‹ Memoires de Saint-Simon (volume 3)Chapitre 162 sur 548 · Les quatre derniers mots ont été ajoutés en interligne · texte numérisé non relu

Les quatre derniers mots ont été ajoutés en interligne

[17011 DE SAINT SIMON. 21g

comte de Benavente, qui avoient les trois charges. Mais, comme tousceux-là même lui étoient étrangers, et M. d'Harcourt lui-même1, il se déroboit volontiers pour être seul avec le peu de François qui l'avoient suivi, entre lesquels il n'étoit bien accoutumé qu'avec Valouse, son écuyer en l France, et Louville, qui, depuis l'âge de sept ans'2, étoit gentilhomme de sa manche3. C'étoit celui-là, beaucoup plus qu'aucun, qui étoit le dépositaire de son âme. M. de Beauvillier, qui l'éprouvoit depuis tout le temps de cette éducation, le lui avoit recommandé comme un homme sage, instruit, plein de sens, d'esprit et de ressource, uniquement attaché à lui, et digne de toute sa confiance'. Louville avoit en effet tout cela5, et une gaieté et des

1. Ce mesme est en interligne, au-dessus d'un premier mesme, biffé.

-1. Depuis <|ue le prince avait sept ans. A eette époque, Dangeaù (Journal, tome III, p. 205) le mentionne dans les nominations en ces termes : « Un capitaine d'infanterie nommé Louville. » Voyez, dans l'appendice XIV, quelques lettres de Louville et une note sur ses Mémoires secrets, dont nous avons déjà fait usage si souvent.

3. On a vu (tome VII, p. 344-345) Valouse, Louville, Montviel, etc., partir avec le prince, munis de permissions pour passer en Espagne. Louville reçut plus tard des lettres d'Etat pour un temps indéfini : Arch. nat.. 0*44, fol. "241, 5 août 1701.

4. M. Charma a lu, en IKrio, au congrès annuel des Sociétés savantes, d'après un manuscrit qui semble être l'original ayant appartenu jadis au comte du Rouie, un rapport de Louville sur l'éducation des trois princes, daté de 1696 ; mais ce morceau très curieux avait déjà été publié dans la Correspondance de FéneUtn, tome II, p. 358-373, où l'on trouve ('gaiement, p. 433-443, une instruction que l'archevêque adressa à Louville, en octobre 1701, sur sa demande, pour l'aider à bien faire ses fonctions de mentor du jeune roi, et où il indiquait une voie secrète pour continuer leur correspondance épistolaire sous le couvert de l'abbé de Chantérac. Le comte du Houre avait déjà publié une partie de cette dernière pièce dans ses Mémoires secrets de Louville, tome I, p. 00-66, à la suite des instructions officielles que le marquis avait emportées de Versailles, et dont M. de Beauvillier était le rédacteur (p. 35-54). Celles-ci ont été reproduites de nouveau par Hippeau, dans V Avènement des Bourbons, tome 11, p. 520-524. Elles font pendant aux instructions rédigées pour le prince lui-même, par son grand-père.

5. Il a déjà fait l'éloge de Louville, en quatre ou cinq lignes, dans

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plaisanteries salées, mais avec jugement, dont les saillies réveilloient le froid et le sérieux naturel du roi, et lui étoient d'une grande ressource dans les premiers temps d'arrivée1 en cette terre étrangère. Louville étoit intimement attaché à M. de Beauvillier*, et extrêmement 3 bien avec Torcy \ Il étoit leur intime et unique correspondant, et sûr de ses lettres et de ses chiffres parce que Torcy avoit les postes 5. Il connoissoit à fonds le roi d'Espagne; il agissoit de concert avec Harcourt1', Portocarrero, Ubilla, Arias et les trois charges7, et8 ménageoit les autres sei-

notre tome II, p. i et S. Comparez, dans le même volume, le dernier paragraphe de l'Addition n° 1"26, p. 412, où il dit que c'est son père qui avait fait connaître le marquis à M. de Beauvillier, sans doute comme originaire de ce pays de Chartres dont notre auteur portait le surnom dans sa jeunesse. L'éloge est un peu contredit par les Mémoires de Nouilles, où l'abbé Millot dit que Louville était un esprit intrigant et brouillon, avec plus d'imagination que de jugement (p. 87, 268, etc.).

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