Bibl. nat., factums in-folio, F
ments, et qui se termine comme il suit, en forme de péroraison pathétique : « Aut charitate fretus, aut amicitia motus, aut importunitate pressus,aut authoritati et dignitati parens,scientia medicinae utitur gratis, generose et sine ulla remunerationis spe, tantum mœrens non posse utique pretiosissima pharmaca tantis laboribus, tantis a;rumnis, tanto tempore tantisque dispendiis ex proprio cerebro deprumpta et confecta, etiam gratis et generose omnibus ipsis indigentibus exhibere, prout quamplurimum exhibet.... »
Sur la marge du fragment de ce factum conservé au Cabinet des titres, en regard des phrases qu'on vient de lire, une plume indignée, celle de Charles-René d'Hozier, a écrit : « Cette fin-là est bien insolente. Bien loin que cet homme-là fasse la médecine, comme il le dit ici, gratuitement, jamais on n'a fait payer aussi cher, et d'avaLce, les drogues qu'il distribue, et qui sont toujours nuisibles au moins, quand elles ne sont pas mortelles à ceux qui ont la foiblesse d'y croire et de s'en servir. »
D'Hozier a mis encore cette note sur la première page du Sommaire françois* : « Célèbre imposteur en médecine, qu'il exerce hardiment sur la vanité du nom qu'il usurpe, qui fait qu'on lui paye très chèrement des remèdes hasardeux, qui, avec le front d'un saltimbanque (qui est la première profession qu'il a exercée), a tellement surpris la crédulité du monde, qu'on ne se tient pas assez tôt tué, si on ne l'appelle pour abréger plus promptement le fil de sa vie. »
Et sur un tableau de filiation adjoint au factum latin : « C'est cet imposteur qui, sous le nom fastueux et supposé du marquis de Carretto, s'est venu montrer à Paris en 1695, comme un autre Esculape; et, dans cette prévention que quelques grands ont eue de sa naissance et de son habileté surprenante, il a trompé, fourbe, séduit et pillé bien des personnes qui ne se sont pas trouvé (sic), par ses prétendus remèdes, avec plus de santé et de soulagement qu'ils en avoient avant de s'être livréssans examen et sans connoissance à ce saltimbanque. »
On peut s'en tenir au jugement de d'Hozier. Cependant, pour compléter notre commentaire sur ce personnage, qui, véritable prototype de l'empirisme du dix-septième siècle, mériterait d'avoir un jour la place d'honneur dans quelque continuation des Médecins au temps de Molière, j'aurais voulu dire ce qu'il advint réellement de ses revendications en Toscane et par quels prodiges d'audace il put se faire mettre en possession de l'héritage de sa famille maternelle ; mais les questions que j'ai posées sur ce point aux érudits de Florence, par l'intermédiaire de mon confrère Paul Meyer, n'ont point eu de réponse jusqu'à ce jour.
Du reste, le nom dont il se parait semble avoir fourni bien des aventuriers dans ces dernières années du dix-septième siècle. Ainsi je trouve que, au cours de l'été de 168o, un Caretto ou Caretti, soi-disant
1. Un autre exemplaire, au département des Imprimés, factums in-folio» F5 2967, porte des notes manuscrites sur les faussetés les plus flagrantes.
-envoyé du duc de Savoie, et qui avait déjà eu maille à partir avec la cour impériale, fut arrêté à Strasbourg et amené à la Bastille, puis au Forl'Évêque, d'où il dut être expulsé ou renvoyé à Turin entre les mains de Victor-Amédée (Nouvelles extraordinaires du jeudi 20 septembre 1685 ; Archives de la Bastille, tome VIII, p. 370-371). Ce Caretto ne saurait être notre empirique, puisque celui-ci, à la même époque, traitait le jeune Bréauté (Mémoires du marquis de Sourches, tome I, p. 315). Onze ans plus tard, M. de Pontchartrain écrit à la Reynie (5 juin 1696, Arch. nat., 01 40, fol. 187) : « Il faut faire exécuter les édits et déclarations à l'égard de Carette comme on pourroit faire à l'égard de tous autres, et il ne mérite aucune distinction ni faveur particulière. » Nous avons vu qu'à cotte époque l'empirique était à Paris, quoique Mme de Sévigné (Lettres, tome X, p. 162, 166, 168, etc.) dise qu'il avait quitté ses malades dès 1694 pour aller reconquérir sa « souveraineté; » mais il peut s'agir aussi d'un marquis François Caretti, qui, en mai 1697, poursuivi par l'Inquisition pour avoir quitté le froc et épousé trois femmes, toutes trois en vie, fut arrêté à Florence, malgré les passeports du Grand-Duc et sa protection (Gazette d'Amsterdam, n° xlv ; Gazette de Leyde, correspondance de Paris, 31 mai 1697). L'année suivante, ce marquis passa de Turin, « où il n'avoit pas voulu vendre à S. A. R. quelques fiefs impériaux qui lui appartenoient, et qui avoient été ruinés par les troupes de Savoie pendant la guerre, » à Gênes, puis de là à Milan, et M. de Vaudémont le livra au Grand-Duc en octobre : « ce qui donne mauvaise opinion du sort de ce prisonnier. » (Gazette d'Amsterdam, n0i xlvii et xc, correspondances de Milan.) Dix ans auparavant, les prisons du duc de Savoie, à Miolan, renfermaient un autre personnage de même nom, le marquis Alexandre del Carretto, coupable d'avoir levé des soldats au profit des Vénitiens ; et enfin, en 1698, un certain Charles-Constant del Carretto, marquis de Montfort, était prisonnier dans ce château. (Miolan prison d'État, par MM. Aug. Dufour et Fr. Rabut, p. 153 et 175.)
Page 183, fin de note. Ajoutez : « Il existe aussi un mémoire, non terminé, du chevalier Blondeau de Charnage (mort en 1776), sur le Rang de la maison de Rohan, mémoire favorable aux prétentions de cette maison, dans le volume 2531 des Pièces originales du Cabinet des manuscrits, fol. 461-492. »
Page 204, ligne 11. Effacez le trait d'union entre Astarac et Grailly- Foix.
Page 214, note 5. Ajoutez cette autre rédaction inédite, tirée de la notice du duché de Montbazon (Dépôt des affaires étrangères, vol. France 213, fol. 11 v°) : « Ce fut une femme forte et illustre, qui se rendit célèbre à la tête du parti huguenot par sa capacité et par un courage fort au-dessus de son sexe, et dont la fermeté, poussée jusqu'à la férocité et parfaitement secondée par ses deux filles, fit supporter aux Rochellois assiégés par Louis XIII les dernières extrémités «le la guerre et lea plus horribles extrémités de la famine, par une opiniâtreté sans égale et par un exemple si entier, qu'après avoir mangé les rats, les
souris et ce qui répugne le plus à la nature, elle en vint en effet aux: cuirs de son carrosse. Tant de fureur mêlée de tant de vertu, quoique aveugle et rebelle à Dieu et à son roi, trouva grâce devant le vainqueur des hommes et des éléments. La conquête delà Rochelle, qui fut l'étonnement des nations, ne fut pas moins l'ouvrage de son bras que de sa tête. Sa juste vertu se complut à la clémence et aux grâces, même envers une vertu injuste et destituée de toute autre ressource. Mme de Rohan fut traitée avec bonté et distinction par Louis XIII, et même avec toute sorte de considération. Elle se retira en son château du Parc, où elle ne put survivre trois ans aux désordres et à la chute du parti huguenot, qu'elle voyoit imminente. Elle y mourut dans ce Poitou, son nourricier, le 26 octobre 1631, à soixante-dix-sept ans. »
Page 215, note 1. Ajoutez : « Comme le Dictionnaire de Morêri le rappelle, ce fut Anne de Rohan que le roi Henri IV choisit pour mener sa sœur Catherine au duc de Lorraine et de Bar, en 1599. »
Page 217, note 1. Une copie du contrat de mariage du duc de Rohan se trouve dans les papiers de dom Morice, ms. Fr. 22 343, fol. 116.
Page 222, note 2. Ce n'est pas Sully, mais la comtesse de Panjas1, dame d'honneur de la duchesse de Bar (ci-dessus), qui, selon les Mémoires historiques, politiques et littéraires d'Amelot de la Houssaye (tome H, p. 75), aurait obtenu cette faveur pour les sœurs d'Henri de Rohan. « Madame, dit-elle à sa maîtresse, je m'étonne que vous ne fassiez pas plus d'honneur à Mlles de Rohan, qui sont vos plus proches parentes et qui vous font la cour avec tant d'amour et de respect, qu'à beaucoup d'autres personnes qui leur sont bien inférieures en naissance. Il me semble que vous devriez les traiter avec distinction et commencer par les faire asseoir. » La princesse y consentit avec plaisir.
Page 226, note 4. Ajoutez : « L'abbé de Dangeau a fait une notice statistique sur le duché de Montbazon, dont un exemplaire imprimé se trouve au Cabinet des titres, dossier Rohan 15 190, fol. 281-283, à côté des lettres d'érection en duché. »
Page 231, note 5. Ajoutez : « Le château de Dampierre, qui vint aux Luynes par héritage de Mme de Chevreuse, possède encore le portrait que Ferdinand Elle peignit d'elle, et dont Victor Cousin a parlé. »
Page 238, note 3. Ajoutez : « Au dix-huitième siècle, selon Expillyr gentilhomme se disait du fils d'un anobli, comme demoiselle de sa fille.»
Page 240, note 2. Ajoutez : « Dans une lettre de 1708, nous trouvons cette expression : « L'état où il est.... rend la demande.... très « favorable. » (Correspondance des Contrôleurs généraux, tome III, en cours d'impression, n° 133.) Rulhière parle, dans ses Éclaircissements sur la Révocation, 1" éd., 1788, p. 38, des « choses que, dans le lan- « gage de la jurisprudence, on appelle favorables. »
1. Jeanne du Monceau de Tignonville, fille de la gouvernante de Catherine de Bourbon, et mariée en 1581 à François-Jean-Charles de Pardaillan, comte de Panjas, chambellan et gouverneur du pays d'Armagnac. Amelot de la Houssaye a écrit : Pangeac.
Page 249, note 1. Nous avons déjà rencontré l'expression : prendre récompense d'une charge, ci-dessus, p. 436, note 3.
Page 254, note 6. Ajoutez : « Le prince de Soubise fit retirer le corps de sa belle-mère du cimetière de Charenton, en octobre 168& (Arch. nat., 0* 29, fol. 474). »
Page 259, note 3, ligne 6. M. de Ranes, étant âgé de vingt-huit ans lors de son mariage (Pièces originales, vol. 91, Argouges, fol. 156-158), devait en avoir quarante-deux lorsqu'il fut tué.
Page 267, note 2, ligne 11. La transaction de 1601 donna lieu à des contestations sur lesquelles on peut voir le tome IV du Supplément au Corps diplomatique de Du Mont, p. 372-376.
Page 272, note 5. Saint-Simon avait aussi (n° 696 du catalogue de ses .ivres) un recueil, en quarante-deux volumes in-8°, de pièces servant à l'histoire de France pendant la Ligue et pendant les guerres civiles du règne de Louis XIII.
Page 274, note 8. Sur les différents emplois du titre d'Altesse royale suivant les temps, voyez le Cérémonial de Sainctot, ms. Fr. 14117, p. 77 (imprimé dans le tome IV du Supplément au Corps diplomatique, p. 7), les Mémoires d'Amelot de la Houssaye, tomes I, p. 54-61, et II, p. 356, et les citations du Dictionnaire historiqtie de l'Académie française, au mot Altesse.
Page 275, fin de note. A propos de la Sorbonne et des thèses sorboniques, on doit rappeler que Bossuet, ayant commencé sa thèse à la Sorbonne, et se trouvant interrompu par suite de dissentiments entre les docteurs de cette maison et ceux du collège de Navarre, alla l'achever aux Jacobins, dans la grande salle des écoles de Saint-Thomas (9 novembre 1650). Mais, pour obtenir la validité de cet acte, il lui fallut un arrêt du Parlement, qui, sans tirer à conséquence pour l'avenir, et en raison de la suffisance exceptionnelle du candidat, l'exempta de faire de nouveau sa sorbonique.
Page 289, note 6. Ajoutez : « Le texte des lettres de Pontchartrain à la princesse de Soubise est transcrit dans les Preuves de dom Morice, d'après l'original, et offre quelques différences avec le nôtre. Dom Morice a transcrit aussi la lettre adressée au cardinal de Bouillon et les lettres de Société, en latin, avec le Serenissime princeps, délivrées par l'archevêque de Reims le 25 décembre 1697. »
Page 292, note 5, ligne 10. Comme Mme de Ribeyra-Grande, sa sœur la comtesse de Calhéta avait aussi été fiancée dans le cabinet du Roi, le 10 mai 1694.
Page 296. Voici en quels termes Saint-Simon a raconté, dans la notice du duché de Montbazon (France 213, fol. 15), le célèbre épisode de la mort de Mme de Montbazon : « Marie d'Avaugour, duchesse de Montbazon et mère de M. de Soubise, étoit encore parfaitement belle et aimée dans tous les mouvements des partis, lorsqu'elle fut attaquée de la rougeole, dont elle mourut très brusquemont, à Paris, L'aprèsmidi du 28 avril 1657. De cette mort on a fait le roman de la conversion
du célèbre abbé de la Trappe, et on a conté qu'en étant fort amoureux et se trouvant à la campagne lorsqu'elle tomba malade, il étoit accouru, mais trop tard, et qu'étant monté avec précipitation jusque dans son antichambre, sans parler à personne, il y avoit tout d'un coup aperçu sa tête séparée de son corps, qu'on embaumoit, et que l'horreur, jointe à la surprise d'un si terrible spectacle pour un amant, avoit opéré sa conversion dans l'instant même. Il est impossible d'être plus exactement instruit de ce fait que celui qui s'amuse à ces notes, et, par son nom seul, on en seroit convaincu; il sait la Chose de ce prodige de nos jours, qui a bien voulu satisfaire sa curiosité là-dessus, et la voici avec exactitude, après deux mots de préambule nécessaire. L'abbé de Rancé et M. de Chavigny, ministre et secrétaire d'État, qui a tant brillé en son temps, étoient fils des deux frères. L'abbé étoit jeune, plein d'esprit et de feu, avec toutes les grâces de l'esprit et tous les charmes de la nature, fort savant, mais fort occupé de ses plaisirs et recherché de l'élite de la meilleure et de la plus distinguée compagnie ; entre autres, M. de Beaufort et le cardinal de Retz étoient ses amis intimes, et ce dernier en commerce le plus tendre avec lui jusqu'à sa mort. M. de Rancé étoit aussi ami intime de Mme de Montbazon, et fort familièrement chez elle ; il étoit le meilleur ami des siens, il étoit d'une probité et d'une sûreté éprouvée, et, tout jeune, étoit de tout avec eux. Avec cette explication véritable, on comprendra aisément qu'il n'étoit pas besoin d'amour, non que sa jeunesse, ainsi que son âge plus mûr, son esprit, son savoir, son feu, sa douceur et la sublimité de son âme n'aient eu de grands rapports avec saint Augustin. Sur ce pied-là donc, M. de Rancé, qui n'étoit point à la campagne, sut Mme de Montbazon malade dès le premier moment. Il étoit déjà dans les remords de son état : Dieu avoit commencé à le toucher ; il vouloit quitter cette vie mondaine et dissipée, mais il étoit entraîné par les plus illustres et par les plus aimables amis, et, quoique résolu à changer de vie, il tiroit contre ses chaînes et luttoit entre Dieu et le monde. Dans cet état, il s'aperçut aisément du danger de Mme de Montbazon : il ne le lui cacha point, il lui parla de Dieu et des sacrements, il l'exhorta jusqu'à la fin, et ne la quitta point qu'elle ne fût morte. Il est vrai que ce spectacle fut celui que Dieu lui préparoit pour triompher de son cœur, et que les réflexions qu'il lui fit faire ne lui permirent plus de reculer ni de flotter. Il prit son parti, ou plutôt la grâce victorieuse l'arracha à ses amis et à lui-même, et, quoiqu'il mît un sage intervalle entre le grand monde et son entière retraite, il est vrai que ce moment fut celui de sa délivrance. Et voilà l'exacte vérité. » — Gaignières, comme Saint-Simon, croyait à la tradition « qui porte que ce qui contribua le plus à faire quitter le monde à M. de Rancé fut la mort de Marie de Bretagne, duchesse de Montbazon, la plus belle femme de son temps, de laquelle il étoit passionnément amoureux. » Voyez son Chansonnier, ms. Fr. 42687, p. 331.
Page 300, note 4. Ajoutez: « A l'occasion de ce mariage, M. de
Noailles, archevêque de Paris, réunit à dîner dans sa maison de Conflans, le vendredi 23 mai 1698, Mme deMaintenon, le maréchal de Noailles et toute la famille. Le Roi était ce jour-là à Meudon. L'archevêque venait de faire paraître, en même temps que Bossuet, une réponse véhémente aux dernières lettres de Fénelon, et l'on était au plus fort de la crise (p. 149 et suivantes) où ce prélat montra tant de désintéressement et sauva le duc de Beauvillier malgré les manœuvres de Mme de Maintenon. »
Page 303, note 1. Ajoutez : « Au commencement de cette même année, la maréchale et la duchesse de la Ferté avaient obtenu un arrêt du Conseil défendant à tous créanciers, pendant deux ans, de saisir leurs chevaux, carrosses et meubles (Arch. nat., E 1904, 24 mars 1698). »
Page 311, note 6, ligne 4. La duchesse de Verneuil et son mari avaient déjà figuré, comme princes, au mariage de la reine d'Espagne, en 1679 (Gazette, p. 436), contrairement à ce que Saint-Simon a dit en 1692.
Page 318, note 3. Quelques anciens auteurs ont prétendu que les comtes, gouverneurs de provinces, devaient être au-dessus des marquis, gouverneurs de frontières; mais, justifiée ou non, la hiérarchie contraire prévalut et fut confirmée par les Rois : voyez deux mémoires de dom de Betencourt et de Tobiesen Duby fils, dans le Journal des Savants, année 1788, p. 607-620, et année 1789, p. 351-358, et le Dictionnaire de Trévoux, art. Marquis.
Page 328, note 4. Feuquière écrivait, au figuré : « Depuis sept ans que le bal dure, je n'ai pas, Dieu merci, perdu une seule fois la cadence ; mais je ne sais pas si j'ai dansé de bonne grâce. » (Lettres inédites des Feuquières, tome IV, p. 239.)
Page 335, note 5. Voltaire parle de Y « accortise italienne (accortezza), » dans le Siècle de Louis XIV, chap. xxxvn.
Page 341, note 4. Ajoutez : « Voyez un arrêt du 4 mai 1693 portant surséance, pour le duc d'Estrées, au payement des dettes de son père : Arch. nat., E 1875. »
Page 343, note de note. Ajoutez : « L'usage et l'abus des survivances existaient dès la fin du quinzième siècle, en dépit des révocations générales que les Rois faisaient de temps en temps : voyez les Pièces justificatives pour servir à l'histoire des premiers présidents de la Chambre des comptes de Paris, n° 14. »
Page 374, note 4, ligne 3. Il y a un exemple de livres et francs employés simultanément, pour le même compte d'apothicaire, dans le Malade imaginaire, acte I, scène i (Œuvres de Molière, tome IX, p. 282).
Page 421, titre de l'Addition 250. Corrigez comte en marquis.
Page 422. L'Addition suivante eût dû être placée avec le n° 250 :
250 bis. — Le marquis de Saissac.
(Page 118.)
4 avril 1691. — Saissac avoit été maître de la garde-robe et grand joueur, et ç'avoit été là son unique métier: ce qui l'avoit fort répandu
dans le monde; mais il n'étoit pas fidèle, et gagnoit à toutes mains. L'esprit, l'adresse et l'effronterie le soutenoient; bon homme d'ailleurs, et de la maison de Clermont-Lodève, dont il fut le dernier. Il étoit déjà beaucoup plus que soupçonné, lorsqu'à un gros reversis où il jouoit avec le Roi, un ministre vint parler au Roi, qui donna son jeu à tenir au maréchal de Lorge et ne revint point. Saissac crut en avoir bon marché; mais le maréchal le prit sur le fait à un fort gros coup et se crut obligé de le dire au Roi le soir môme. Cette affaire combla la mesure : il eut ordre de se défaire de sa charge et de s'en aller chez lui, d'où, quelque temps après, il eut permission d'aller en Angleterre, où il demeura longtemps et gagna beaucoup d'argent1.
Page 422. L'Addition suivante se place après le n° 250 bis :
250 ter. — Le chevalier de la Rochefoucauld. (Page 130, note 1.)
21 novembre 1691. — Le chevalier de la Rochefoucauld avoit seul pris tout l'esprit de son père. C'étoit un homme fort goutteux, toute sa vie fort considéré, qui avoit beaucoup d'amis considérables, fort compté dans sa famille, et le conseil de beaucoup de gens.
Page 423, fin de l'Addition 252. L'anecdote des louis distribués au dessert se retrouve dans les Historiettes de Tallemant des Réaux (tome II, p. 146, 147 et 156), qui l'attribuent aussi à Bullion, mais avec des circonstances un peu différentes, et il y est dit encore que le surintendant portait sur lui une boîte remplie, non pas d'excréments humains, mais de poudre de champignons, pour assaisonner les plats. En 1825, Dulaure a reproduit l'une et l'autre anecdote dans une note de son Histoire physique, civile et morale de Paris, tome VII, p. 262, d'après l'Addition à Dangeau (publiée par Lémontey, en 1818, à la suite de son Essai sur l'établissement monarchique, tome IV de ses Œuvres, p. 246- 247), ou d'après les publications de fragments de Saint-Simon faites antérieurement par la Place et Soulavie. L'auteur des Mémoires du marquis de Montbrun avait mis l'anecdote des louis au compte de Souscarrière.
Page 434, fin de l'Addition 264. Cette anecdote sur Mlle de Melun se retrouve dans une autre Addition sur Mme de Torcy, tome XI du Journal, p. 442.
Page 445, ligne 1. Ajoutez cette note : « Mazarin, comme premier ministre, avait pris l'habitude de tenir tous les soirs, chez la Reine mère, une conférence qu'on appelait le petit conseil, et où, toutes portes ouvertes, il lui rapportait les affaires étrangères. (Mémoires de Mme de Motteville, tome I, p. 115-116.) »
1. L'historiette de M. de Saissac se trouve dans les éditions des Lettres de Mme de Séviqné que Saint-Simon pouvait connaître.
Page 455. Le brevet de ministre d'État pour M. de Bouillon, en date ■du 16 août 1653, présente des différences considérables avec les lettres patentes pour Foucquet. Le voici d'après l'original (Arch. nat., K 118, n* 434), que Baluze n'a pas publié : « Le Roi..., considérant combien il importe à son État et à son service d'appeler dans son conseil où se lisent ses dépêches et se traitent même en sa présence ses affaires les plus secrètes et de plus grande conséquence, des personnes considérables par leur qualité, et de qui la sage et bonne conduite puisse faire •espérer que leur avis et leur ministère seront utiles à S. M. et au public; et ayant reconnu et éprouvé en diverses occasions très importantes comme M. le duc de Bouillon s'est acquis une grande capacité, une connoissance universelle de toutes choses pour la guerre, et pour la politique une prudence singulière..., l'a constitué et établi l'un des ministres de son État, pour, en cette qualité, avoir dorénavant entrée, séance et voix délibérative en tous ses conseils, etc. » A côté de ce brevet se trouve aussi, en original, celui de Turenne, daté du 4 septembre suivant, où la formule est toute différente : « Employer au ministère de ses affaires et dans son conseil étroit et des dépêches.... » (K 118, n° 43 7.) Par un passage du Journal de Dubuisson-Aubenay, tome I, p. 97, on voit que c'est le secrétaire de la maison du Roi qui expédiait ces brevets.
Page 461, note 4. Voyez, dans les Mémoires de Sourches, à la date du 20 novembre 1697 (tome V, p. 360), la nomination de commissaires pour juger avec le Roi, sur le rapport du jeune Pontcarré, une contestation de primatie entre les archevêques de Lyon et de Rouen, l'un et l'autre ayant demandé des juges extraordinaires pour éviter la longueur des plaidoiries.
Page 462, note 1. On peut encore citer des arrêts rendus sur diverses matières : 16 juin 1648, cassation de l'arrêt de jonction des Cours {Mémoires de Mme de Motteville, tome II, p. 72) ; 18 juillet 1652, arrêt rendu à Pontoise, sur la sédition du 4 juillet {Dubuisson-Aubenay,, tome II, p. 259) ; 23 juillet 1652, arrêt cassant la lieutenance générale des Princes {ibidem); 22 août 1654, arrêt déclarant la vacance de l'archevêché de Paris au détriment ducoadjuteur {Mémoires de Claude Joly, p. 169-170). C'est au conseil d'en haut qu'on décida, le 18 mai 1648, que l'abbé de la Rivière serait porté pour le chapeau {Motteville, tome II, p. 52); que, en 1699, le Roi discuta l'affaire du maréchal de Salon, avec les trois ministres seuls, sans Monseigneur {Mémoires de Saint- Simon, tome II de 1873, p. 210); que, lors de la mort du duc de Choiseul, en 1684, le Roi adjugea au comte du Plessis la dignité ducale {Écrits inédits de Saint-Simon, tome VI, p. 281 ; Dangcau, tome I, p. 31), etc.
Page 468, ligne 1. Le conseil des dépêches avait été rétabli à la majorité du Roi, en mars 1651, et il avait reçu pour chef, en août, M. de Châteauneuf : Journal de Dubuisson-Aubenay, tome II, p. 26; M. Chéruel, Minorité de Louis XIV, tome IV, p. 421.
Page 471, note 6. Dangeau dit, à la date du 23 avril 1691 (tome III,
p. 327) : « Depuis que le Roi est revenu deMons, il a recommencé à tenir tous ses conseils comme il a toujours fait. Ce devoit être aujourd'hui un conseil de dépêches ; mais, comme il a beaucoup d'affaires importantes, il a voulu que ce soit un conseil royal, où il n'y a que les ministres qui y entrent. » Le lundi 6 mai 1709, il note qu'on n'avait pas tenu depuis longtemps le conseil des dépêches à Marly (Journal, tome XII, p. 408). En 1705, Saint-Simon dit que le conseil ne se tient pas tous les quinze jours, et qu'il ne vient point à Marly (Mémoires, éd. 1873, tome IV, p. 342).
Page 473, note 3. Ajoutez : « Saint-Simon dit (tome IV de 1873, p. 342) que la cassation des lettres d'État se fait indifféremment au conseil des dépêches ou au conseil d'État. »
Ibidem, note 6. L'avocat Barbier (Journal, tome I, p. 422) dit: « Les secrétaires d'État y reçoivent en cassation toutes sortes d'affaires et matières inconnues aux princes et ministres qui le composent, en sorte que la faveur a grande part à ces jugements, quoique suprêmes et sans ressource. »
Ibidem, note 7. Ajoutez : « Saint-Simon dit (tome II de 1873, p. 328} que le seul talent du secrétaire d'État Châteauneuf était de rapporter mieux qu'aucun magistrat au conseil des dépêches. »
Page 474, ligne avant-dernière. Comme arrêt du conseil des dépêches, on peut citer aussi celui du 15 septembre 1685, sur le mariage des protestants. Voyez Lémontey, Éclaircissements historiques sur les causes de la révocation de Védit de Nantes, p. 277.
Page 474, fin de la note 8. Un arrêt du 12 juin 1693, rétablissant les prêtres du collège de l'Oratoire de Provins en possession de la maladrerie de Croulebarbe, est signé de douze commissaires (Arch. nat., E 1875).
Page 476, note 4. Le 27 août 1704, le contrôleur général écrivait à l'intendant Bâville, au sujet du rôle joué par son fils Courson dans l'affaire Rohan : « On ne peut rapporter avec plus d'ordre, plus de netteté, plus de précision, et en meilleurs termes. Le Roi en a été très satisfait et me l'a marqué comme à lui. Quoiqu'il n'y ait rien en cela qui ne dût être et à quoi je ne m'attendisse bien, cependant, comme c'est la première fois qu'il a eu l'honneur de parler devant S. M., cela doit être regardé comme une action importante, et c'est aussi à ce titre seul que je vous en fais mes compliments. Son avis n'a pas été suivi dans la décision ; mais je suis engagé à soutenir que cela ne diminue rien de la beauté du rapport, ni de la solidité de l'opinion, car j'ai été aussi de son avis, comme plusieurs autres, et nous en serions encore sans le respect et la soumission qui est due aux jugements que prononce S. M. » (Depping, Correspondance administrative sous le règne de Louis XIV, tome II, p. 403.)