Mémoires, tome III de 1873, année 1702, p. 353 et
4. Comparez ci-après, p. 532, le Portrait de la cour d'Espagne en 1101, et voyez la suite des Mémoires, tome XVIII, p. 136, et l'Addition au Journal de Dangeau, tome X, p. 423-424.
o. L'abbé de Vayrac donne une notice sur cet antique archevêché dans le tome II de l'Etat présent de l'Espagne, p. 353-354. Primitivement suffragant de Braga, il avait été érigé en diocèse relevant immédiatement du saint-siège au onzième siècle, et en archevêché au douzième. Le titulaire en tirait soixante mille ducats de revenu. L'église métropolitaine était dédiée à saint Jacques le Majeur, dont le corps, suivant les légendes, y avait été rapporté après son martyre à Jérusalem, et ce tombeau de l'apôtre était le but d'un pèlerinage célèbre dans tout l'univers catholique.
6. Selon l'État présent de l'Espagne, tome II, p. 100-103, c'est en 1 1 40 que la dignité de grand aumônier (capellan mayor) avait été unie à celle d'archevêque de Compostelle; mais, en 1572, Philippe II, considérant que c'était un empêchement absolu de remplir les devoirs épiseopaux et de résider dans un diocèse, obtint du saint-siège la faculté de
et cette place de grand aumônier enferme tout ce que nous connoissons ici sous les noms de grand aumônier, premier aumônier, maître de la chapelle, et maître de l'oratoire1. Ce prélat devient presque toujours cardinal, s'il ne l'est déjà quand on lui donne la charge. Si, par un hasard qui est arrivé quelquefois, l'archevêque de Compostelle venoit à la cour, il effaceroit le patriarche des Indes, qui, même cardinal, ne seroit plus rien en sa présence. Comme il n'y vient jamais, le patriarche dispose de tout ce qui est de la chapelle, et les sommeliers de cortine*, qui
nommer un ecclésiastique à la dignité de grand aumônier, et c'est alors qu'elle fut attribuée au patriarche des Indes occidentales, sans aucune juridiction sur les églises du Nouveau-Monde, mais avec une pension de huit mille ducats sur ces églises et sur le trésor royal du Conseil, une grande autorité et de beaux privilèges. La suite des titulaires est dans Gains, Séries episcoporum Ecclesise catholiae, p. 13K. Actuellement, le patriarche des Indes est encore aumônier de la cour.
1. Sur ces charges de notre cour, voyez le chapitre rr de VÊtnt de la France. Nous avons déjà dit ce qu'étaient le grand et le premier aumônier. Le maître de l'oratoire dirigeait le clergé inférieur, chapelains, clercs, sommiers, etc. Le maître de la chapelle (M. le Tellier, archevêque-duc de Reims) avait une double juridiction sur les officiers des grand'messes ou des fêtes et sur la musique de la chapelle, dont le détail est donné par Y État de la France.
2. Sumiller de cortina. En Espagne et en Portugal, on appelait cortina le dais ou tente carrée, entourée de rideaux et soutenue par quatre piliers, qui cachait l'oratoire ou le prie-Dieu du roi, soit dans le palais, soit à l'église. Le sommelier de service, équivalent aux chapelains d'honneur ou aux aumôniers du Roi en France, avait pour fonction de tirer ou d'abaisser le rideau, et il portait en outre une pièce de taffetas pour essuyer le missel du roi et la paix qu'on lui présentait à baiser. Quand Philippe IV vint à Fontarabie en 1660, Mlle de Montpensier vit dans l'église de cette ville une courtine préparée pour lui, c'est-à-dire (ses Mémoires, tome III, p. 458) « un lit où il n'y a point de bois, attaché au plancher, de brocart d'or, » avec force aumôniers sans manteau, portant surplis et bonnet; le drap de pied placé sous la courtine, et le rideau qui regardait l'autel seul ouvert. Le chanoine Montreuil, qui était là aussi, ajoute (Archives curieuses, 2° série, tome VIII, p. 307) qu'il n'y avait point de prie-Dieu et qu'on fermait les rideaux dès que le roi était entré seul sous le dais. C'est par exception qu'on vit, une fois, Charles II y admettre D. Juan d'Autriche (Gazette, 1677, p. 355). Le dictionnaire
sont les aumôniers du roi, et fort souvent gens de la première qualité, sont sous lui et dans son absolue dépendance1. 11 y a en Espagne la môme dispute qu'ici sur l'indépendance de la chapelle du Roi du diocésain2, qui empêche l'archevêque de Tolède de se trouver à la chapelle, où il ne veut pas aller sans y faire porter sa croix, que le patriarche des Indes n'y veut pas souffrir; et sur les autres prétentions d'exemption, ils se chamaillent toujours, et chacun en tire à soi quelque chose.
La reine d'Espagne, outre ses dames3, a aussi deux grands officiers, son majordome-major et son grand écuyer; mais elle n'a point de chapelle, de chancelier, ni les autres officiers qu'ont ici nos Reines4. Son majordomemajor a dans la maison de la reine toutes les mêmes choses que celui du roi a chez lui5, et trois majordomes sous ses ordres ; mais ceux-là sont d'une condition et d'une considération fort inférieure à ceux du roi0, qui ont les détails des fêtes, des spectacles, des cérémonies de toutes les sortes, et des logements, tandis que ceux de la reine sont bornés aux détails intérieurs de sa maison sous son majordome-major. Celui-ci reçoit leur serment, ceux des autres officiers inférieurs qui sont sous sa
Majordomemajor et majordomes de la reine.
\Add. S'-S. 368]
de l'Académie espagnole dit que le terme de sumiller de cortina avait été emprunté au vocabulaire de l'ancienne cour de Bourgogne, comme celui de sumiller de corps. Comparez nos Mémoires, tome XVIII, p. 265. t. L'abbé de Vayrac dit (p. 102) que « le premier chapelain, qu'on appelle soumelicr de courtine,... supplée à toutes les fonctions du grand aumônier, lorsqu'il est incommodé ou absent. »
2. Voyez ce qu'il a dit de la Chandeleur de 1700 : tome VII, p. 12.