Journal de Dangeau, tome VIII, p
7. Il a été parlé aussi du bandeau de veuve dans notre tome Vil. p. 35. Voyez le portrait de Madame, en deuil, sans cette partie de la coiffure, au Cabinet des estampes, vol. 0A 51, p. 86.
paraître fort étrange de voir Madame en public, même à la messe de Monseigneur en musique, à côté de lui, où étoit toute la cour, enfin partout, en tourière de filles de Sainte-Marie1, à leur croix près, sous prétexte qu'étant avec le Roi et chez lui, elle étoit en famille. Ainsi il ne fut pas question un instant de couvent ni de Montargis, et elle garda à Versailles l'appartement de Monsieur avec le sien2. Il n'y eut donc que la chasse de retranchée pour un temps, et les spectacles; encore le Roi la fit-il venir souvent chez Mme de Maintenon l'hiver suivant, où on jouoit devant3 lui des comédies avec de la musique, et toujours sous prétexte de famille, et là de particulier'. Le Roi lui permit d'ajouter à ses dames3, mais sans nom,
1. C'est on 1619 que François de Sales avait envoyé Mme de Chantai établir à Paris une maison de visitandines (voyez notre tome IV, p. 63), et, depuis 1628, cette ville en possédait trois couvents fort considérables, rue Sainl-Antoiue, au faubourg Saint-Jacques et rue du Bac, sans compter celui de Chaillot, où M. et Mme de Frémont lurent enterrés, comme fondateurs de l'église, et où ils avaient des tilles religieuses. Alors comme aujourd'hui, l'ordre comprenait, outre la religieuse chargée du tour, des « tourières du dehors, » qui « sont habillées de même que les séculières et ont pareillement une croix d'argent, sont obligées, comme elles, aux mêmes observations de l'ordre, et, après deux ans de noviciat, sont agrégées par vœu simple d'obéissance et d'oblation. » (Hélvot, Histoire des ordres monastiques, 4721, tome IV, p. 324, avec estampes représentant les costumes, p. 309 et 317.)
2. Ce n'est qu'en 1704 qu'elle habita le logement de Monsieur parce qu'on avait besoin du sien pour l'enfant de la duchesse de Bourgogne (Dangeau, lome IX, p. 470). A Marly, l'appartement de Monsieur et de Madame n'ayant pas convenu à la duchesse d'Orléans, on le partagea entre Madame la Princesse et sa fille Mlle d'Enghien (Uanqeau, tome VIII, p. 134435).