‹ Memoires de Saint-Simon (volume 3)Chapitre 202 sur 548 · Avant dans, il a biffé et · texte numérisé non relu

Avant dans, il a biffé et

4. Quelques mois pins tard, à la fin d'une lettre de plaintes contre son général, Tessé disait au ministre (Michel Ckamillart, par M. l'abbé Esnault, tome I, p. 33) : « J'ai passionnément désiré de mériter d'être un jour maréchal de France; mais je ne le désire, ni ne désirerai jamais l'être sans commander des armées. C'est être inutile au Roi, et je fais ma confession que je vois bien que mon humanité ne pourroit soutenir le poids, qui m'accableroit. »

5. Journal de Dangeau, tome VIII, p. 83, 19 avril 1701 : <■ M. le maréchal de Boufflers partit hier pour retourner à Lille; c'est lui qui commandera notre armée en Flandres, et le maréchal de Villeroy commandera celle d'Allemagne sous Mgr le duc de Bourgogne. »

6. En effet, le 20 avril, quand le prince arriva à Versailles, son grand-père lui annonça cette bonne nouvelle, qui courait d'ailleurs depuis six semaines (Dangeau, p. 84). Dès le commencement de février, étant alors à Toulouse, il avait écrit au Boi et à Mme de Maintenon pour solliciter un emploi : Dangeau, tome VIII, p. 38; Correspondante générale de Mme de Maintenon, tome IV, p. $83-386, 415 et 422.

7. Voici comment Dangeau a enregistré les faits, le "21 avril d'abord : « Avant que de partir pour la chasse, le Roi dit à M. le duc de Chartres, qui le pressoit fort de lui permettre de faire cette campagne, qu'il y consentiront, si Monsieur le trouvoit bon. Monsieur y consent : ainsi ce prince accompagnera Mgr le duc de Bourgogne à l'armée; niais ils ne

consenti l dans l'espérance que Monsieur, piqué de ce qu'on ne lui donnoit point d'année2, n'y consentiroit pas, et y mit la condition que ce seroit avec l'agrément de Monsieur. Monsieur et M. le duc de Chartres, qui comprirent que, servant toujours, il n'étoit plus possible, à son âge, de lui refuser le commandement d'une armée l'année3 suivante, si ils ne le pouvoient obtenir celle-ci, aimèrent mieux sauter le bâton* du service subalterne encore cette campagne5. Le Roi, qui, pour cette même raison, ne vou- m. de Chartres loit pas que son neveu servît, fut surpris de trouver Mon- re use e, ser"

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sieur dans la même volonté que Monsieur son fils, et, contentement si cela s'ose dire, fut pris pour dupe; mais il ne la fut .de Mons'eur' .

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pas, et montra la corde par le retus chagrin qui! ht contraint pas tout net pour qu'on ne lui en parlât plus. 11 s'y trompa avec le "oiencore : M. de Chartres ht des escapades peu mesurées, mais de son âge, qui fâchèrent le Roi et l'embarrassèrent encore davantage7. Il ne savoit que faire à son neveu, qu'il

partiront pas que la guerre ne soit déclarée. M. le duc du Maine et M. le comte de Toulouse serviront, et l'on croit qu'ils serviront de lieutenants généraux dans l'armée de Flandre, sous M. le maréchal de Boufflers. » Puis, le 2S (p. 87) : <• M. le duc de Chartres ne servira point. Le Roi a trouvé que cela ne convenoit point à ses intérêts, et avoit espéré que Monsieur en détourneroit M. de Chartres; mais, Monsieur n'ayant pas voulu s'en charger, le Roi a témoigné h M. de Chartres qu'il lui feroit plaisir de n'y plus songer. Monsieur le Duc et M. le prince de Conti avoient parlé au Roi, il y a quelques jours, et s'étoient présentés pour servir, et lui avoient tenu l'un et l'autre des discours très soumis et point embarrassants, tels enfin que le Roi les pouvoit souhaiter. » La Gazette d'Amsterdam reçut les mêmes informations que Dangeau avait recueillies, mais un peu après lui (n" xxxiv-xxxvi).

t. Avant consenti, le manuscrit porte l'abréviation cof, biffée.

2. Monsieur n'avait plus eu de commandement d'armée depuis sa victoire de Casscl (1677) : ci-après, p. 338, note 3.

3. Avant ce mot, il a biffé un premier l'année, surchargeant suivante.

4. Locution déjà employée au tome V, p. SI. « C'est un mot de ville, » disait en 1726 Mathieu Marais (Journal et mémoires, tome III, p. 161).

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