Et surcharge [clignant
vois faire ici un manège avec tous ces Messieurs, et depuis plusieurs jours, et ce n'est pas pour rien ; je connois ma cour et nies gens depuis longues années, on ne m'en fera pas accroire : je vois bien où cela va; » et avec des bonds et des inflexions de voix qui embarrassoient tout à fait Monsieur le Prince, qui se défendoit comme il pouvoit. Ce dialogue amassa les ministres et ce qu'il y avoit là de principal autour d'eux. Comme Rose se vit bien environné, et le Conseil sur le point d'être appelé1, il prend respectueusement Monsieur le Prince par le bout du bras, avec un souris fin et malin : « Seroit-ce point. Monsieur, lui dit-il2, que vous voudriez vous faire premier prince du sang? » et à l'instant3 fait la pirouette et s'écoule. Qui demeura stupéfait? ce fut Monsieur le Prince, et toute l'assistance à rire sans pouvoir s'en empêcher. C'étoit là de ces tours hardis de Rose; celui-là fit4 plusieurs jours l'amusement et l'entretien de la cour. Monsieur le Prince fut enragé; mais il ne put et n'osa que dire5. Il n'y avoit guères plus d'un an de cette aventure lorsque ce bonhomme mourut6.
Rose 11 n'avoit jamais pardonné à M. de Duras un trait qui
en effet fut une cruauté. C'étoit à un voyage de la cour. La voiture de Rose avoit été, je ne sais comment, déconfite7; d'impatience, il avoit pris un cheval. Il n'étoit pas bon cavalier: lui et le cheval se brouillèrent, et le cheval