‹ Memoires de Saint-Simon (volume 2)Chapitre 89 sur 495 · Ce détail est le seul qui manque dans Dangeau · texte numérisé non relu

Ce détail est le seul qui manque dans Dangeau

4. Dangeau ajoute, p. 322 : « C'est par-dessus tout ce qu'il leur a déjà donné, et afin que présentement ils jouissent de plus de quatre-vingt mille livres de rente. » Racine écrivait, à ce propos : « Voilà, Dieu merci, de grands biens; mais ce que j'estime plus que tout cela, c'est qu'il (le marié) est fort sage et très digne de la grande fortune qu'on lui fait. » (Œuvres, tome Vil, p. 224-225.) Les gazettes de France et étrangères énumérèrent à leur tour les largesses du Roi. Nous avons, dans le registre des Insinuations coté Y 271, fol. 346 v° à 350, le texte du contrat de mariage, dont une partie a été publiée par M. le duc de Noailles, dans son Histoire de Mme de Maintenon, tome IV, p. 608- 615. Les brevets des gouvernements, en date du 6 mars 1698, ceux des deux pensions de huit mille livres et de la charge de dame du palais, en date du 1er avril, se trouvent dans le recueil des titres de Noailles, au Cabinet des titres : voyez le Cabinet historique, 1873, 2e partie, p. 254 et 255. Le brevet de pension pour Mme d'Ayen est motivé en ces termes : « Voulant continuer à lui donner des marques de la considération particulière que S. M. a pour la dame de Maintenon, sa tante.... »

qui se montaient fort haut1; ainsi il ne perdit pas tout de M. de la au mariage de Mlle d'Aubigné, auquel j'ai oublié de re- ^hefoucauld, marquer que M. et Mme d'Aubigné se trouvèrent et furent à tout2.

La joie de M. de la Rochefoucauld fut un peu troublée Mort de l'abbé par la perte qu'il fit de son frère l'abbé de Marcillac3 : je de Marci,lacdis un peu parce que l'amitié n'étoit pas bien vive, quoique bienséante. L'esprit, le bon sens, le goût de la bonne compagnie et la considération, dégagée de celle de la naissance, de la faveur et des places4, étoient devenus, dans cette famille, un apanage de cadets5. Celui-ci et le feu che-

1. Dangeau dit, le 20 avril (tome VI, p. 332; comparez les Annales de la cour, tome II, p. 409) : « Le bruit court que le Roi a fait un gros présent à M. de la Rochefoucauld, pour payer ses dettes, et qu'il lui a ordonné de n'en point parler. M. de la Rochefoucauld avoit retranché depuis quelques jours sa table et soixante chevaux de son équipage. » Ce duc, qui avait la « bonne coutume » de se plaindre de ses créanciers, eut ainsi, jusqu'à trois fois, des dons de plus en plus considérables poulies payer (Journal de Dangeau, tomes IV, p. 223, VI, p. 332, et XV, p. 33; Mémoires de Saint-Simon, tome VI, p. 379; Mémoires de l'abbé de Choisi), p. 557), sans compter, en 1699, une augmentation de quarante-deux mille livres sur le produit de sa charge de grand veneur.

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