‹ Memoires de Saint-Simon (volume 3)Chapitre 148 sur 548 · Uns surcharge un premier uns · texte numérisé non relu

Uns surcharge un premier uns

15. Il n'a pas dit un mot des quatre derniers, mais a parlé' assez longuement de Mancera et d'Aguilar dans le tome VII, p. 251, 262, 2Nti. 287 et 313-315, cl de l'Amirante. p. 250, 257, etc., el ci-dessus, p. 188.

Pour retoucher1 le marquis de Mancera, de la maison de Mancera,

Tolède, grand de la première classe et fort riche5, prési- et son étrange

* o r . . 1 régime,

dent du conseil d'Italie '\ à quatre-vingt-six ans qu'il avoit '\Add. s'-s. 3~l\

lors de l'arrivée du roi*, il avoit l'esprit aussi sain et aussi net qu'à quarante ans, et la conversation charmante; doux, sage, un peu timide, parlant cinq ou six sortes de langues bien et sans confusion, et la politesse et la galanterie d'un jeune homme sensé. De ses emplois et de ses vertus, j'en ai parlé ci-devant5; mais voici une singularité bien étrange à notre genre de vie, et qui n'est pas sans exemples en Espagne6 : il y avoit cinquante ans qu'il n'a-

1. Quoique l'Académie de 1718 ait la locution toucher une chose, une matière, au sens d'en parler incidemment, on n'y trouve point retoucher, tel qu'il est employé ici, au sens de revenir sur un sujet déjà traité; niais Littré l'a signalé dans Mme de Sévigné et dans lîossuot.

w2. Selon les Mémoires du maréchal de Mérode-Westerloo (tome F, p. 32), il avait rapporté douze ou quinze millions du Mexique. Il eut alors le commandement des côtes et de la flotte : Gazette, mai KiSv2, p. 315.

3. 11 remplaça dans cette charge le marquis de Villafranca, et adressa une lettre de remerciement à Louis XIV : Affaires étrangères, vol. Es pagne 81, fol. -493. Le conseil d'Italie se composait, outre le président, de deux régents pour Naples, deux pour la Sicile, deux pour Milan.

4. C'est le même âge (pie lui donne l'instruction délivrée quelques mois plus tard à M. de Marcin (recueil Hippeau, tome I, p. ccvh). M. d'Harrach père écrivait, dans son Journal, le 5 juin 1(597, étant alors à l'ambassade de Madrid, que Mancera avait déjà plus de quatre-vingts ans, et paraissait aussi frais et sain qu'un homme de cinquante ans qui se serait bien porté. 11 est donc probable que l'abbé de Va vrac, en lui attribuant près de cent ans à sa mort, en 1715, et Dangeau cent ans passés, sont plus exacts que les gazettes, qui exagéraient volontiers l'âge des centenaires, et qui parlèrent de cent huit ans; cent sept, dans les Mémoires de Louville (tome I, p. 91, note).

5. Tome VU, p. "26*2. Son rôle dans le conseil du H juin 1700 a été raconté, comme celui de M. de Villafranca, par M. de Ranke, p. 379-380.

ri. Comparez le tome XVIII, p. 225. Gourville raconte (Mémoires, p. o.').")) que les grands d'Espagne invités à sa table, qui n'avaient point l'habitude d'aller manger hors de chez eux, et, par conséquent, « tenoient un très petit ordinaire. » s'émerveillaient de la chère qu'il leur faisait faire, surtout dis ragoûts et des entremets à la française. Mme d'Aulnoy parle aussi (Mémoires, tome 1, p. 423 et 439, et tome II, p. 122) de cette sobriété, ou plutôt de cette ignorance de la nourriture

voit mangé <l<' pain à l'arrivée du roi d'Espagne : sa nourriture doit un verre d'eau à la glace en se levant, avec un peu <le conserve de roses, et quelque temps après du chocolat1; à dîner, trois onces de viande seule, et de l'eau rougie pour boisson; l'après-dinée, du chocolat; à souper, des cerises ou d'autres fruits, ou une salade, et encore de l'eau rougie, et sans sentir mauvais, ni être incommodé d'un si étonnant régime; et sa femme s, fille du duc de Caminha3, dont une seule fille4, vivoitàpeu près de même a quatre-vingts ans".

Amiranie L'amirante de Castillefi, qui s'appeloit Jean-Thomas Hen-

(lc Castilte.

recherchée. La laide du roi lui-même, selon l'abbé de Vayrac (tome III, p. 443), n'était réglée qu'à douze plats pour le diner, huit pour le souper, et ne coûtait pas plus de quatorze mille ducats de vellon, dont chacun équivalait à quarante-deux sols de France environ.

1. Ci-dessus, p. aa et note 3. Le duc d'Albe se vantait d'avoir, comme dernière ressource, une provision de chocolat pour deux ans.

2. Julienne-Thérèse de Menezès Portocarrero, veuve du duc d'Arcos.

3. Pierre. Portocarrero, VU!" comte de Medellin, marié à Marie-Béatrix de Menezès, marquise de Villareal et duchesse de Caminha, dont le (ils Pierre-Damien-Luitgard de Menezès Portocarrero et Noronha, nommé gentilhomme de la chambre en décembre 1687, avait relevé ce dernier titre : Imhof, Grands d'Espagne, p. 28 et 198, et XX in Hispania familiae, p. "253; Vayrac, État présent de l'Espagne, tome III, p. 79-80. (/('■tait depuis longtemps un des partisans les plus actifs de la France; il écrivit à Louis XIV. le 10 mai 1701, une lettre de dévouement : Affaires étrangères, vol. Espagne 89, fol. 125. — Saint-Simon orthographie : Camigna, au lieu d'employer la tilde; mais Caminha est la forme correcte.

4. Ce n'est pas de cette seconde femme, mais d'une première, tille du marquis de Carretto de Grana, et morte en Amérique le 22 avril 1674, qu'il avait eu une tille unique, Marie-Louise de Tolède, mariée en 1675 au marquis de Melgar, et qui mourut avant M. de Mancera, ainsi que son unique enfant. Le nom, la grandesse et le titre furent relevés par Jean Paeheeo Tellez Giron, comte de Humanès, qui mourut en juillet 1722, dans sa quarante-deuxième année, et que Saint-Simon dira n'avoir pas connu.

5. Comparez la suite des Mémoires, tomes VIII de 1873, p. 116-122, XVIII, p. 129, etc., les Additions au Journal de Dahgeau, tomes XIII. p. 278, et XV, p. 373, et ci-après, p. 538-539, le Portrait de la cour d'Espagne en 1701, et, p. 556, 559, 560 et 562, les Relations vénitiennes.

0. Gomparez ci-après, p. 539-544, le Portrait de la cour d'Espagne.

riquez ' de Cabrera, duc de Rioseco et comte de Melgar, étoit grand de la première classe, un des plus riches et des plus grands seigneurs, et le premier d'Espagne pour la naissance, quoique bâtarde2. Alphonse XI, roi de Castille et de Léon3, eut de Marie', fille d'Alphonse V5, roi de Portugal, un fils unique, qui lui succéda, qui fut D. Pierre le Cruel6, si fameux par ses crimes, qui révoltèrent enfin tout contre lui7, qui n'eut point de fils de la sœur du duc de Bourbon*, qu'il tua', et qui fut tué lui-même en [1369] 10 par Henri", comte de Trastamare12, son frère bâtard, qui lui succéda, et dont la couronne passa à sa pos-

et p. 5oo, oo9, 563, 565-567, les Relations vénitiennes, et voyez le tome XVIII des Mémoires, p. 31 et 113.

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