‹ Memoires de Saint-Simon (volume 3)Chapitre 257 sur 548 · La duchesse de Savoie · texte numérisé non relu

La duchesse de Savoie

vu ci-dessus', en deux mots, quelle fut la douleur de Madame2. Pour M. de Chartres, la sienne fut extrême'. Le père et le fils s'aimoient tendrement4. Monsieur étoit doux, le meilleur homme du monde, qui n'avoit jamais contraint ni retenu Monsieur son fils5. Avec0 le cœur, l'esprit étoit aussi fort touché : outre la grande parure dont lui étoit un père frère du Moi, il lui étoit une harrière derrière laquelle il se mettoit à couvert du Roi, sous la coupe duquel il retomboit en plein. Sa grandeur, sa considération, l'aisance de sa maison et de sa vie en alloient dépendre sans milieu. L'assiduité, les bienséances, une certaine règle, et, pis que tout cela pour lui, une conduite toute différente avec Madame sa femme, alloient devenir la mesure de7 tout ce qu'il pouvoit attendre du Roi. Mme la duchesse de Chartres *, quoique bien traitée de Monsieur, fut ravie d'être délivrée d'une barrière entre le Roi et elle, qui laissoit à Monsieur son mari toute liberté d'en user avec elle comme il lui plaisoit, et des devoirs qui la tiroient plus souvent qu'elle ne vouloit de la cour

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