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4. Ceci est pris du Journal de Dangeau, tome VIII, p. 113, 29 mai; comparez les Mémoires de Sourches, tome VII, p. 71, et la Gazette, p. 27o. Le Roi permit au duc, en attendant, de porter le cordon jusqu'à ce qu'il revint pour le chapitre du 1™ janvier suivant : toutefois, ce provisoire dura jusqu'en 1717, époque où M. de Popoli fut enfin reçu, avec son élève le prince des Asturies, mais à Madrid même.
5. Notamment en 1702, en 1746, en 1722, etc. C'est un des personnages espagnols sur qui il s'étendra le plus longuement. Louville et Mme des Ursins faisaient grand cas de lui.
6. Charles Renouard, dit de la Touanne, fds d'un marchand de Meung qui était devenu receveur des tailles à Montdidier (ms. Clairambault 734, p. 319), commença par avoir en commission la recette des tailles de Romorantin et de Baugency (28 septembre 1678), puis acheta, en septembre 1685, la charge alternative de trésorier général de l'extraordinaire des guerres et de la cavalerie légère par delà et par deçà les monts, que possédait M. de Villeromard, et s'y fit recevoir le 18 janvier 1686. Il mourut le jour même où fut publiée la déclaration dont nous parlerons plus loin, c'est-à-dire le 3 juin 1701. Son portrait, peint par Largillière, avait figuré au salon de 1699.
7. Jean de Sauvion (et non Saur ion, comme on l'a imprimé jusqu'ici), baptisé' le 26 septembre 1643, reçu avocat en 1670 et secrétaire du Roi le 17 juillet 1693, s'était associé en 1686 avec la Touanne, dont il avait épousé une sœur en 1669. Il mourut à l'âge de quatre-vingts ans.
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des guerres1, culbutèrent et firent banqueroute2. Ils en avertirent Chamillart, qui, par l'examen de leurs affaires,
1. La charge de trésorier de l'extraordinaire dos guerres tant deçà que delà les monts, dont la création on titre d'office remontait au 9 août 1553, avait été subdivisée on charge ancienne et charge alternative en 1554, et en charge triennale en 1568. Kilos étaient donc au nombre de trois, et chacune, comme l'indiquent ces qualifications, n'avait d'exercice que tous les trois ans. La fonction était de payer tous les « nouveaux » régiments, c'est-à-dire les corps postérieurs à la création primitive de l'armée permanente", tandis que les « vieux régiments » formaient le département de doux trésoriers de l'ordinaire, et que les corps de la maison du Roi ou de la prévôté de l'hôtel, les fortifications, l'artillerie avaient des trésoriers particuliers. Les trésoriers de l'extraordinaire prenaient des provisions séparées pour la cavalerie légère. En 1685, M. de Villeromard avait vendu sa charge à la Touanne pour deux millions deux cent mille livres (Journal de Dangeau, tome I, p. 223) ; mais il n'y avait, à ce moment-là, que deux charges en réalité, et non trois, chacun des deux titulaires possédant une moitié de la troisième. Comme le maniement des fonds, en temps de guerre, dépassait soixante millions par an, on conçoit quels pouvaient être les bénéfices du trésorier en exercice4. Les dossiers relatifs à l'extraordinaire des guerres du temps de Louis XIV, dans les papiers du Contrôle général, remplissent quinze cartons : Arch. nat., G7 1774 à 1788.
2. Journal de Dangeau, tome VIII, p. 117-118 ; Mémoires de Sourches, tome VII, p. 73; Correspondance générale de Mme de Maintenait, tome IV, p. 426-427; Mercure, juillet 1701, p. 250; Desnoiresterres, les Cours galantes, tome III, p. 216-218 ; Archives de la Bastille, tome X, p. 371-376. Les premiers bruits de banqueroute avaient commencé à courir vers le 10 mai, et la caisse de la Touanne avait été saisie aussitôt [Gazette d'Amsterdam, n" xi.). Selon les Mémoires de Sourches, c'est Sauvion qui (''tait allé déclarer au contrôleur général que, ne voulant pas faire de banqueroute frauduleuse, il venait lui donner avis des choses et remettre trois ou quatre cent mille livres qu'il avait en portefeuille. Le Roi avait ordonné aussitôt qu'on les écrouât tous deux à la Bastille. Voyez un factum publié contre Sauvion, dans le dossier bleu 726 (Arnaud) du Cabinet des titres, fol. 14-15.
" C'est à tort que l'éditeur des Arc/tires de la Ha.vlillc a dit (tome III, p. 10o, note) que l'extraordinaire des guerres représentait les fonds réservés pour les dépenses imprévues du ministère.
6 En 1787, l'Encyclopédie méthodique — Finances (art. Trésorier) évalue les bénéfices à un million par an, et même treize cent mille livres en temps de guerre. Sur la comptabilité de celte trésorerie, on peut voir un règlement du 8 janvier 17-Ji : Arc h. nat., E -20-1-2.
des trésoriers de l'extraordinaire des guerres.
la trouva do quatre millions1. On les mit à la Bastille', le Roi prit ce qu'il leur restoit, et se chargea de paver Les dettes, pour conserver son crédit à l'entrée d'une grosse guerre, pour laquelle cette faillite ne fut pas de bon augure3. On en fut fort surpris par le soin avec lequel ils
1. Par une déclaration dater- du 3 juin, le Roi reconnut que, la Touanne et Sauvion avaient besoin de secours, leur passif par billets d'emprunt aux particuliers dépassant neuf millions huit cent mille livres, outre quatre cent mille livres dues au Moi lui-même ou à des officiers de ses troupes, tandis que leurs effets ne montaient pas à six millions; qu'il était impossible d'abandonner aux recours de la justice ordinaire les particuliers qui avaient fourni leur argent pour soutenir le service et « sur la bonne foi qui doit être gardée par ceux qui sont chargés du maniement des deniers du Roi; » que ce serait à la fois la ruine de ces gens-là et le discrédit des trésoriers royaux; que, par conséquent, les effets réalisables devraient être employés à leur remboursement, principal et intérêts, et qu'en attendant, ce remboursement serait assigné sur les aides et gabelles au moyen de billets des fermiers généraux; mais que désormais la peine de mort serait prononcée contre tout préposé au maniement des deniers royaux qui les emploierait à son usage particulier ou les détournerait. Cette déclaration parut dans plusieurs gazettes ou recueils périodiques. Voyez aussi, aux Archives nationales, les arrêts du Conseil, E 1914, 16 et 22 août, et 6 décembre 1701, et les papiers de la liquidation la Touanne, V7 252.
2. Un seul, Sauvion, fut mis à la Bastille; comme nous l'avons vu. la Touanne, qui se trouvait malade à la campagne, y mourut avant d'être transportable, le jour où la déclaration fut publiée. Quant au premier, moins coupable, et qui ne savait pas l'état de leurs affaires communes depuis cinq ans, il fut mené à la Bastille, avec certains égards, le 0 juin, puis relâché le $ septembre, sous la caution de ses quatre gendres, Saint-Laurent, Bertin, Paparel et Guymont, financiers de haute importance. (Dangeau, tome VIII, p. 184; Archives de la Bastille, tome X, p. 374-376; Bertin, les Mariages dans l'ancienne société, p. 564-566.)
3. Journal de Dangeau, tomes VIII, p. 263, et X, p. 100; Archives de la Bastille, tome X, p. 373-377 ; Correspondance des Contrôleurs généraux, tome II, n" 843, note. Tout fut remboursé, après consultation avec les premiers présidents du Parlement et de la Cour des aides, et la perte dépassa sept millions : ibidem, n°' 286, 988 et 1214. et Appendice, p. 514 et 584-585. La vente de la charge de la Touanne, qui fut achetée par Montargis, gendre de Mansart, et des deux autres charges, dont les titulaires n'avaient pas encore pris possession ni fait leurs payements, produisit trois millions six ou sept cent mille livres [Dan-
avoient soutenu et caché leur désordre jusqu'à rien plus1 sous la sérénité et le luxe des financiers2.
Le royaume de Hongrie n'avoit jamais tari de mécon- L'Empereur tents, et en avoit souvent des marques3 qui leur avoient
fait arrêter
Hagotzi.
geau, tome VIII, p. -2"d: Sourches, tome VII, p. 108). On profita d'ailleurs de cette circonstance pour modifier et alléger le service : un édit d'octobre 1701 ne laissa plus subsister, en debors de la maison militaire du Roi, que trois trésoriers généraux, un ancien, un alternatif et un triennal, aux gages effectifs de trente mille livres par an, plus les remises, et autant de principaux commis.
1. Un désordre poussé au plus haut point. M. Hat/.feld veut bien me signaler cette locution dans ï Institution chrétienne de Calvin (III, xxv, 3) : « Des femmes si effrayées que rien plus. »
-2. C'est d'une de ces catastrophes que la Bruyère avait dit, en 1689 (Caractères, tome I, p. 271-272) : « Ce palais, ces meubles, ces jardins, ces belles eaux vous enchantent.... Leur maître n'est plus.... Ses créanciers l'en ont chassé : il a tourné la tète, et il l'a regardée de loin une dernière fois, et il est mort de saisissement. » — La Touanne et sa femme (Catherine Rover, morte le 14 juillet 1712), qui lui avait apporté plus de deux cent trente mille livres en mariage, possédaient non seulement une belle maison à la porte Gaillon, construite pour le financier Cotteblanche à côté de celle de Sauvion, une autre maison à Fontainebleau, dont le Roi prit possession, et une grande habitation à Saint: Maur, que les princes allaient visiter et admirer (Mercure, août 1700, p. 9-11; Cours galantes, par M. Desnoirest erres, tome IV, p. 15), et qui fut donnée à Monsieur le Due, comme on le verra bientôt, mais encore le château et la terre de Champs, en Brie, qui passèrent à Bourvallais, puis furent pris à bail par la princesse de Conti. Nous avons dit que le trésorier y mourut; il y avait alors trois ou quatre cents ouvriers. Leur train de maison était fort bien réglé : à Saint-Maur, où ils prétendaient avoir dépensé onze cent mille livres, mais qu'on n'estima que soixanterinq mille livres (Arch. nat.. G7 131, 7 novembre 1701), un premier coup de coulevrine avertissait les « officiers » de mettre le couvert, quand il y avait des invités; un second commandait aux domestiques de se tenir prêts, et trois autres ordonnaient de servir {Archives de ht Bastille, tome X, p. 376-377). Leur argenterie était renommée, et .M. de Torcy la prit en échange d'autres pièces. La Touanne avait marié son fils à la fille du procureur général liosc du Bois, nièce de cette
da de la Hoche qui gouvernail la maison du tout-puissant Bontemps
(ci-dessus, p. 4-2 et i3), et, si celui-ci n'avait disparu quatre mois trop tôt, la catastrophe eût peut-être été évitée ou dissimulée.