‹ Memoires de Saint-Simon (volume 3)Chapitre 24 sur 548 · Celui que nous avons vu si cérémonieusement poli · texte numérisé non relu

Celui que nous avons vu si cérémonieusement poli

4. " On dit... qu'on a bon bec pour dire qu'on parle bien et beaucoup. » (Furetière.) Nous trouverons aussi « avoir bec et ongles. »

5. Cette anecdote peut bien se placer dans la journée du 3 mai 1670, où Pellisson raconte (Lettres historiques, tome 1, p. 9-10) que toute la cour s'embourba aux environs de Landrecies, que le major Forbin faillit y être noyé, et (pie Rose, qui était dans le carrosse du maréchal de Bellefonds avec M. de Villars et Benserade, fut obligé d'en descendre et de faire le cbemin à pied.

6. Le président avait eu de. Madeleine de Villiers, qui mourut cinq mois après lui. le "27 juin 1701, à quatre-vingt-un ans et cinq mois, un tils unique, Louis Rose, dit M. de Coye, conseiller au parlement de Metz et survivancier de la charge de secrétaire du cabinet, qui épousa en mars 1684 une tille du président de Châteaugontier, et mourut le u2."> mars 1688", laissant un fils, une tille et une veuve, qui se remaria au

" Les Mémoires de Sourches disent (tome II, p. 153) que le père « en eut une extrême douleur parce qu'il étoit son fils unique, quoique d'ailleurs ils

lui \ à Portail qui longtemps depuis est mort premier président du parlement de Paris2. Le mariage ne fut point concordant3 : la jeune épouse, qui se sentoit riche parti, méprisoit son mari, et disoit qu'au lieu d'entrer en quelque bonne maison1 elle étoit demeurée au portail6. A la fin, le père, vieux conseiller de grand chambre0, et le fils

marquis de Vatan. Le petit-fils, nommé aussi Louis, marquis de Coye, puis do Vaudreuil, ne on 1684 ei tenu sur los fonts par le Roi le 14 octobre 1691 (Gazette, p. 608), fit son apprentissage aux mousquetaires, passa lieutenant aux gardes, puis acheta le régiment d'infanterie de Sourches en janvier 1703, mais mourut au siège do Turin, le 24 août 1706. Sa sœur, Rose-Madeleine, mariée le 2K avril 1699 [Dangeau, tome VII, p. 63, et Mercure, mai 1699, p. 193-198; elle avait dû épouser le marquis de Poissy à la tin de 1694), mourut le 21 mai 1766, dans sa quatre-vingt-quatrième année.

1. Encore de plus est on interligne, au-dessus de de ard> biens deliuj.

2. Antoine Portail, IVe du nom, soigneur de Vaudreuil et de Chatou, né le 18 mars 1674, avocat du Roi au Chàtelet on 1694, conseiller au Parlement en 1697, avocat général en 1698, devint président à mortier le 20 mai 1707, premier président le 24 septembre 1724, membre de l'Académie française le 28 décembre suivant, et mourut le 3 mai 1736. Voyez l'Addition au Journal de Dangeau, tome XI, p. 355.

3. Nous avons déjà eu cotte expression au tome V, p. 105. — Il y eut une séparation passagère entre les nouveaux époux, presque aussitôt après le mariage, dit le P. Léonard.

4. Comme on l'a vu au tome 1 (p. 171 et Addition n° 44), l'auteur de cette famille parlementaire était un premier chirurgien de Louis XIII qui avait servi aussi les trois rois précédents. Cette origine est dissimulée dans la généalogie que dressa en 1734 l'abbé d'Estrées; mais d'Hozier l'avait consignée dans son mémoire de 1706 sur les familles du Parlement : ms. Clairambault 754, p. 281.

5. Jeu de mots renouvelé encore à la génération suivante : Journal de Barbier, tome II, p. 289.

6. C'est le rapporteur du procès des ducs et pairs contre le maréchal de Luxembourg : tome II, p. 73.

ne fussent pas trop bien ensemble: mais le Roi eut soin de le consoler en lui donnant, sans qu'il le demandât, un brevet de retenue de deux cent mille livres, qui étoit toute la valeur de sa charge. » Et l'annotateur a ajouté: « Il méritoit bien la grâce que le Roi lui faisoit par ses longs et fidèles services, outre que, le Roi lui ayant donné depuis longtemps la survivance de la charge pour son fils, il étoit, en quelque manière, de la justice qu'il lui en conservât le prix par ce brevet de retenue. »

firent leurs plaintes au bonhomme. D'abord il n'en tint pas grand compte, et, comme elles recommencèrent, il leur promit de parler à sa petite-fille, et n'en fit rien. A la fin, lassé de ces plaintes : « Vous avez toute raison, leur répondit-il en colère ; c'est une impertinente, une coquine dont on ne peut venir à bout, et, si j'entends encore parler d'elle, je l'ai résolu, je la déshériterai. » Ce fut la fin des plaintes '.

Rose étoit' un petit homme ni gras ni maigre, avec un assez beau visage, une physionomie fine3, des yeux perçants et pétillants d'esprit*, un petit manteau, une calotte de satin sur ses cheveux presque blancs, un petit rabat uni presque d'abbé5, et toujours son mouchoir entre son habit et sa veste : il disoit qu'il étoit là plus près de son nez. Il m'avoit pris en amitié, se moquoit très librement des princes étrangers, de leurs rangs, de leurs prétentions, et appeloit toujours les ducs avec qui il étoit familier6 : Votre Altesse Ducale ; c'étoit pour rire de ces autres pré-

1. Cette historiette se retrouve dans l'éloge du président par d'Alembert, comme dans les Mémoires de Mathieu Marais (tome III, p. 40), qui dit, à propos du duc de Lauzun menaçant de déshériter M. de Biron, s'il ne faisait donner l'évèché de Laon à M. de Belsunce (anecdote qui ne paraîtra pas dans nos Mémoires) : « C'est le 2° tome de M. Rose, secrétaire du cabinet. Son gendre se plaignoit à lui des galanteries de sa femme. « Vous avez raison, dit-il : c'est une femme « qui se conduit mal, et je vous promets de la déshériter. » Le mari n'en parla plus, et s'en fut sans dire mot. » Mme Portail continua le même train, quoique non jolie ; à quarante-sept ans, elle avait encore pour amant le président Lambert de Thorigny, que la petite vérole foudroya chez elle (Journal de l'avocat Barbier, tome I, p. 432).

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