‹ Memoires de Saint-Simon (volume 3)Chapitre 27 sur 548 · Le manuscrit porte la virgule entre encore et plus · texte numérisé non relu

Le manuscrit porte la virgule entre encore et plus

mement crainte et comptée, plus encore que son mari, quoiqu'il le fût beaucoup. Il avoit plus de quatre-vingts ans avec le même sens, la même privance1 du Roi, la même pleine autorité sur sa nation en France, et grand crédit en Suisse8. Sa mort rendit M. du Maine effectivement colonel général des Suisses3 avec pleine autorité, qu'il sut étendre en même temps sur ce qu'il n'avoit pu encore atteindre dans l'artillerie avec M. de Barbezieux4.

La mort d'un plus grand seigneur fit moins de bruit et de Mort du prince vuide : ce fut celle de M. de Monaco, ambassadeur à Rome5, de Monaco>

1. Par mégarde, il a ajouté, après coup, une s à privance, tout en laissant la mesme au singulier.

1. « Comme il sollicitoit un jour auprès de Louis XIV les appointements des officiers suisses, qui n'avoient pas été payés depuis longtemps, M. de Louvois, piqué de ses sollicitations, dit au Roi : « Sire, « on est toujours pressé par les Suisses; si Votre Majesté avoit tout « l'argent qu'elle et les Rois ses prédécesseurs ont donné aux Suisses, « on pourrait paver d'argent une chaussée de Paris à Bàle. — Cela >< peut être, répondit sur-le-champ Stuppa; mais aussi, si Votre Majesté « avoit tout le sang que les Suisses ont répandu pour le service de la « France, on pourrait faire un fleuve de sang de Paris à la ville de « Bàle. » Le Roi, frappé de cette réponse, ordonna à M. de Louvois de faire payer les Suisses. » (Moréri.)

3. Tome VI, p. 316. Le prince avait eu cette charge, en remplacement du comte de Soissons, le 1er février 1674, n'ayant que quatre ans, et des lettres de surannation du 23 mars 1693 l'avaient dispensé du serment.

4. La Gazette d'Amsterdam annonça (n01 vi et xm) que c'était pour soulager Chamillart que le duc du Maine s'occuperait dorénavant du détail de l'artillerie, des cuirassiers (lisez : carabiniers) et des Suisses. Dangeau dit, six jours après la mort de Stoppa (tome VIII, p. 11): « Le Roi veut présentement que M. du Maine seul se mêle de toutes les affaires des Suisses, et a déclaré qu'il ne prétendoit pas que cela fût attaché à la charge de colonel général des Suisses; c'est une confiance particulière qu'il a dans la personne de M. du Maine. » Le commandement des gardes fut donné au colonel suisse Greder. Comparez les Mémoires de Sourches, tome VII, p. 7.

o. C'est quelques lignes avant le paragraphe que nous venons de citer en dernier lieu que Dangeau, le 11 janvier (tome VIII, p. 11), annonce : « Le Roi, à son coucher, nous apprit la nouvelle de la mort de M. de Monaco, son ambassadeur à Rome. » Les Mémoires de

ambassadeur qui y fut peu regretté, comme il y avoit été peu considéré, très médiocrement soutenu les affaires du Roi1, et très peu soutenu de la cour. On en a vu les raisons* . C'était un Italien glorieux, fantasque, avare, fort bon homme, mais qui n'étoit pas fait pour les affaires3 ; avec cela, gros ■ comme un muid, et ne voyoit pas jusqu'à la pointe de ' son ventre*. 11 avoit passé sa vie en chagrins domestiques, d'abord de la belle Mme de Monaco5, sa femme, si amie de la première femme de Monsieur6, et si mêlée dans ses galanteries, et elle-même si galante7, et qui, pour se tirer

Sourches disent (tome VII, |>. 5) : « Le 1% on ont nouvelle que le prince de Monaco, étant retourné à Rome, d'où il étoit sorti peu de jours auparavant, y étoit mort, en trois jours, d'une fluxion de poitrine, et il fut universellement regretté. » Le duc de Luynes, dans une note au Journal de Danyeau, et la Gazelle d'Amsterdam, n" ix et xi, disent que cette mort fut le résultat d'une imprudence. Elle arriva le H janvier, à une heure après minuit : Gazelle, p. 43 et 56. Voyez les Papiers du P. Léonard sur Rome rAi'cli. nat.,K 1324, n" 123, fol. 47-49. et 1325, n"5.

t. La virgule est après affaires, au lieu d'être après du Roy. Du reste, toute la phrase se trouve singulièrement construite.

% Tomes VI, p. 123-126, et VIL p. 12-13 et 350-351; Il avait été question qu'on le rappelât dans les derniers jours de 1700 : Mémoires de Sourches, tome VI, p. 336.

3. Le « caractère » que Spanheim nous a laissé du prince de Monaco, écrit en 1700, c'est-à-dire avant qu'on eût pu bien juger de la valeur de celui-ci comme diplomate, est ainsi conçu (Relation de la cour de Fiance, Appendice, p. 421) : « Les paroles et les démarches ne lui coûtent point pour réussir. Il comhle d'honnêtetés ceux qui ont affaire à lui. (En signes cryptographique» ."Beaucoup d'esprit; aimé et considéré du Roi, fastueux, riche, fin et adroit.) »

4. Comparez ce qu'il a déjà dit en 1097, tome IV, p. 29-30. Plus jeune, le prince avait fort grand air, et c'est tout juste si Mademoiselle ne le préférait pas alors à Lauzun : voyez ses Mémoires, tome III, p. 404, et ceux de Mme de la Fayette, p. 187. Le palais de Monaco possède un portrait de lui, fait vers 1680, et attribué à Fr. de Troy.

5. Catherine-Charlotte de Gramont, princesse de Monaco, a été simplement nommée dans notre tome III, p. 20.

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