C'est Dangeau qui le dit, tome VIII, p
4. Leur union avait présenté de singuliers incidents dès le début : Mme de la Baume, mère de Tallard, ayant obtenu du Roi qu'on enlevât Mlle de la Tivolière à ses parents, le mariage se fit malgré M. de Viriville, et peut-être malgré sa fille elle-même (Lettres de Mme Sérigné, tome IV, p. 383, 392 et 117).
5. 11 a déjà été parlé plusieurs fois de la duchesse d'Arpajon, surtout en 1696 (tome III, p. 176-180), à propos de Mme de Roucy. sa tille. Mme de Sévigné rapporte (Lettres, tome VII, p. 267-269) que c'est Mme de Maintenon elle-même, qui, en souvenir de l'ancienne amitié de Beuvron et de sa sœur pour elle, l'avait fait nommer dame d'honneur de la Dauphiné entre toutes les concurrentes, en assurant au Roi qu'à son ancienne beauté elle joignait une parfaite réputation, de la douceur, de la complaisance, de la sûreté. Spanheiin la compte en outre (Relation de 1690, p. 150-131), avec le duc de Montausier et la maréchale de la Motte-Houdancourt, parmi les personnes de la cour qui entretiennent les meilleures tables de l'argent que le Roi leur donne à cette intention, pour lui faire honneur, « et suivant le plus ou moins de ménage qu'il dépend de ces personnes susdites d'y apporter. » C'est DorÉnice du Dictionnaire des Précieuses, que « la plus noire médisance n'a jamais pu accuser que de trop de froideur. » Le portrait qu'on a placé d'elle à Versailles est gravé dans les Galeries historiques, série x, section 5, Supplément. Tallemant des Réaux, en 1650 (Historiettes, tome VI, p. 495), et Loret, en 1659, lors de son mariage (Muse historique, tome III, p. 46), vantent sa beauté incomparable, qui, plus tard, fut peulèlre gâtée par la petite vérole qu'elle gagna en soignant sa fille.
chai de Villeroy1, moururent en même temps2. J'ai tant Mme d'Hauteparlé d'elles, que je n'ai rien à y ajouter3. nvc;
Mme de Bournonville1, qui, faute de tabouret très mal à De Mme de
p. j • » il 'i • . > i ,! j ' • Bournonville.
propos prétendu5, n alloit point a la cour, et s en depi- ,Add §,§ 37S-, quoit à Paris par ses charmes6, mourut fort jeune aussi7. Elle étoit sœur du second lit de M. de Chevreuse, et son mari8 cousin germain de la maréchale de Noailles9. Elle
1. 11 a été aussi parlé de celte dame, à propos de la mort de son mari, en 1700 (tome VII, p. 45-47), et son portrait a été gravé, à côté de celui de Mme d'Ârpajon, dans les Galeries historiques.
i. Le 10 et le 11 mai : Journal de Dangeau, tome VIII, p. 98 et 99; Mémoires de Sourches, tome VII, p. 62 ; Gazette, p. 240.
3. Il prononcera bien souvent encore le nom de Mme d'Arpajon, pour rappeler quelques traits qu'il a déjà racontés; mais celui de Mme d'Hauterive ne reparaîtra qu'une fois.
4. Marie-Charlotte-Victoire d'Albert de Luynes, fille de Louis-Cbarles, duc de Luynes, et de sa seconde femme Anne de Rohan-Montbazon, et sœur germaine du comte d'Albert, du chevalier de Luynes, de la comtesse de Verue et des marquises d'Heillv et de Saissac, épousa, le 29 avril 1682, le prince de Bournonville qui va suivre, et mourut le 22 mai 1701.
5. Voyez ce que Clairambault dit des Bournonville dans le mémoire qu'il fit pour M. de Pontchartrain, en 1696, sur les rangs et distinctions des princes étrangers : ci-après, appendice XX.
6. La collection de modes de Bonnart comprend plusieurs portraits d'elle en pied, de 1694; dans l'un, un nègre semble lui servir du café.
7. « Mme de Bournonville, qui tomba en apoplexie il y a quelques jours, et qui étoit accouchée sans connoissance d'un enfant mort, et qui depuis s 'étoit assez bien portée pour qu'on la crût hors de danger, mourut l'après-dmée à Paris. Elle étoit sœur du duc de Chevreuse d'un second lit. Elle n'avoit que trente-deux ans. Elle ne venoit jamais à la cour. » [Journal de Dangeau, tome VIII, p. 108; comparez les Mémoires de Sourches, tome VII, p. 64 et 6fy.) Selon la Gazette, p. 252, elle avait trente-trois ans et demi.
8. Alexandre-Albcrt-François-Barthélemy, duc et prince de Bournonville, comte d'Hénin, marquis de Richebourg, etc., qui a déjà été nommé en 1693, parmi les blessés de Nerwinde (tome I, p. 257 ; comparez ['Histoire généalogique, tome V, p. 841), avait hérité du titre de duc en 1690, à la mort de son père, qui était vice-roi de Navarre, avec cinquante mille livres de rente dans la Elandre espagnole et soixante mille en France.
9. La duchesse et maréchale de Noailles, que notre auteur a nommée plusieurs fois déjà, surtout dans les tomes V et VI, et ci-dessus, p. 48,
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Add, S'S.377] laissa un fils et une fille fort enfants1. Le père'de Mme de Noailles, frère du sien3, a voit été duc à brevet après son
s'appelait Marie-Françoise de Bournonville. Née en 1656, mariée le 13 août 1671 à Anne-Jules de Noailles, nommée dame du palais de Marie-Thérèse le 2 janvier 167i, elle mourut le 16 juillet 1748, dans sa quatre-vingt-treizième année, comme le dit l&Gazette, ayant eu vingtdeux enfants.
1. « Elle laisse un fils et deux filles, dont l'aînée a été déjà souvent ici, et pour qui Mme la duchesse de Bourgogne témoigne assez d'amitié. » (Journal de Dangeau, tome VIII, p. 108.) Le fils, nommé Philippe-Alexandre, duc et prince de Bournonville, né le 10 décembre 1699, eut une commission de mestre de camp le 18 mai 1713, mais mourut sans postérité et dernier de sa branche, « bien jeune et bien vieux » (Lettres de Mlle Âïssé, p. 104), le 5 janvier 1727; c'est sa veuve qui épousa en secondes noces, deux ou trois mois plus tard, le fils aîné de Saint-Simon, comme celui-ci le dit dans l'Addition placée ici. Les deux filles étaient : Angélique-Victoire, née le 23 janvier 1686, qui épousera, le S janvier 1706, le second duc de Duras, et mourra le 29 septembre 1764; Delphine- Victoire, née le 23 décembre 1696, qui épousera, le 13 mars 1720, Vietor-Alexandre-Cyr, marquis de Mailly, et mourra le 2 avril 1774. La duchesse leur mère, ayant perdu d'autres enfants tout jeunes, avait tenu à déposer leurs corps ;i Port-Royal, où sa propre éducation s'était faite (Sainte-Beuve, Port-Royal, tome V, p. 247). Saint-Simon reparlera du mari et des enfants en 170.'i.
2. Ambroise-François, marquis de Bournonville, qui s'attacha au service de la France à partir de 1634, fut successivement capitaine, maréchal de bataille, colonel d'infanterie et maréchal de camp, fut créé duc et pair en septembre 1652, mais sans que ses lettres fussent enregistrées, eut en 1660 la charge de chevalier d'honneur de la Reine et le gouvernement de Paris, dont il possédait la survivance depuis le 30 mai 1657, quitta le service en 1662, après la mort de Mazarin et la disgrâce du surintendant Foucquet, embrassa l'état ecclésiastique quand il eut perdu sa femme en 1678, entra dans un couvent de Provins, reçut l'abbaye de Savigny en mai 1690, la rendit dès le mois d'août suivant, et mourut le 12 décembre 1693, au château de la Motte-Tilly, où il s'était retiré depuis quelques années, ayant donné son bien en dot à Mme de Noailles.
3. Alexandrc-Hippolyfe-Balthazar, duc et prince de Bournonville, servit tour à tour l'Empereur et le roi d'Espagne, parvint au grade de mestre de camp général des armées impériales, eut la Toison d'or en 1672, divers gouvernements ou commandements, les vice-royautés de Sicile, de Catalogne et de Navarre, et mourut à Pampelune, le 20 août 1690. C'était un savant, généalogiste et mathématicien, avec l'esprit quelque peu railleur, selon (iourville. Turenne le battit en 107 5.
père'. Le père de M. de Bournonville étoit l'aîné, et eut de grands emplois en Espagne, où il mourut2. Le cadet, père de Mme de Noailles, s'attacha à la France, et y eut3 des charges considérables*. Le brevet de duc lui fut renouvelé. Ils ne sont point héréditaires : ainsi M. de Bournonville dont il s'agit ici n'y avoit point ombre de droit4.
Segrais3, poète françois6 illustre, élevé chez Mademoi- MortdcScgrais selle fille de Gaston7, et retiré à Caen dans le sein des belles-lettres8, étoit mort fort vieux auparavant9.
La France perdit le plus grand homme de mer, de Du maréchal
1. Alexandre l<r, né à Bruxelles le 14 septembre 1585, et d'abord titré comte d'Hénin, servit l'archiduc Albert, gouverneur des Pays- Bas, soit dans les armées, soit comme gentilhomme de la chambre et comme ambassadeur à Paris (1612 et 1630) et à Vienne (1627), prit une part brillante aux guerres d'Allemagne et de Flandre, mais se retira en France, en 1634, après la mort de l'infante Isabellc-Claire- Eugénie, souveraine du Brabant et des Flandres, à laquelle il était attaché depuis son enfance, et mourut à Lyon le 22 mars 1636.
2. La carrière politique et militaire de chacun d'eux est longuement exposée dans l'Histoire généalogique, tome V, p. 838-840.
3. Eu, par niégarde, dans le manuscrit. — 4. Voyez l'appendice XX. o. Jean Begnaut de Segrais, né à Caen le 22 août 1624, mort dans
la même ville le 25 mars 1701 (Journal de Dangeau, tome VIII, p. 76).