C'est-à-dire plus favorable à la France qu'à l'Empereur
2. Quoique l'évêque de Javarin n'eût pas renoncé à son idée d'obtenir l'appui de la France (Mémoires de Villars, éd. Vogué, tome I, p. 212), c'est seulement en 1706 qu'il y réussit, et le frère de Mme des Ursins en profita (suite de nos Mémoires, tome IV de 1873, p. 278, 284 et 285).
3. Au commencement de 1699, M. de Bouillon recommença d'autres intrigues pour empêcher qu'on ne donnât un chapeau que demandait le roi Jacques : lettre du 22 janvier 1699, ms. Fr. 6919 (Noailles), fol. 1 i l .
4. Ce dernier membre de phrase a été ajouté après coup, dans le blanc qui restait à la fin du paragraphe. D'ailleurs, la construction du commencement est incorrecte.
5. Louis-Nicolas le Tellier, marquis de Souvré (sur l'origine de ce titre, voyez notre tome I, p. 83), né le 23 janvier 1667 et second fils de Louvois, par conséquent frère cadet de Courtenvaux et frère aine de Barbezieux, avait eu l'abbaye de Bourgueil jusqu'en 1685, puis s'en était démis pour aller apprendre le métier des armes en Allemagne et en Pologne, et avait pris part au siège de Bude en qualité d'aide de camp du prince Charles de Lorraine. Revenu après quelques mois passés comme otage en Allemagne, le Roi lui avait donné un régiment de cavalerie, et peu de jours après, le 3 mai 1689, la charge de maître
robe du Roi, épousa la fille unique1 du feu marquis de de Souvré Rebenac, frère du marquis de Feuquière2, à condition d'en aA^c Mlle de porter les armes et de prendre le nom de Pas dans les actes, qui est celui de MM. de Feuquière3. Il en eut beaucoup de biens et la lieutenance générale du gouvernement de Béarn et basse Navarre4. Rebenac étoit fort honnête homme, et fort employé et distingué dans les négociations5.
de la garde-robe qu'avait le fils de M. de Lionne. En mars 1691, une débauche d'ivrognerie, où son ami Rochefort l'avait blessé, lui avait valu des témoignages de l'indignation du Roi ; mais il s'était distingué dans la campagne du Rhin, en 1697. Il eut l'Ordre à la promotion de 1724, et mourut le 10 décembre 1725. A l'occasion de son mariage, le brevet d'assurance de cinq cent cinquante mille livres qu'il avait depuis 1689 fut renouvelé pour lui et sa femme, le 18 février 1698.
1. Catherine-Charlotte de Pas de Rebenac, que nous avons vue figurer aux fêtes de 1698 (tome IV, p. 321), et qui épousa M. de Souvré le 18 février, non le 13 mars, comme on le lit dans le Moréri : voyez le Journal de Dangeau, tome VI, p. 274 et 297. Elle mourut au château de Louvois, le 16 juillet 1739, âgée de soixante-six ans.
2. Sur ces deux frères, voyez les notes de notre tome IV, p. 321. Ici, Saint-Simon écrit : Rebenac, sans accent, et à la marge : Rebenac.
3. Voyez les Mémoires de Luynes, tome X, p. 256, et un article biographique et généalogique sur la maison de Pas, en Artois, dans le Nobiliaire de Picardie, d'Haudicquer de Blancourt, p. 402-412. « La race en est bonne, » disait Henri IV. Armes : de gueules au lion d'argent.
4. Cette charge (antérieurement revêtue du titre de sénéchal) était venue à M. de Rebenac, ainsi que son surnom, par une fille du président d'Esquille. Conservée à son jeune fils depuis 1694, lorsque cet enfant était mort, elle avait été encore donnée à la sœur, en août 1697.
5. Cette dernière phrase a été ajoutée après coup, dans le blanc qui restait. — La Gazette de 1698, p. 108, en annonçant le mariage, dit de même que M. de Rebenac « avoit servi le Roi dans plusieurs ambassades et négociations, avec beaucoup de réputation. » Il est un de ceux qui avaient été oubliés dans la promotion de 1688. On n'a pas publié de recueil proprement dit de ses correspondances diplomatiques, pendant les missions que nous avons indiquées, tandis que celle de son grand-père Manassès de Feuquière (1633) vit le jour dès 1753, et que son neveu Feuquière le Diable, dont Saint-Simon parlera plusieurs fois, a laissé des mémoires de tactique militaire très estimés ; cependant il se trouve un assez grand nombre de lettres de Rebenac dans la collection publiée par feu Etienne Gallois, en 1845-46, sous le titre de : Lettres inédites des Feuquièrcs.
Du vieux
Saissac avec une bcbui
du dinde Chevrcusr.
\Add. S'-S. 250 et 250bis\
Le vieux Saissac1 épousa la dernière sœur du second lit du duc de Chevreuse2, jeune et jolie, qui, avec peu de bien, le voulut3 malgré la disproportion d'âge4, dans l'espérance d'être bientôt veuve et de jouir des grands avantages de son contrat de mariage. G'étoit un homme de grande qualité et de beaucoup d'esprit, que démentoient toutes les qualités de l'âme. Il avoit eu la charge de maître de la garde-robe du Roi de M. de Guitry lorsque le Roi fit pour lui la nouvelle charge de grand maître de la garde-robe5. Saissac étoit fort riche, fort gascon,
1. Louis de Guilheru de Castelnau, d'abord appelé l'abbé de Clermont- Lodève, puis le marquis de Saissac, baron des États de Languedoc, vicomte de Lautrec et de Nébouzan, etc., maître de la garde-robe de décembre 1660 à septembre 1671, puis mestre de camp de cavalerie de 1675 à 1680, mourut à Paris le 25 avril 1705, âgé de soixante-treize ans.
2. Jeanne-Thérèse-Pélagie-Charlotte, septième enfant issu de l'alliance de Louis-Charles d'Albert, duc de Luynes, mort en 1690, avec sa seconde femme Anne de Rohan-Montbazon (ci-après, p. 232), était sœur germaine du comte d'Albert, du chevalier de Luynes, de la feue princesse de Guémené, de la princesse de Bournonville, de la marquise d'Heilly et de la comtesse de Verue. Née le 8 octobre 1675 et élevée à Port- Hoyal, comme ses aînées, elle épousa M. de Saissac le 16 mars 1698, et mourut le 14 janvier 1756, ayant survécu à son mari cinquante et un ans, et ayant perdu en 1715 un fils unique, dernier de la race. Elle laissa pour légataire universel son arrière-petit-neveu le duc de Chevreuse (Mémoires de Luynes, tome XIV, p. 381).