Le Roy est en interligne, au-dessus d'//, bine
8. Il alla encore la voir le 14, et resta longtemps enfermé avec elle et le duc d'Orléans (Danaeau, p. 127). Quatre mois plus tard, Dangeau dit (p. "208) : « Mme la duchesse de Bourgogne et Madame allèrent séparément voir le Roi, le matin, dans son lit. Madame, qui est charmée des bontés que le Boi a pour elle depuis la mort de Monsieur, lui rend plus de soins que jamais. »
9. Journal de Daiujeau, tome VIII, 127-130 ; Lettres de Mme de Sévigné, tome X, p. 460. Madame écrivait, le II août suivant (recueil Brunet, tome I, p. 53) : « J'ai fort à me louer des grâces du Boi, ainsi que mon lils, que S. M. a fait un grand seigneur. » l.e Boi prescrivit
Le Roi lui donna, outre les pensions qu'il avoit et qu'il Traitement
conserva, toutes celles qu'avoit Monsieur : ce qui fit six p S^L-6
cent cinquante mille livres1; en sorte qu'avec son apanage de Chartres,
et ses autres biens2, Madame payée de son douaire et de <iul i,rcild
qu'il fût fait des recherches historiques pour régler la condition du nouveau duc d'Orléans et la constitution de sa maison : Arch. nat., 0' 362, fol. 245.
1. Par brevet du 22 juin, le Roi, « voulant donner à son neveu des marques de son amitié et de sa bienveillance, et le mettre en état de soutenir la dépense à laquelle sa naissance et son haut rang l'engagent, » ordonne qu'à compter du jour du décès de Monsieur il lui sera payé une pension de six cent soixante (et non cinquante) mille livres, comme à ce prince, au lieu de la pension de cent cinquante mille livres qu'il a touchée jusque-là, et de celle de deux cent mille livres qui lui a été promise par contrat de mariage après la mort de son père (Arch. nat., K 543, n° 56). Cela fait donc une augmentation de trois cent dix mille livres. En outre, la duchesse d'Orléans, qui avait cent cinquante mille livres de pension, touchera cent mille livres pour l'intérêt de sa dot. ("est en 1661 qu'on avait constitué à Monsieur une pension d'entretènement de cinq cent soixante mille livres, plus cent mille livres de supplément et deux cent cinquante-deux mille livres pour sa femme (originaux, Arch. nat., K 541, n°s 17, 19 bis, 20 et 22). La pension de la première Madame avait été conservée à la seconde le 7 décembre 1671 (K 512, n° 21) ; celle du duc de Chartres datait du 28 mars 1676 (n° 31).
2. L'apanage de Monsieur avait été constitué très largement, grâce à l'amour que lui portait sa mère. Il s'était d'abord composé (lettres de mars 1661) des duchés d'Orléans, de Valois, de Chartres, et de la seigneurie de Montargis, jusqu'à concurrence de cent mille livres, pour lui et sa descendance masculine, puis avait été augmenté, jusqu'à concurrence de deux cent mille livres, du duché de Nemours, des comtés de Dourdan et de Romorantin, et du marquisat de Coucy et Folembray (lettres du 24 avril 1672). Entin il s'était accru des restes de la succession de Mademoiselle (notre tome I, p. 123) et des deux tiers de la dot de dix-neuf cent mille livres promise à la feue reine d'Espagne, première femme de Charles IL Par le dernier bail du 28 août 1699, tous les domaines avaient été affermés pour une somme de quatre cent vingt-deux mille quatre cent cinquante livres. Le canal d'Orléans rapportait plus de quarante mille écus. Voyez, aux Archives nationales, le carton K 557, les autres documents de la chancellerie d'Orléans énuméres dans l'Inventaire méthodique, col. 643-651, et ceux qui furent produits eu 1711. lois de la formation de la maison du duc de Borry, dan^ les papiers du Contrôle général, G' 1569.
338 UI.MOIKKS [4701]
le nom de duc toutes ses reprises1, il lui restoit dix-huit cent mille livres
dOrleans. je rente2 avec |e Palais-Royal', en sus Saint-Cloud et ses \AdcL SS. 388] . ".,,.. . ,
autres maisons4. 11 eut, ce qui ne s etoit jamais vu qu aux
fils de France, des gardes et des Suisses, les mêmes qu'avoit Monsieur5, sa salle des gardes dans le corps du cliàteau de Versailles où étoit celle de Monsieur0, un chancelier, un procureur général au nom duquel il plaideroit, et non au sien propre7, et la nomination de tous les
1. Son douaire était do quarante mille livres. Les documents originaux sont conservés aux Archives nationales, carton K 542. Le conseiller d'État Pomereu fut chargé de régler les reprises et de diriger les affaires de Madame.
"2. Tous ces détails et chiffres sont donnés par Dangeau (p. 130); il n'y a que quelques lignes dans les Mémoire» de Sourches, p. 80.
3. On a déjà dit (tome I, p. 74-75) (pie le Palais-Royal avait été donné, en février 1692, à Monsieur, pour en jouir sa vie durant, et sa postérité après lui, comme supplément d'apanage.
4. Ces habitations étaient indépendantes de l'apanage; nommons, dans le nombre, autour de Paris, Saint-Fargeau et Champigny-sur- Vende, qui venaient de Mademoiselle, et la maison de Bagnolët.
5. Deux compagnies de gardes du corps français et deux escouades de gardes suisses, dont le détail est donné par l'État de la France, années 1698, tome II, p. 105-412, et 170-2, tome II, p. 143-148, sans compter seize gardes de la porte.
6. Voyez le plan du rez-de-chaussée en 1669, donné à la suite du tome I du Château de Versailles, par M. Dussieux.
7. On possède un mémoire de l'avocat du prince, M. Aubry, sur ce droit d'avoir un chancelier et des grands officiers, un mémoire historique préparé par Clairambault pour M. Daguesseau, sur le procureur général, et deux mémoires sur la reddition des comptes des trésoriers à la Chambre des comptes de Paris (Arch.nat., K 557 et 0* 1049). Nous avons vu que le chancelier et chef du Conseil était Terrât ; il fut gardé aux mêmes conditions, c'est-à-dire ne servant que deux jours par semaine (Sou relies, tome VII, p. 79). Ses appointements étaient de huit mille livres. Il avait sous ses ordres un premier conseiller et six conseillers, six maîtres des requêtes, etc. (État de la France, 1698, tome II. p. 93-94); mais ce personnel fut réduit par le duc d'Orléans à trois conseillers et deux maîtres de requêtes, et, quant à la charge de procureur général, qu'occupait en 1701 le président Frémyn de Moras, elle fut supprimée, ainsi (pie celle d'avocat général (ibidem, 1702, tome II. p. 137- 138). Ou reste, Dangeau ne parle pas du procureur général, mais des
bénéfices de son apanage excepté les évèchés1 : c'est-à-dire que tout ce qu'avoit Monsieur lui fut conservé en entier2. En gardant :t ses régiments de cavalerie et d'infanterie \ il eut aussi ceux qu'avoit Monsieur5 et ses compagnies de gendarmes et de chevau-légers6; et il prit le nom de duc d'Orléans7. Des honneurs si grands et si inouïs, et plus
deux secrétaires des commandements, Thésut et Doublet, qui furent maintenus. — On peut, à l'aide de VÉtat de la France, comparer la composition des deux maisons jusque dans les moindres détails, et il existe des copies des états officiels de l'une et de l'autre aux Archives nationales, dans le carton G' 1569. Un document publié par le comte de Seilhac, dans l'Appendice de son livre : l'Abbé Dubois, tome I, p. 294-29K, prouve (pie l'ancien précepteur, nommé secrétaire des commandements en surnombre, dirigea les choix de son élève et présida aux réformes, la maison de Monsieur se trouvant cassée de fait aussitôt après le service funèbre.
1. Dans le mémoire qui vient d'être indiqué, Dubois disait (p. 298) :
. Si Monseigneur veut parler au Roi des bénéfices et prévenir ses scrupules, il peut lui proposer de lui laisser la faculté de lui proposer deux sujets, à l'un desquels S. M. donnera le bénéfice dans ses conseils de conscience. » Selon le Mercure (juin 1701, p. 345), il y avait dans l'apanage vingt-cinq bénéfices, qui se conféraient par le Pape en plein consistoire. Louis XIV en avait abandonné la nomination et la présentation à son frère, par des lettres patentes du 2 avril 1661.
2. Dès son mariage (lettres patentes du 20 février 1692, dans le registre 01 36, fol. 163), le duc de Chartres avait été autorisé à nommer et présenter aux offices de l'apanage aussitôt qu'il entrerait en possession par la mort de son père, et il fut décidé que ses trésoriers compteraient par-devant la Chambre des comptes de Paris, comme ceux de Monsieur lO1 362, fol. 850 et 272 v", et 0' 1049).
3. Gardant est eu interligne, au-dessus de conservant, biffé.
4. Le duc de Chartres avait un régiment de cavalerie de son nom créé en 1690, commandé par le marquis de Chépv, et un régiment d'infanterie de vieilles garnisons, créé en août 1691, et commandé par le marquis d'Arpajon.
5. Monsieur avait le régiment de cavalerie d'Orléans (avril 1693), commandé par M. de Sillv, et un régiment d'infanterie, vendu en juin 1699 au marquis de Brancas, lieutenant de galère, niais dont l'« agrément » restait au prince [Dangeau, tomes VII, p. 94, et X, p. 503).
6. Les gendarmes du duc d'Orléans étaient commandés par le comte de Saint-Christophe, ses chevau-légers par le marquis de Yalsomé.
7. » M. le duc de Chartres s'appellera présentement le duc d'Orléans. Quand les étrangers écriront à Madame, le protocole sera de mettre :
.M £ MU IKK S
Monsieur
le Prince
fait pour sa vie
premier prince
du sang.
de cent mille écus de pension au delà de celles de .Monsieur, fuient uniquement dus à la considération de son mariage, aux reproches de Monsieur, si récents qu'il n'en auroit que la honte et rien de plus, et à la peine que ressentit le Roi de la situation où lui et Monsieur étoient ensemble, qui avoit pu avancer sa mort1.
On s'accoutume à tout ; mais d'abord ce prodigieux traitement surprit infiniment. Les princes du sang en furent extrêmement mortifiés2. Pour les consoler, le Roi, incontinent après3, donna à Monsieur le Prince tous les avantages pour lui et pour sa maison, sa vie durant, de premier
à Madame,, duchesse d'Orléans; et (quand on écrira à Mme sa belle-fille, (in mettra : à Madame Mme la duchesse d'Orléans. » (Dangeau, p. 1:24. i
1. Saint-Simon a résumé tout cela dans un paragraphe de sa Table générale (tome XX, p. 379-380) : « Le Roi, non content d'avoir donné à Mme la duchesse de Chartres un chevalier d'honneur, un premier écuyer et une dame d'atour contre tout exemple et usage, donne au duc de Chartres, à la mort de Monsieur, contre tout exemple ou usage, les mêmes premiers officiers, gardes et Suisses qu'avoit Monsieur, et, comme à lui, un chancelier, un procureur général pour soutenir en son nom les procès du prince, la nomination des bénéfice s de son apanage, comme les avoit Monsieur, ses compagnies de gendarmerie et ses régiments de cavalerie et d'infanterie, et plus d'un million en pensions. »
2. De tout temps, le Roi avait voulu qu'on rendit au jeune duc « un peu moins d'honneur qu'à Monsieur, mais beaucoup plus qu'aux princes du sang, » surtout à l'armée : Journal de Dangeau, tomes I. p. 295, et III, p. 338 (ce dernier passage se retrouve textuellement dans les notes journalières de Gaignières : ms. Clairambault "290, p. i"9), et Mémoires de l'abbé de Choisi), tome I, p. 188. Voyez aussi une note manuscrite sur l'étiquette de la maison du duc d'Orléans avant 1715 : Iiibl. nat.. recueil Cangé, vol. 74, n"' 47 et 48. Madame écrivait, le 27 mars 1707 (recueil Brunet, tome I, p. 97) : « Je vois que vous croyez que mon tils est un prince du sang; mais il ne l'est pas : son rang est celui de petitlîls de France, ce qui est plus élevé et lui donne les plus grands privilèges. Les petits-fils de France s'assoient devant les Reines et montent dans leurs carrosses, ce que les princes du sang ne peuvent faire : ils sont servis par quartier, comme les enfants de France : ils ont un premier écuyer, un premier aumônier, un premier maître d'hôtel; ils ont des gardes du corps et des Suisses de la garde. Tout cela établit une grande différence.... »