‹ Memoires de Saint-Simon (volume 3)Chapitre 236 sur 548 · On lirait aussi bien : liens · texte numérisé non relu

On lirait aussi bien : liens

4. Georges H, né vers 1615, succéda à Georges I", qui suit, en 1648, passa les douze années suivantes à faire la guerre aux Polonais, puis aux Turcs, fut battu presque constamment par les uns et les autres, et mourut le 26 juin 1660, de blessures reçues dans une dernière bataille près de Klausenbourg. 11 était luthérien.

5. Georges 1" (1591-1618) fut élu prince de Transylvanie eu 1631

fait prince de l'Empire, et son bisaïeul" avoient été princes de Transylvanie2, ce dernier élu en 1606, après la mort deBotzkay8. Le Ragotzi dont je parle4 avoitété bien élevé, et n'avoit encore guères pu faire parler de lui, observé de près comme il l'étoit, lorsque, devenu par tant d'endroits si proches suspect3 à l'Empereur, qui découvrit de nouveaux remuements en Hongrie, il le fit arrêter et enfermer

et accepta l'offre de la couronne de Hongrie en 1643, mais, mal soutenu par la Suède et la France, traita, en 1645, avec l'empereur Ferdinand, qui le fit prince de l'Empire. Il préparait sa candidature au trône de Pologne, quand la mort l'arrêta.

1. Ces trois derniers mots sont ajoutés en interligne. — Sigismond Rakoczy, magnat hongrois, élu malgré lui prince de Transylvanie, en 1607, abdiqua presque aussitôt au profit de Gabriel Battori, et mourut en 1613.

2. Art de vérifier les dates, tome II, p. 6*2-66. — Ce pays, peuplé de Saxons, de Bulgares et de Hongrois, borné au S. par les monts Carpathes, à l'E. par la Moravie, à l'O. par la Hongrie, s'était détaché de celle-ci en 1541, et mis sous la dépendance du Sultan, avec un prince électif et des états. II tirait des profits considérables de ses mines de sel. Le traité de Carlo witz, en 1699, le replaça sous le protectorat de l'Autriche, et, en 1763, la maison princière s'étant éteinte, Marie- Thérèse le réunit à l'Empire ; ce n'était plus une souveraineté que de nom depuis 1713. Les Elzevier publièrent en 1680 deux petits volumes de Mémoires de la atterre de Transylvanie et de Hongrie entre l'empereur Léopold I" et le Grand Méhémet IV, Georges Ragotski; etc. On se rappelle les vers de la Fontaine, en 1668 [les Voleurs et l'Ane) :

Les voleurs sont tel ou tel prince, Connue' le Transylvain, le Turc et le Hongrois.

3. Etienne II Botzkay ou Boczay, protestant de religion, élu prince après quatre Battori, en 1603, fut reconnu et confirmé par le Sultan et l'Empereur, avec un titre héréditaire de roi, mais mourut empoisonné le 28 décembre 1606.

4. Françpis-Léopold, né le v27 mars 1676, et élevé sans soin par son beau-père Tœkœly et par sa mère, fut amené à Vienne, avec celle-ci, après la célèbre défense de Munkacs, et placé chez les jésuites, sous la tutelle du cardinal Kolonics. Au bout d'un an de séjour en Italie, il était revenu se marier en Allemagne, et il vivait depuis lors en dehors de la politique, tantôt en Hongrie, à Munkacs, d'où les Mécontents l'avaient forcé de se retirer en juillet 1697, tantôt à Vienne.

». Avant suspect, il a biffé un second devenu.

à Neustadt1 au mois d'avril de cette année'. On prétendit qu'ilyétoit entré innocent3; nous verrons bientôt que, s'il n'en sortit pas coupable4, il le devint bientôt après3. Il

1. Neustadt-Wienerisch, à cinquante-trois kil. S. de Vienne, se trouvait être une place très forte par sa position au confluent du Klein-Fischa el du Kerbach. C'est une des forteresses où nous avons vu que le cardinal de Fûrstenberg avait été enfermé, et deux des principaux condamnés de 1671, Zrinyi et Frangipani, y avaient subi la peine capitale.

"2. Journal de Dangeau, tome VIII, p. 100. Du Journal, où il a trouvé la mention de l'arrestation, mais qui dit seulement qu'elle a été faite près de Tokai et que le prince a été transféré à Epérics, ville voisine de son château de Saros, notre auteur s'est reporté au Moréri, qui parle de Neustadt, où le prisonnier ne fut enfermé que quelques jours plus tard. Comparez la Gazelle de 1701, p. 303.

3. Un officier d'origine hollandaise à qui il avait confié une lettre pour Louis XIV, où il se bornoit à rappeler les anciennes relations et alliances de ses pères avec la France, transmit ce document, non au destinataire, mais à l'empereur Léopold, et désigna plusieurs personnages du parti catholique comme préméditant avec lui le massacre des garnisons allemandes de Hongrie et l'enlèvement de la cour impériale. Ces projets ne convenaient guère au caractère du prince, essentiellement doux et tranquille; mais l'occasion parut bonne aux conseillers de l'Empereur pour faire tout retomber sur un homme qui avait des relations avec le gouvernement de Louis XIV, et on essaya même de compromettre M. de Villars : voyez ses Mémoires, tome I, p. 33-2-334 et 343-346, la Gazette d'Amsterdam, Extr. xxxvn et n" xxxix-xi.ii et xuv, la Gazette de Foligno, n" "21 , notre Gazette, p. 2o4-2oo et "291, les Mémoires de Sourches, tome Vil, p. 63, le Supplément au Journal île Verdun, tome II, p. 160-468, le Mémoire du marquis de Bonnac sur les affaires du Nord publié par M. Schefer (1889). p. 30-63, etc.

4. Il s'évada, après six mois de détention, et parvint à se réfugier à Varsovie, quoique sa tète eût été mise à prix.

5. C'est en 1703 (tome IV de 1873, p. 6, etc.) que nous le verrons prendre le commandement des Mécontents et menacer Vienne, soulever la Transylvanie, nouer des relations avec la France, la Bavière et la Turquie, etc. 11 se fera proclamer prince de Transylvanie en 1704, prétendra même au trône de Hongrie en 1707, et ne renoncera à la lutte qu'en 1712 pour venir prendre asile à la cour de France. 11 y vivra. choyé et largement pensionné, jusqu'en 1717. partira alors pour Constantinople, sur l'appel du Sultan, mais sera obligé, par la paix de Passarowitz, de se retirer de l'autre coté de la mer de Marmara. C'est là qu'il mourut le <S avril 173.3, âgé de cinquante-six ans, ayant composé,

Monsieur.

étoit dès lors marié à une princesse de Hesse-Rheinfels1.

Le roi d'Angleterre étoit revenu de Bourbon'2 avec peu Retom-deseaux ou point de soulagement3, et Monsieur étoit toujours à ( " n" Jaciues- Saint-Cloud, dans la même situation de cœur et d'esprit, et gardant avec le Roi la même conduite que j'ai expliquée*. C'étoit, pour lui, être hors de son centre à la foi- Peines de blesse dont il étoit, et à l'habitude de toute sa vie d'une grande soumission et d'un grand attachement pour le Roi, et de3 vivre avec lui, dans le particulier, dans une liberté de frère, et d'en être traité en frère aussi avec toutes sortes de soins, d'amitié et d'égards dans tout ce qui n'alloit point à faire de Monsieur un personnage6. Lui ni Madame n'avoient pas mal au bout du doigt, que le Roi n'y allât dans l'instant, et souvent après pour peu que le mal durât. 11 y a voit six semaines que Madame a voit la fièvre double-tierce7, à laquelle elle ne vouloit rien faire, parce qu'elle se traitoit à sa mode allemande, et ne faisoit pas

depuis sa retraite, des mémoires et des ouvrages ascétiques. Saint-Simon parlera surtout de lui lors de son arrivée à Versailles, en 1713, et reviendra alors sur tous les faits et les personnages dont il est question ici.

1. Charlotte-Amélie, fille du landgrave de Hesse-Rheinfels (ici, Rliinfeltz), née le 8 mars 1679, mariée le u2r> septembre 1694, et morte à Paris, le 18 février 17"2"2, dans un couvent où elle s'était retirée depuis le départ de son mari. Elle était proche parente de l'Impératrice.

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