Cent, sans accord, dans le manuscrit
4. Il a déjà parlé de l'humeur méchante, tyrannique et intolérable de ce prince : tomes I, p. 101, et VII, p. 58 et 233.
5. Ce substantif ne se trouve ni dans le Dictionnaire de l'Académie de 1718, qui ne donne que l'adjectif et le verbe, ni dansFuretière. Il est dans Molière (le Médecin malgré lui, acte II, scène 2), mais comme improvisé par (iéronte en riposte à l'adjectif goguenard employé par Valère.
souffrir qu'ils soient la proie de Monsieur le Prince. » Et de là lui conte comme il l'a1 voulu obliger à lui vendre sa terre, et après l'y forcer en le persécutant, et raconte enfin l'aventure des renards. Le Roi lui promit qu'il parleroit à Monsieur le Prince de façon qu'il auroit repos désormais. En effet, il lui ordonna de faire ôter par ses gens, et à ses frais, jusqu'au dernier renard du parc du bonhomme, et de façon qu'il ne s'y fit aucun dommage, et qu'il réparât ceux que les renards y avoient faits 2; et pour l'avenir, lui imposa si bien, que Monsieur le Prince, plus bas courtisan qu'homme du monde, se mit à rechercher Rose, qui se tint longtemps sur son fier3, et oncques4 depuis n'osa le troubler en la moindre chose5. Malgré tant d'avances, qu'il
1. La, sans apostrophe. — 1. Fait corrigé après coup en faits.
3. Seul exemple que Littré ait cité de cette locution, qui ne se trouve ni dans Furetière, ni dans l'Académie, ni dans le Dictionnaire de Trévoux.
■4. Nous avons déjà rencontré ce vieil adverbe ; il est écrit onques.
5. Gourville, l'intendant des Condé, ne rapporte pas cette anecdote, mais bien une ou deux autres (Mémoires, p. 562), qui montrent le président aussi intraitable que Monsieur le Prince était envabissant, et voulant profiter de ce que celui-ci avait besoiu de faire passer une route au travers d'un bois de Coye pour vendre sa terre tout entière, deux fois plus qu'elle ne lui avait coûté : comme il refusait toutes les offres d'indemnité, si convenables qu'elles fussent, le prince passa outre, et lit ouvrir la route sans son consentement. Le président en fut au désespoir, et « parla môme de Monsieur le Prince beaucoup plus librement qu'il n'auroit dû. » De là un procès qui ne finit qu'après la mort du président, dont les béritiers vendirent Coye de gré à gré, pour sa vraie valeur. Gourville raconte encore une bistoire de faisans qu'on apportait de Coye au président, et que les gardes du prince interceptèrent au passage. « M. de Louvois, l'ayant su, lui dit, à la première vue : « Monsieur Rose, est-il vrai que le convoi de Coye a été battu/ -> Celui-ci se mit dans une grande colère, et se plaignit fort du peu de justice que le Roi lui faisoit sur tout ce qui se passoit entre Monsieur le Prince et lui — » Quoique ces anecdotes soient placées par Gourville au milieu de souvenirs antérieurs à la guerre de Hollande, elle ne peuvent s'appliquer qu'au fils du grand Condé, qui survécut au président et finit par traiter avec ses héritiers. C'est lui aussi qui, selon le même Gourville (p. 579), dépouilla le premier président Nicolay d'une petite capitainerie « que ce président s'étoit érigée, » sous prétexte qu'elle dé-
fallut bien enfin recevoir, il la lui gardoit toujours bonne1, et lui làchoit volontiers quelque brocard. Moi et cinquante autres en fûmes un jour témoins2. Les jours de Conseil, les ministres s'assembloient dans la chambre du Roi, sur la fin de la messe, pour entrer dans le cabinet quand on les appeloit pour le Conseil, lorsque le Roi étoit3 rentré par la galerie droit dans ses cabinets. Il v avoit toujours des courtisans à ces heures-là dans la chambre du Roi, ou qui a voient affaire aux ministres, à qui ils parloient là plus commodément, quand ils avoient peu à leur dire, ou pour causer avec eux. Monsieur le Prince y venoit souvent, et il étoit vrai qu'il leur parloit à tous sans avoir rien à leur dire, avec le maintien d'un client qui fait bassement sa cour. Rose, à qui rien n'échappoit, prit sa belle qu'il y avoit beaucoup du meilleur de la cour4, que le hasard y avoit rassemblé ce jour-là, et que Monsieur le Prince avoit cajolé les ministres avec beaucoup de souplesse et de flatterie. Tout d'un coup, le bonhomme, qui le voyoit faire, s'en va droit à lui, et3, clignant un œil avec un doigt dessous, qui étoit quelquefois son geste : « Monsieur, lui dit-il tout haut, je vous
pendait de sa capitainerie d'Halatte; mais les documents officiels (Pièces justificatives pour servir à l'histoire de la maison de Nicolay, tome I, n° 3t>3) prouvent que l'affaire lut menée conjointement par le prince et par son père, en 1685, et que Gourville y chercha une occasion de se venger des rigueurs de la Chambre des comptes. A la génération suivante, en [~'H (Mémoires, tome II, p. 229), Mathieu Marais raconte encore, que, le seigneur d'Ermenonville n'ayant pas voulu vendre à Monsieur le Duc, celui-ci, en manière de vengeance, a fait ordonner, par arrêt du Conseil, l'ouverture de plusieurs routes dans Halatte.
1. La garder bonne à quelqu'un, « conserver son ressentiment jusqu'à une occasion de se venger. » (Furetière.)
2. L'anecdote qui va suivre, comme l'autre, se trouvent toutes deux accouplées aussi dans les Additions.
S. Lorsque et estoit ont été ajoutés en interligne.
4. C'est-à-dire saisit une occasion où la fine fleur de la cour se trouvait réunie là. Nous avons déjà eu un emploi analogue de sa belle dans notre tome VI, p. 31(i.