‹ Memoires de Saint-Simon (volume 3)Chapitre 209 sur 548 · Journal de Dangeau, tome VIII, p. 81 et · texte numérisé non relu

Journal de Dangeau, tome VIII, p. 81 et

9. Il veut dire que le Roi ne devrait jamais offrir l'Ordre à des gens manquant de la noblesse requise, et que, depuis le cas qui va être raconté, l'exemple de sage humilité donné par l'archevêque de Sens n'a

' Cette seconde partie de la manchette remplace: Refus illustre de M. de

Sens, qui se retrouvera plus loin, p. *l~[i.

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et par la promotion du cardinal de Coislin à la charge de grand aumônier de France et de l'Ordre1, et, sans qu'aucun des deux prélats choisis le sussent, ni personne, il nomma M. de Cosnac2, archevêque d'Aix, et M. Fortin de la Hoguette, archevêque de Sens3. Cosnac étoit un homme de qualité de Guyenne1 qui avoit fait grand bruit par son

point été imité comme il aurait convenu, ou l'a été mal. Lorsque les maréchaux seront décorés tous ensemble, en 1705, il reprochera à la « fantaisie momentanée » du Roi d'y avoir fait passer des gens du commun, un Vauban, par exemple, un Catinat, « issu de manants du Perche, » un Châteaurenault, de noblesse bien neuve, bien chétive, bien éloignée de l'Ordre (tome IV de 1873, p. 206-209).

1. Nous avons vu, dans notre tome VU, p. 199 et note 4, que, le grand aumônier de France étant de droit commandeur en surnombre, le cordon donné à l'évèquc d'Orléans en 1688 devenait vacant par sa promotion.

2. Daniel de Cosnac a déjà été cité à propos du mariage de sa nièce avec M. d'Egmont : tome IV, p. 59.

3. Ci-après, p. 279. — Le dimanche 17 avril, « le Roi, en s'habillant, nous dit que les deux commandeurs de l'Ordre qu'il alloit nommer n'en savoient rien, et qu'il ne les avoit nommés qu'à Monseigneur. Au retour de la messe, il tit entrer les chevaliers de l'Ordre dans son cabinet, et nous dit que, pour remplir les deux places vacantes, il avoit choisi MM. les archevêques d'Aix et de Sens. » (Dangeau, tome VIII, p. 81.) Les Mémoires de Sourches ajoutent (tome VII, p. 50) : « Les courtisans, qui avoient de longtemps nommé le premier, furent bien surpris de voir qu'ils s'étoient trompés dans leurs conjonctures au sujet du dernier (en note : Ils ne l'avoient même pas proposé; mais il avoit bien du manège, et cela les avoit trompés) ; mais le Roi les avoit accoutumés à leur faire voir des choix auxquels ils ne s'attendoient pas. » Le premier est Monsieur de Sens; le dernier, Monsieur d'Aix.

4. De Limousin, et non de Guyenne. Voyez la généalogie de cette famille dans le Nobiliaire universel de France, par Viton de Saint-Allais, tome XIV, p. 306-344, les Vitx paparum Avenioncnsium, par Baluze, tome I, col. 1443-1448, la préface des Mémoires de Daniel de Cosnac, édités pour la Société de l'Histoire de France, en double version, par le représentant actuel du nom, en 1852; sa Vie, publiée d'abord dans le Journal de Genève, selon Mathieu Marais, puis, en 1745, dans le tome I du Recueil A-Z, et attribuée à l'abbé de Choisy ou au maréchal de Tessé, mais qui forme le livre vin des Mémoires de l'abbé, et une dernière notice biographique, publiée en 1886 par l'éditeur des Mémoires de Cosnac,

esprit et par ses intrigues autrefois, étant évèque de Valence1 et premier aumônier de Monsieur2. 11 s'étoit entièrement attaché à feu Madame3, pour laquelle il a fait des choses tout à fait singulières1. 11 étoit son conseil et son ami de cœur5, et le Iloi lui en savoit gré. 11 ne put pourtant refuser à Monsieur de le faire chercher et arrêter sur ce qu'il avoit disparu avec soupçon qu'il étoit allé se saisir de papiers qui inquiétoient la jalousie6 de Monsieur, pour les rendre à Madame, et que Monsieur vouloit avoir7. Madame [fut] avertie par le Iloi et donna aussitôt

1. Il n'était pas môme sous-diacre, et ne portait qu'une qualification banale d'abbé, mais avait prononcé quelques sermons devant la Reine, quand Mazarin, en 1654, lui fit donner l'évèclié de Valence et Die, un peu à contre-cœur, dit la Galîia christiana, mais sans doute par reconnaissance de ce qu'il avait fait signer aux princes la paix de Bordeaux. Il avait alors vingt-sept ans : Loret, Muse historique, tome I, p. 508. Cboisy a raconté à quelles intrigues cette nomination donna lieu.

2. Cboisy a raconté aussi comment le jeune évèque acbeta de Mazarin, en 1061, pour vingt-cinq mille écus, la ebarge de premier aumônier de Monsieur, à qui on montait une maison. 11 eut deux mille livres d'appointements et deux mille quatre cents de livrées; sous lui, un aumônier ordinaire, quatre aumôniers par quartier, et quatre bonoraires. On possède un portrait de Cosnac gravé dans cette période de sa vie, en 1666, par Boulanger, d'après la peinture de Claude le Febvre.

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