Voyez notre tome V, p
9. Espagnol : damas de corte. Voyez la Gazette de 1680, p. 177, les Mémoires de Mme d'Âulnoy, tome I, p. 528-529, et tome II, p. 94-95, ceux de Fontenay-Mareuil, p. 54, ceux du maréchal de Mérode-Westerloo, tome I, p. 35, la Fie du duc d'Ossone, tome I, p. 43 et 56, et les Lettres de Saint-Simon au cardinal Gualterio que j'ai publiées en 1889, p. 26 et 29. Comparez ci-après l'appendice XI, p. 520.
belles-filles aînées, ou des héritières1 de grands et mariées, qui feront leurs maris grands, et de plus choisies parmi tout ce qu'il y a de plus considérable2. Les dames d'honneur3 sont des dames d'un étage très inférieur, et cette place ne convient pas aux personnes d'une qualité un peu distinguée*. Les unes et les autres servent par semaine, suivent la reine partout, sont de garde à certains temps dans son appartement5, et toutes également dans la même
t. Ici, il a biffé mariées, pour le reporter en interligne avec et.
2. Dans une des Lettres de Saint-Simon au cardinal Gualterio, en 1721, il dit (p. 29) : « Les reines d'Espagne, et, sur ce modèle, les infantes qui ont une maison, ont auprès d'elles des dames de deux sortes, dont l'emploi est également de les accompagner et de les suivre, mais en rang très différent. Les unes sont ou femmes ou belles-filles aînées de grands, et sont proprement dames du palais; les autres, d'un ordre très inférieur..., qui s'appellent senoras de honnor (sic), qui n'ont aucun service en présence d'une dame du palais, sinon de tenir compagnie et de suivre, mais sans carreau dans l'appartement et dans un carrosse de suite, en sorte même que, si il y a une dame du palais dans un carrosse de suite, elle y est avec d'autres ou seule, et jamais avec une senora a" honnor (sic), qui ont un carrosse à part, qui marche après.... Non seulement la camarera ne marche en aucun cas avec ces sortes de dames, puisque les dames du palais n'y vont jamais (à la promenade), mais la camarera va seule dans un carrosse de la reine, lorsqu'elle va avec le roi ou qu'elle veut être seule, et les dames du palais, dans un autre carrosse, suivent la camarera. » La fin de cette même lettre donne d'autres détails intéressants sur les rôles respectifs des dames de chaque ordre et de la camarera-mayor, ainsi d'ailleurs que sur le majordome-major de la reine femme de Louis I". Plus tard, le duc de Luynes disait (tome IX, p. 358) : « Les dames du palais en Espagne étoient autrefois toutes filles. II y avoit, outre cela, des signora d'honor, qui étoient toutes veuves. Celles-ci étoient femmes de condition, quoiqu'elles ne passassent qu'après les daines du palais. Comme elles étoient d'un état différent du leur, et qu'elles quittoient dès qu'elles se marioient, elles souffraient sans peine cette préférence ; mais, depuis que le dernier roi d'Espagne, Philippe V, a supprimé cet usage, et que les dames du palais ont été toutes mariées, les femmes de condition n'ont plus voulu être signora d'honor. »