2)Chapitre 457 sur 495 · Ci-dessus, appendice IX, p · texte numérisé non relu

Ci-dessus, appendice IX, p

6. Additions 13 et 14 dans notre tome I, p. 351-353. — 7. Ibidem, et p. 85.

irréprochable. Cette société de femmes qui paraient leurs vices de politesse et d'élégance, et dont la principale occupation était de semer des bruits odieux ou ridicules, n'a pas été sans influence sur Saint-Simon. Sa causticité naturelle s'est aiguisée à leur contact1. »

Quant aux lettres de Mme de Sévigné, j'en ai reproduit tous les passages dont Saint-Simon a pu faire son profit, ou plutôt qu'il a commentés, et j'ai rapproché de ces textes les dires d'autres contemporains qui sont également à la charge de M. et de Mme de Soubise. Ajoutonsen encore un, qui ne laisse pas d'avoir un caractère particulier de gravité ; c'est celui de Madame, écrivant longtemps après : « Mme de Soubise était fine, dissimulée et très méchante ; elle a pitoyablement trompé la bonne Reine ; mais la Reine l'a bien jugée, car elle a mis au jour toutes ses faussetés, et l'a, pour ainsi dire, démasquée devant tout le monde2. »

Maintenant il est de toute justice que nous cherchions si, à défaut de preuves, — elles se trouvent bien rarement en matières de ce genre, — il n'existe pas des témoignages à décharge qu'on puisse mettre en regard des accusations et des réquisitoires. Je ne parlerai ni du Dictionnaire de Moréri, qui rend hommage à « la vertu et au mérite très distingué » de Mme de Soubise, ni des Mémoires du marquis de Sourches, dont l'annotateur la qualifie, comme beaucoup d'autres, « une des plus belles et des plus vertueuses femmes de son temps3. » Mais je constaterai que des écrivains dont les pareils sont peu bienveillants d'ordinaire pour les beautés de la cour, chansonniers et pamphlétaires, disent tout le contraire de ce que sous-entendait Mme de Sévigné et de ce que Saint- Simon a si hardiment affirmé. Des couplets de « logements » qui datent de l'année 1677 environ placent Mme de Soubise :

Au Roi priant, rue du Temps perdu, avec cette enseigne :

Tel cuide avoir des œufs au feu, qui n'a que des écailles.

Ou bien : A la Bonne foi, rue de Béthisij.

Plus de bruit que de besogne.

11 est vrai que, plus loin, on loge le mari :

Au Mal coiffé, rue Jean-Beausire, avec cette enseigne :

// n'est pire sourd que celui qui ne veut entendre*. Mais nous reviendrons tout à l'heure sur M. de Soubise ; retenons seu-

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